Dans la revue "Apostolatus maris" on trouve, depuis Rome, l'entretien que voici, rappelant que la mer et les marins sont symboliques de la réunion de tous les peuples dans une humanité réconciliée.
LA PÂQUE DES MARINS2012
Pour une fête universelle comme la Pâque, la mer peut devenir elle aussi un lieu de célébration grâce à lʹengagementde nombreux prêtres et de nombreux volontaires. Cʹest ce quʹexplique Mgr Giacomo Martino à Radio Vatican:
R. – Il y a deux grandes présences: les centres dʹaccueil des marins, qui sont appelés « centres Stella Maris » et les aumôniers de bord, qui sont des prêtres qui accompagnent normalement les milliers de personnes et lʹéquipement sur les navires de croisière, même sʹils sʹadressent plus à lʹéquipage quʹaux passagers.
D. – Que signifie pour ces personnes rester isolées en pleine mer pendant si longtemps?
R. – Il sʹagit de communautés entières de personnes, de nationalités diverses, de fois, de cultures diverses, quivivent véritablement au contact les unes des autres. Jepense souvent aux prophètes de ce qui sera, je lʹespère,la société de lʹavenir,cʹest‐à‐dire une société véritablement multi‐ethnique, qui vit un respect actif, et donc pas seulement dans une tolérance, mais véritablement dans une fête, et qui se réjouit des fêtes des autres, où
la Pâque est une occasion de fête également pour ceux qui ne croient pas en Jésus.
D. – Qui sont ceux qui affrontent la mer? Qui sont ceux qui consacrent leur vie à la mer? Nous avons lʹimage du vieux pêcheur qui arrange ses filets, mais je suppose quʹil y a autre chose...
R. – Il y a des personnes qui, précisément, étaient autrefois cataloguées dans la catégorie des migrants, et on acompris en revanche aujourdʹhui, grâce au Motu Proprio de Jean‐Paul II, « Stella Maris », précisément sur lʹapostolat de la mer, que ce caractère atypique sʹexplique par le fait que ces personnes sont loin de chez ellespendant si longtemps, mais ensuite elles reviennent chez elles puis repartent à nouveau. Il y a un lieu de départ,mais il nʹy a jamais un lieu dʹarrivée: cʹest précisément une forme de nomadisme des mers, fait de personnes
très jeunes, cʹest‐à‐dire très souvent de pères et de mères de famille. Je parle de mères, car leur nombreest extrêmement élevé, mais également de femmes qui partent en mer pendant huit, douze mois, afin de subveniraux besoins de leur famille. Cʹest la première et véritable motivation qui pousse une personne à aller en mer aujourdʹhui.
D. – Quel est donc le réseau dʹintervention? Je veux parler bien sûr de celui de la Fédération Stella Maris...
R. – Les marins ont voulu lʹappeler « leur foyer loin de chez eux ». Nous nous sentons un peu comme faisantpartie de leur famille au cours de ces quelques heures et nous nous efforçons surtout de faire en sorte quʹilsaient un contact avec leur famille par téléphone ou à travers Skype; aujourdʹhui, de cette façon, il est égalementpossible de se voir. Je vois parfois des marins immobiles devant lʹécran de leur ordinateurs, et je pense:
« Lʹordinateur ne marche pas, il est cassé »; puis, en jetant un coup dʹoeil, je vois que sur lʹécran, il y a lʹimagede leur femme avec un enfant, quʹils nʹont peut‐être jamais vu depuis quʹil est né. Ce sont des images rapides, volées, mais qui font sentir – grâce à ces petites et grandes histoires – immédiatement amplement justifié lesacrifice de nombreux volontaires.
D. – Quʹest‐ce quʹenseigne la mer alors?
R. – La mer enseigne énormément: elle enseigne surtout la communion entre les peuples. Au cours du conflitentre la Serbie et la Croatie, jʹétais aumônier à Gênes et jʹai trouvé un cargo sur lequel travaillaient des Serbeset des Croates ensemble, alors quʹà terre, ils se massacraient cruellement. A bord, les personnes, peut‐être par obligation, par contrainte, par manque de choix, apprennent à reconnaître les bons côtés de lʹautre et cela mʹa enseigné à moi aussi, en tant quʹhomme avant tout, à voir dans lʹautre les choses positives, les choses qui nous
unissent. On pense souvent à la mer comme à lʹeau qui sépare les nations. Pour les marins, au contraire, lamer unit: elle unit les personnes et les peuples divers.
D. – Un voeu pour cette Pâque à vos gens de mer, parce que je crois que vous portez dans votre coeur lʹeau dela mer et ces visages...
R. – Mon voeu est précisément celui‐ci, quʹils ne se sentent pas seuls. Jésus nous lʹa dit: « Je serai avec vousjusquʹà la fin du monde ». Ce Jésus reste avec nous et est véritablement représenté par les milliers de volontaires qui se rendent chaque jour sur les navires, qui apportent un salut, les enregistrements de vos bulletinsdʹinformations, afin quʹils se sentent eux aussi aimés et voulus par une Eglise quʹils ne peuvent pas fréquenter.
"Quelle que soit leur race, Dieu accueille les hommes qui l'adorent et font ce qui est juste."
Phrase étrange dans la bouche de Pierre, ce juif convaincu plutôt traditionnel, qui découvre, à son insu, que cette bonne nouvelle du salut qu'il est entrain de découvrir, n'est pas réservée à la race juive.
L'Esprit lui même, tombant sur ces païens pendant son discours, témoigne de cette magnanimité de Dieu .
Dans ces premiers temps de l'Église, afin qu'elle devienne universelle, il était nécessaire qu'elle dépasse les lois juives, la culture et les coutumes juives.
Ce non-enfermement dans des rites, des formules qui ont fait leur temps est toujours d'actualité ;
Il est vrai que la mission, initiée par le Christ : "Allez dans le monde entier…" a porté ses fruits.
La Bonne Nouvelle à été annoncée et répandue quasiment dans le monde entier .
L'Église, qui en est la porteuse, se teint aujourd'hui de toutes les couleurs, parle toutes les langues, essaye de se vêtir de toutes les cultures.
Pourtant n'est-ce pas à un nouveau et autre dépassement que l'Esprit semble nous appeler aujourd'hui ?
" Hors de l'Église, point de salut ! " disait-onautrefois; comme si Dieu se laissait enfermer dans des structures et limiter dans sa générosité !
A travers nos rencontres, nos voyages, nos lectures , ou par des reportages, nous avons appris à connaître des hommes et des femmes extraordinaires, dévoués, ouverts, généreux, faisant avancer l'humanité tout en vivant selon d'autres religions ou même sans religion aucune.
L'Esprit n'est-il pas tombé aussi sur ces hommes et ces femmes là ?
Ne serait-il pas aussi à l'œuvre en eux ?
Dans la 2e lecture de ce dimanche, Jean, en écho de la parole même de Jésus, nous donne une réponse toute simple : "Tous ceux qui aiment, dit-il, sont enfants de Dieu et ils connaissent Dieu .Celui qui n'aime pas ne connait pas Dieu, car Dieu est amour."
Nous avons du mal à croire que ce soit si simple que cela !
Pourtant nous sommes là au cœur même du mystère de Dieu.
Progressivement, à travers la Bible, s'est faite cette lente découverte, cette révélation du vrai visage de Dieu, pour se manifester totalement en Jésus-Christ :
Dieu est amour, il n'est qu'amour !
C'est à travers leur vie, et souvent en relisant leur histoire, que les croyants de l'Alliance ont fait cette découverte .
Chacun , chacune de nous , pourra pareillement, faire cet apprentissage à partir de sa vie,.
— Il est vrai que nous pouvons approcher Dieu par notre raison ou les déductions de notre
intelligence, nous pouvons alors le concevoir comme le " Grand architecte de l'univers".
— Nous pouvons aussi partir de nos déceptions, nos peurs devant tant de choses qui nous
dépassent alors nous l'appellerons: " Tout -Puissant, Justicier…"
— Mais puisque Dieu se révèle lui-même à nous comme Amour, c'est à travers notre amour
que nous nous mettrons réellement "en phase " avec lui, que nous pourrons le connaître
et le nommer , avec Jésus : " Père de tendresse et de miséricorde "
C'est donc par l'expérience vécue de nos amours humaines, que nous nous approcherons de Dieu . C'est aussi par elles qu'il s'approchera de nous .
Cela passera "par nos tripes" , marqués que nous sommes, pour la vie, par l'amour fort d'un père, par la tendre présence d'une mère, ou, au contraire, le vide laissé par leur absence.
Nous comprendrons ce que veut dire "Dieu-Amour " à travers l'époustouflante découverte que chacun, chacune a pu faire sur la façon dont l'amour peut tout chambouler dans une vie , combien il peut apporter de joie, de plénitude, mais aussi de désir de créer, de se donner, de sortir de soi …
Amoureux, nous connaîtrons aussi la peur de perdre, l'inquiétude pour l'être aimé, l'angoisse douloureuse de la déchirure…
Et, chaque fois alors, nous pouvons nous dire : Dieu est comme cela !
C'est peut-être simplement cela que nous aurons à dire, et à montrer, à tous ceux qui ne connaissent pas Dieu ou qui se font de lui une fausse image.
Leur dire, à travers tout ce que nous sommes et afin que sa joie, notre joie, soit aussi en eux : Dieu c'est ainsi qu'il est
Maurice Guittonneau marin pêcheur à la retraite écrit :
« Par la diffusion de ce blog, je voudrais vous présenter le monde de la pêche et aussi vous emmener à découvrir une partie du patrimoine maritime de St Gilles Croix de Vie ainsi que celui de la Vendée.
En tant que marin-pêcheur à la retraite, je me passionne sur ce que fut mon métier et celui de mes ancêtres. Je découvre toujours avec passion dans le patrimoine maritime ce qui a été leur vie ainsi que l'évolution de la pêche et de la flottille. Les différentes recherches que j'ai effectuées (photos, écrits, témoignages) ainsi que l'expérience de ma profession me permettent de vous raconter mon métier de marin pêcheur et celui de mes ancêtres de même que l'histoire de la pêche locale.
J'ai réalisé 14 maquettes de bateaux de pêche à l'échelle du 1/20ème, ce qui me permet lors des expositions de mieux démontrer et raconter chronologiquement l'évolution de la pêche sur une période de cent cinquante ans.
Tout en étant un marin-pêcheur, le passé me fait mieux comprendre ma passion pour la pêche et mon attachement à la mer, qui pour moi, fut nourricière et je souhaite qu'elle le reste pour de nombreuses générations futures.
Il y aura des marins pêcheurs, tant qu'il y aura suffisamment de poissons dans la mer pour qu'ils puissent en vivre ..... ! »
Tout au long de l'histoire, la mer a joué un rôle essentiel dans la propagation de l'Evangile. Saint Paul, et il n'est pas le seul apôtre à avoir connu les navigations et leurs périls, a sillonné la Méditerranée Orientale. Et l'on sait les incroyables et dramatiques péripéties de son naufrage alors qu'il était emmené prisonnier à Rome.
L'annonce de l'Evangile a été faite très tôt en Provence, où tant de souvenirs évoquent ces messagers venus de la mer et qui ont annoncé le Christ.
Dès l'évangélisation de l'irlande, les moines marins ont parcouru audacieusement sur de simples barques les mers les plus difficiles. Même si la «Peregrinatio» de Saint Brendam, au Vème siècle, est une sorte d'initiation à la vie monastique sous forme de voyages symboliques dont de nombreux manuscrits nous sont parvenus, certaines évocations qui y sont faites pourraient bien être le résultat de découvertes qui devancent largement celles des Vikings et bien plus encore de Christophe Colomb!
Les Croisades emmenant des armées de chevaliers et d'hommes d'armes vers la Terre. Sainte, ne purent guère s'accomplir que grâce à des navigations guidées par des pilotes expérimentés. Tout ce transit d'armées emportant chevaux et matériels ne se passa pas sans tempêtes et sans naufrages, mais fit découvrir aux guerriers des régions intérieures, que la mer était finalement la route la plus sûre au service de leur entreprise. C'est grâce à la mer que se noueront les relations fraternelles avec les chrétiens du Moyen-Orient qui subsistent encore au delà de ces mouvements pour la libération du tombeau du Christ.
Un peu plus tard, dans l'immense élan qui entraîna les découvreurs vers les Amériques et les peuples les plus éloignés, c'est encore par la mer que chemina le message évangélique. Et ce ne sont pas seulement les cohortes de moines qui se lancèrent sur ces nouvelles routes de la mer. De nombreux gens de mer et explorateurs ont aussi planté la Croix outre-mer, et si leurs motivations n'étaient pas toujours désintéressées, on ne peut douter que pour beaucoup, ce fut un acte de foi authentique. Nous pensons à Jacques Cartier, le découvreur du Canada, à ses agenouillements dans la cathédrale de Saint-Malo et à son arrivée à la Nouvelle-France. Combien de navigateurs espagnols ou portugais manifestèrent de semblables sentiments lesquels ne devaient guère animer les conquistadors qui suivirent.
• Et, jusqu'à une date toute récente où l'avion a définitivement supplanté le bateau, tous les ports lointains voyaient débarquer des longs-courriers, des apôtres qui souvent ne revenaient jamais à leur patrie. Les statistiques des Ordres missionnaires pourraient dire com- . bien furent fauchés dans la fleur de l'âge par des, maladies tropicales qu'on soignait encore mal.
C'est cette épopée bi-millénaire que la mer nous raconte. La mer, cette merveilleuse créature de Dieu qui, pour sa part, accomplit sa fonction de participer à la diffusion de l'Evangile. Ne rejoignons-nous pas ainsi le propos de Saint Paul sur la création participant à l'enfantement d'un peuple nouveau marqué de la Croix du Christ ?
Si l'ère des grands paquebots est dépassée, la Plaisance moderne ne pourrait-elle accomplir d'une autre manière la transmission de la Foi dans son propre milieu ? Illusion ? N'y-a-t-il pas déjà des équipages plaisanciers qui portent autour d'eux le témoignage de leur Foi dans leurs navigations ?
VI Les îles
Je connais beaucoup d'îles, grandes ou petites. Elles sont très diverses, mais toutes sont belles. Le dialogue qu'elles tiennent avec la mer partout présente, varie selon leurs profils et les caprices des vents.
Elles ont une côte sauvage où les falaises sont souvent altières et sévères. Dès que le temps fraîchit, la mer s'y écrase avec fracas dans un nuage d'écume. Quel lieu de méditation sur la puissance de Celui qui commande aux vents et aux flots !
A l'opposé, c'est la grève qui s'étire mollement, où l'on aspire les senteurs d'iode et le parfum des plantes sauvages de la dune. Dans un soir d'été, on ressent au plus profond l'harmonie du ciel, du rivage et de l'onde. C'est l'heure de la douceur de vivre et de la tendresse. Dieu aussi est là.
Etre encerclé par la mer toujours et partout présente, suscite une solidarité profonde de la communauté rassemblée par la nécessité. C'est parfois une épreuve comme celle qu'éprouve un équipage ou l'on se côtoie dans la vie de bord sans faux-fuyant possible. A demi-mots, par des phrases inachevées, et de longs silences, on se mesure. Et il faut bien faire l'apprentissage de la tolérance si l'on ne veut pas que le navire - ou l'île - devienne un enfer.
Invitation à vivre sa richesse intérieure, l'île est aussi un appel à l'évasion, à la découverte d'autres rivages et d'autres mondes où l'on fait une précieuse récolte d'autres visions, d'autres rencontres et d'autres amitiés, d'où l'on revient un jour dans l'île originelle avec un trésor de souvenirs et une sorte de sagesse.
Toutes les îles, même proches - du continent, sont toujours un peu les «îles lointaines» dont Isaïe prophétise :
« . . . voici les îles comme une poussière que le Seigneur soulève».
Toute île recèle des mystères. Elle est souvent le réservoir d'hommes neufs. Le monde a besoin de leur fraîcheur.
Allez refaire votre âme dans une île, pour y retrouver la transparence. Dieu nous y cerne pour nous contraindre à la limpidité du coeur.
" Mes enfants - nous dit saint Jean dans sa lettre - nous devons aimer : non pas avec des paroles et des discours , mais par des actes et en vérité "
Cette phrase nous interpelle tous, moi en premier qui m'adresse à vous à travers ces "pieuses" paroles . C'est clair et net : pas de discours, mais des actes.
Cela prend une coloration particulière aujourd'hui où tous les français et françaises sont appelés à un choix citoyen.
Des paroles et des discours , combien en avons-nous entendu des ces jours derniers .
Tant de promesses aussi et d' engagements dont nous attendons avec tous ceux qui vivent autour de nous , sans exception, la réalisation en actes et en vérité.
Il est vrai que nous pouvons tous nous sentir constamment en dessous de ce qui nous est demandé par l'évangile.
Mesurée à son aune nous risquons de considérer notre vie comme mesquine et quelconque. Pourtant , particulièrement en ce temps pascal nous n'avons pas le droit de nous démoraliser .
Si nous lisons bien, les textes d'aujourd'hui ne nous parlent pas d'abord d'exigences, mais d'une situation nouvelle dans laquelle nous sommes entrés depuis ce fameux matin de Pâques .
Que nous est-il donc demandé dans la lettre de Jean ?
- Avoir la foi au Christ Jésus Fils de Dieu , et nous aimer ( comme il nous a aimés ) et comme il nous le demande .
- Mais voici le plus important : nous pouvons aimer ainsi parce que son Esprit nous est donné.
" Portez des fruits " nous est-il aussi demandé dans l'Évangile. Et, nous pouvons le faire parce que nous sommes comme des sarments, branchés sur la vigne qu'est Jésus .
Notre démarche de croyants pourrait donc se schématiser ainsi :
- En premier c'est Dieu qui appelle , qui se propose.
- Nous y répondons, nous nous branchons, nous nous" connectons ".
- Ensuite le courant passe, la sève circule , l'Esprit nous est donné.
- En conséquence de quoi nous agirons et porterons des fruits.
Remarquons que c'est toujours Dieu qui à l'initiative aussi bien pour appeler que pour vivifier
et il le fait sans défaillance.
Remarquons aussi que Dieu est libre de provoquer , d' appeler tout homme ou femme de bonne volonté même si ceux qui s'engagent pour une humanité plus digne ne Le connaissent pas ou parfois même Le rejettent à cause de l'image que les "croyants" donnent de Lui.
Nos réponses et nos démarches , par contre, ne sont jamais acquises une fois pour toutes , elles seront toujours à renouveler, à réactualiser.
D'abord il y aurait beaucoup à dire sur cette adhésion au Christ à travers son Église .
C'est évidemment une démarche personnelle , mais n'est - elle pas favorisée aussi par l'ambiance chaleureuse d'un groupe en état festif comme devraient l'être par exemple nos Eucharisties ?
Ce sentiment d'appartenance à une Église vivante est très réconfortant.
Encore ne faut-il pas oublier l' engagement qui doit en découler.
Nous ne sommes pas pénétrés par l'Esprit pour chanter et nous réchauffer ensemble.
L'Esprit est un Souffle qui nous envoie pour aimer, non seulement ceux qui pensent comme nous, qui sont en sympathie.
Nous ne sommes pas greffés sur le Christ pour savourer goulûment et joyeusement sa sève, mais pour porter des fruits.
Les fruits de la vigne ce sont les raisins, si on presse les raisins ils donnent du moût, puis du vin.Dans le vin les raisins ont disparu on ne les voit plus .
Pourtant ils sont à l'origine du vin et celui-ci sera soit imbuvable, quelconque, bon, excellent, généreux selon la qualité des raisins.
Les chrétiens eux non plus n'ont pas nécessairement besoin d'être visibles.
Leur présence est discrète secrète mais doit être efficace.
On la remarquera par la saveur toute particulière qu'ils sauront donner à cette humanité qui se construit: la saveur et le bouquet d'un bon vin généreux . La Saveur de Dieu Amour .
En m'inspirant d'un beau texte de Pierre Teilhard de Chardin, n'est-ce pas nous, "peuple de prêtres", qui aurons à prononcer chaque jour,
sur ce pain de l'humanité qui se pétrit souvent dans la peine,
sur ce vin pressé dans la joie des vendanges réussies,
les paroles consécratoires: "Ceci est mon corps, ceci est mon sang" ?