Logo Allmyblog
Logo Allmyblog
Lien de l'article    

BIBLETERREMER

Au fil des jours,
LA BIBLE NOUS PARLE aussi par la mer.
Ecoutons, échangeons...
Contacter l'auteur de ce blog

CATEGORIES
- articles

5 DERNIERS ARTICLES
- LA MER EST NOTRE AVENIR
- La bonne gestion
- Siloé au port des Sables
- marins pêcheurs rescapés de naufrage
- expo sur la mer à Luçon
Sommaire

5 DERNIERS ARTICLES COMMENTES
- En croisière dans la tempête
- Dieu Amour en Islam et Christianisme
- 50 ans d'aumônerie de la pêche
- La Bible relue pour notre temps
- Un demi-million de Français en croisière

CALENDRIER
LunMarMerJeuVenSamDim
01020304050607
08091011121314
15161718192021
22232425262728
293031
<< Octobre >>

BLOGS FAVORIS
Ajouter bibleterremer à vos favoris

LIENS FAVORIS
- film streaming
- film streaming vf
- film en streaming
- film gratuit
- serie en streaming
 Solidarité des gens de mer Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
Cliquer pour agrandir

UN BOUQUET POUR SAMANTHA sur ROXY  après son tour du monde.

---------------------------------------------------------------------------------------------

 

 GENS DE LA MER : vendée – globe
  (…) Vous ne pensez pas que le bruit fait autour du sauvetage des concurrents du Vendée Globe est excessif, et votre quotidien (La Croix), habi­tuellement mesuré et équilibré dans la relation des événements, lui a consacré une double page, certes intéressante, mais qui me semble disproportionnée, face aux drames nombreux de la mer qui se déroulent sans qu'il en soit beaucoup parlé. Depuis le début de l'année, douze marins profes­sionnels français de la pêche et du cabotage ont disparu et plusieurs autres dont les navires se sont per­dus ont pu être secourus. (...) La solidarité des gens de mer s'exprime sur nos côtes françaises et en mer par l'intermédiaire de la Société nationale de sauvetage en mer qui rassemble près de 3 500 bénévoles et intervient plus de 8 000 fois en moyenne dans une année. Ses interventions concer­ nent le plus souvent des marins ou plaisanciers imprudents ou peu expérimentés.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

PAROLE  DE DEE au RETOUR DU VENDEE GLOBE :

 

"99 jours, c'est difficile ! Je me demandais si c'était vraiment possible de la finir, cette course et aujourd'hui, mon rêve s'est réalisé. Mon expérience pendant le tour du monde à l'envers, a aidé mon sens marin et c'est important pour cette course, car le Vendée Globe est très dur... Enfin, l'intensité de la course, est ce qui a été le plus dur. Il faut trouver le rythme. Mais en retrouvant la confiance, la vitesse augmente, j'ai fait des surfs à 31 noeuds ! Le bateau est bien à 31, mais moi j'étais terrifiée car je n'avais pas le contrôle."

 

 

PAROLE DE RICH   17 2 09

On a peut-être eu 16 ou 18 orages qui sont passés ce matin, pluie, vent, pas de vent, le voir tourner de 50°, mettre les voiles, les enlever, aller vers la France, le Mexique, taper, retomber, chavirer, recommencer.L'éolienne, qui tenait déjà mal, n'est plus sur sa potence et pend au bout de ses cables."

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

DANS LA BIBLE AU LIVRE DE LA SAGESSE  chapitre 5 versets 9 à  13:

 9 Tout cela a passé comme une ombre, comme une rumeur qui s'efface, 10 comme le navire qui fend l'écume des eaux et de son passage il n'y a pas de trace, nulle empreinte de sa quille dans les flots. 11 Ou comme l'oiseau qui traverse l'espace, et nul n'y retrouve les vestiges de sa course ; qui ne laisse aucune marque de son passage. Ses plumes ont frappé l'air léger, il l'a fendu avec un sifflement, à tire d'ailes il s'est frayé un chemin, et puis, qui trouvera un signe de son vol ? 12 Telle est encore la flèche décochée vers le but : à peine divisé, l'air revient sur lui-même, sans plus laisser voir son chemin.

13 Nous de même, à peine nés nous avons disparu ; nous nous sommes dépensés dans nos méfaits et n'avons aucun mérite que nous puissions montrer."

  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 20-02-2009 à 04h25

 femmes oubliées dans la Bible Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
Cliquer pour agrandir

 

Connaissez-vous Déborah, Houlda et Abigail ? Pour en savoir plus lancez « à la recherche des femmes oubliées de la Bible » à l'invitation  ALAIN MARCHADOUR qui propose dans le quotidien « La Croix »  du 05/03/2009  les recensions suivantes :
 
- DES FEMMES AUX PRISES AVEC DIEU

-DES FEMMES MESSAGÈRES DE DIEU

-DES FEMMES ÉDUCATRICES DE DIEU (à paraître) d'Irmtraud Fischer
 Traduit de l'allemand par Charles Ehlinger Cerf, 240 et 404 p., 32 et 42 €


            D
'abord, saluons l'exploit : trois volumes parus en Allemagne sur une di­zaine d'années, qui ra­content de façon exhaustive toutes les femmes de l'Ancien Testament. Le premier volume est consacré au Pentateuque, le deuxième – le plus épais – concerne les Prophètes, et le dernier (en cours de traduction) porte sur la Sagesse. Pour les Pro­phètes, l'auteur suit la classification hébraïque, qui distingue les pre­miers livres prophétiques (de Josué à 2 Rois) et les prophètes écrivains. On sort impressionné par la masse de la documentation, biblique et extrabiblique, par la subtilité des analyses et les ouvertures sur l'actualité.
  Dans chaque registre, le nombre de témoins féminins va au-delà des listes habituelles : on retrouve bien sûr Sarah, Rebecca, Rachel, Noémi et Ruth, mais aussi les anonymes de l'Exode, Deborah, Houlda et, dans la Sagesse, Abigail qui apprit la sagesse sans violence à David le guerrier, ainsi que les nombreuses femmes connues ou inconnues. La présentation des ancêtres d'Israël ( « matriarches » ) est particulière­ment riche en suggestions.
  L'esprit de la recherche est ouver­tement militant : l'auteur avoue « un parti pris pour les femmes, tant que les femmes n'ont pas le pouvoir d'être parties prenantes à parts égales pour configurer la culture, la re­ligion, l'économie et la science» . Les contre-lectures des relations entre Abraham et Sara, puis entre Sara et Agar, nous font découvrir la face cachée des textes. Ainsi, le rire d'Abraham devant la promesse d'une postérité sur le tard : magni­fié dans les lectures rabbiniques, il est décrit ici comme celui d'un homme du doute ; celui de Sara, au contraire, au lieu d'être le rire hon­teux évoqué par le grand exégète Gunkel, devient ici le rire joyeux de celle qui croit en la vie. Abraham n'est pas épargné, décrit un peu rapidement comme l'homme qui a traversé la moindre des adversités aux frais d'autrui… Attention : ce n'est pas un livre facile. Il s'inspire largement de la méthode critique, au risque, par les découpages subtils du texte, de per­dre ses lecteurs en chemin. Parfois, le parti pris féministe va loin. Ainsi lorsque l'auteur imagine que des mains féminines ont pu se glisser parmi les réécritures des textes prophétiques admis par l'exé­gèse. « Il faut donc admettre que les femmes qui ont exercé une activité prophétique furent beaucoup plus nombreuses que les livres des Pro­phètes veulent nous le faire croire »,
 en conclut-elle. Et l'auteur du livre de Ruth pourrait avec de bonnes raisons être « une narratrice ». On sent là le risque, inhérent à toute recherche militante, de trouver ce qu'au départ on recherche. L'auteur reconnaît d'ailleurs pratiquer « une herméneutique du soupçon»


  En un mot, voici une œuvre impo­sante qui, par-delà son engagement militant, ouvre de larges sentiers le plus souvent inexplorés sur le con­tinent féminin de la Bible. L'auteur, une Autrichienne exégète confir­mée, vice-recteur de l'université de Graz, recherche et obtient souvent une véritable objectivité dans son travail. Elle se présente comme une lectrice porteuse d'un féminisme plus familier dans l'univers ger­manique et américain que dans l'exégèse française.


d'après  ALAIN MARCHADOUR dans "La Croix"

 

  Lire les 3 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 06-03-2009 à 03h26

 Abraham & Moïse Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
Cliquer pour agrandir

Synagogue de Casablanca au Maroc

 

Le groupe inter-religieux "Dialogue pour la paix, pays des Olonnes"

a choisi de présenter les fondateurs des grandes religions.

Olga AZEN, pour le judaïsme  présente:

 

 

Abraham et Moïse

Les fondateurs du judaïsme

    

    Le terme « judaïsme » n'apparaît pas en tant que tel [ Yahadout ] dans la Bible. Il est attesté pour la première fois dans le deuxième livre des Maccabées et dans Esther Raba (7,11). Il fut manifestement créé par des juifs hellénisés [ forme grecque : Ίουδαισμος ] en remplacement du terme « hébraïsme ». A cette époque-là (vers 1200 avant J.C.), il exprime déjà une dimension à la fois religieuse et nationale. Le mot exprime donc un concept global qui ne prend pas seulement en compte les aspects rituels. Il est plutôt un « mode de vie » intégral associé à une culture. Il est avant tout une sanctification de tous les aspects de la vie.

   Ce n'est qu'à partir de 500 avant J.C. qu'Israël s'identifiera comme peuple de Dieu et se fera reconnaître officiellement comme tel par les autres nations. Le judaïsme comme religion prendra alors de plus en plus forme au niveau du culte, de la liturgie, des fêtes, des lieux sacrés et des textes sacrés. Mais ce n'est que l'aboutissement d'un long cheminement et de toute une histoire qui a débuté vers 2000 avant J.C., avec Abraham, et qui s'est consolidée aux environs de 1300 ans avant J.C.,  avec Moïse.

    C'est pourquoi, lorsque l'on parle de fondation du judaïsme, les deux noms s'imposent à l'esprit,  indissociablement et comme une évidence implacable.

    En effet, ces deux hommes sont à l'origine d'une alliance contractée avec D.ieu. Et si le premier a affirmé l'existence d'un D.ieu un et unique, créateur de l'univers, le second a affirmé également la liberté et la responsabilité individuelles, la loi et l'éthique (la morale) comme principes fondamentaux de la société.

    Je parlerai donc, dans un premier temps, d'Abraham, le Père et fondateur du peuple juif, avec son D.ieu unique, ses valeurs révolutionnaires et sa première alliance avec D.ieu.

    Dans un deuxième temps, j'évoquerai Moïse, le plus important des prophètes juifs, celui qui a parlé « face à face » avec D.ieu, qui a contracté la seconde alliance, reçu les Dix Commandements et la Torah, et qui a unifié et responsabilisé le peuple juif.

  I] Abraham

  Dans la Genèse (18, 19), D.ieu dit à propos d'Abraham : « Je l'ai élu pour qu'il ordonne à ses fils et à sa maison après lui, de garder la voie de l'Eternel en pratiquant justice et jugement. »

   Le judaïsme commence donc par la naissance d'une nation, d'une famille. C'est pourquoi, jusqu'à aujourd'hui, la famille est la chose la plus importante chez le peuple juif.  Et Il a fallu attendre que cette famille au sens large se soit développée, qu'elle ait appris de ses erreurs, qu'elle ait séparé le bien du mal et créé sa propre identité pour que D.ieu la conduise finalement ( avec Moïse) vers le Mont Sinaï et qu'il lui dise : « Vous serez mon peuple. ».

  Or cette famille commence avec un homme qui était un révolutionnaire à son époque et qui, à lui seul, a changé le cours de toute l'humanité. Son nom était Abraham. Les juifs, mais aussi les chrétiens et les musulmans le considèrent comme leur ancêtre spirituel. Il est appelé Hébreu car il a traversé le fleuve Euphrate.

  On appelle cette période, l'âge de bronze. Dans la ville d'Ur/Our, le grand centre culturel de la Mésopotamie (aujourd'hui l'Irak et une partie du Koweït), la religion païenne était largement pratiquée. Séraphins et statues de dieux locaux se trouvaient dans chaque foyer.

Brève biographie

 

   C'est là et dans ce contexte que, selon la tradition, Abraham naquit en l'an 1948 du calendrier Juif ; c'est-à-dire en l'an -1812 de l'ère chrétienne (son histoire est racontée dans la Genèse à partir du chapitre 12). C'est également là qu'il vécut jusqu'à la mort de son père.

 Vers cette époque, il reçut de Dieu, à soixante quinze ans, l'ordre de quitter la Mésopotamie pour se rendre, lui, sa femme (Sarah) et sa tribu, ses serviteurs et tous ceux qu'il a convertis (!) vers le pays de Canaan (actuellement Israël). D.ieu lui confirma : « Je ferai de toi une grande nation … et par toi seront heureuses toutes les ethnies de la terre. ».

  Alors qu'il avait quatre-vingt cinq ans, Sarah, inféconde, lui donna comme concubine, sa servante Agar. C'est elle qui lui donna son premier fils, Ismaël.

  [L'Alliance de la circoncision.]

   En 2047, dans la plaine de Mamré, D.ieu se manifeste à Abraham et lui ordonne de se circoncire et de faire de même pour sa famille, ses esclaves et tous ses descendants : « Je te donnerai, à toi et à ta postérité, le pays de Canaan... Comme signe gravé dans votre chair... Tu te feras circoncire, toi et tes descendants. Vous circoncirez la chair de votre excroissance et ce sera un signe d'Alliance entre moi et vous. A l'âge de huit jours, tout enfant mâle, dans vos générations, sera circoncis par vous... » Genèse 17, 1-14. C'est le premier des 613 commandements donnés par D.ieu au peuple juif. La circoncision rappelle, encore aujourd'hui, cette foi, cette alliance avec le D.ieu unique.

  Abraham, alors âgé de 99 ans,  accomplit l'acte demandé. Tous les membres de sa famille suivent son exemple (y compris Ismaël, son premier fils, né de la servante Agar, qui a alors 13 ans).  En cette circonstance, D.ieu transforme le nom d'origine d'Avram et y ajoute la lettre hébraïque "Hé". Il s'appellera désormais Avraham, qui signifie : « Père d'une multitude de Peuples ». Le nom de Saraï est également changé en Sarah. Quelques jours plus tard, Avraham reçoit la visite de trois anges : l'un pour annoncer à Sarah la naissance de son fils héritier Isaac, l'autre pour sa guérison et le troisième pour sauver Loth et détruire les villes pécheresses de Sodome et Gomorrhe. Les premières règles de l'hospitalité sont tirées de cet épisode.

 

   Après cette alliance, D.ieu voulut qu'Abraham eût un fils de sa femme légitime et il le lui confirma. La tradition dit qu'effectivement Sarah (90 ans) enfanta peu de temps après et lui donna (alors qu'il avait 100 ans) un fils, Isaac.

   Plus tard encore, D.ieu exigea d'Abraham qu'il sacrifie, sur le mont Moriah, ce même fils, Isaac (lequel était déjà adulte (37 ans) et acteur consentant). Au dernier moment, un ange arrêta le bras d'Abraham. D.ieu voulait, à ce moment-là, tester la profondeur de la foi d'Abraham, mais il s'agissait également, sans doute, d'indiquer à son peuple que, contrairement aux idoles, il n'acceptait pas les sacrifices humains. En contrepartie, Abraham sacrifie à D.ieu un bélier.

  En l'an 2123, Abraham décède, à l'âge de 175 ans, après avoir béni son fils Isaac. Lors d'une cérémonie solennelle, en présence de ses deux fils Ismaël et Isaac, des rois et des chefs des nations voisines, Abraham est enterré au Caveau des Patriarches, à Hébron, par ses fils Isaac et Ismaël. C'est là que reposent déjà Adam et Eve, ainsi que sa femme Sarah.

 [ Le Talmud enseigne : " Le jour de la disparition d'Abraham, notre patriarche, tous les grands des nations se présentèrent pour venir prononcer son éloge funèbre. ", Talmud de Babylone traité Baba Batra 91-a. ]

  Selon la tradition, Abraham est le fondateur du judaïsme.

[Les 10 épreuves d'Abraham ; retour schématique sur la vie d'Abraham.]

  Le texte du Pentateuque nous révèle qu'Abraham surmonta dix épreuves au cours de sa vie. Le sens profond de ces épreuves constitue un héritage spirituel et historique pour le peuple juif. L'héritage territorial d'Eretz Israël ainsi que les connaissances et les valeurs de base transmises par le judaïsme seront dès lors liés à la lignée des descendants directs d'Abraham, par l'intermédiaire d'Isaac puis de Jacob. Ces épreuves sont établies d'après un commentaire de rabbi Elyhézer et selon Rachi (grand commentateur de la Torah), et d'autres. Ces dix épreuves ont renforcé Abraham dans son attachement à Dieu et son élévation spirituelle.

1/ Abraham s'est caché pendant treize années, suite au décret de Nemrod condamnant à mort tous les premiers-nés.
2/ Abraham, pour sa lutte contre l'idolâtrie, a été emprisonné dix ans, puis jeté dans le feu à Our Kasdim ou Ur. D.ieu l'en sauve.
3/ A l'âge de 75 ans, il quitte sa terre natale, sa famille et toutes ses racines sur ordre de Dieu.
4/ La famine a sévi en Canaan et contraint Abraham à descendre en Egypte.
5/ Durant son séjour en Egypte, sa femme Sarah a été enlevée et conduite au palais de Pharaon (épreuve à laquelle il faut rajouter l'incident de même nature avec Avimélekh).
6/ Installé à Hébron, il a combattu quatre rois pour sauver Loth.
7/ Dieu lui annonce que les descendants du fils qu'il a eu avec Sarah seront esclaves en Egypte. Il contracte alors ce qu'on appelle "l'Alliance entre les Morceaux". (
Allusion à tous les exils que le Peuple d'Israël subira dans son histoire, jusqu'à la Délivrance messianique.)

8/ Abraham a reçu l'ordre de se circoncire, à l'âge de 99 ans.
9/ Sarah a demandé à Abraham de se séparer de sa concubine Agar et de son fils Ismaël.
10/ Dieu a demandé à Abraham de sacrifier son fils Isaac, lors de la ligature, ou « Hakédat Its'hak».

 [Abraham et le monothéisme]

Passons maintenant au rôle d'Abraham dans l'histoire du judaïsme.

   Selon une expression couramment employée, le judaïsme est élément d'un ensemble plus large, celui des religions dites monothéistes, concept sous lequel on entend le plus souvent le christianisme et l'islam sous leurs diverses formes. Cette représentation se fixe commodément avec l'image du patriarche Abraham, qualifié pour la circonstance de père de tous les croyants.

   Il est exact que selon le récit biblique et surtout selon nos « midrachim » (récits complémentaires plus ou moins paraboliques), Abraham se sépare de l'humanité païenne et n'est encore qu'un premier échelon dans la constitution de l'identité d'Israël. Abraham est à l'exact point d'articulation entre l'universel humain et ce qui commence à germer et deviendra par la suite l'unicité d'Israël.

   C'est cette idée que je veux maintenant développer pour mettre en évidence ce qui définit le monothéisme juif à sa racine. La constitution de ce monothéisme s'opère en deux étapes. La première est décrite par la tradition comme une réflexion de type philosophique et la seconde est reliée à une révélation. Il nous faut donc dégager le sens de ces deux étapes. Du point de vue du récit biblique et de ses commentaires, ces deux étapes sont nettement différenciées. Il y a d'abord Abraham vivant dans la maison de son père Terah située à Our-Kasdim, où règne une dictature totalitaire, celle de Nemrod, puis Abraham quittant la Mésopotamie sur l'ordre divin pour aller dans ce qui deviendra la Terre d'Israël.

    Le Midrach raconte que lorsqu' Abraham eut trois ans, il sortit de la caverne et se mit à réfléchir. Qui a créé le Ciel, la Terre, et moi-même ? Il pria toute la journée en se tournant vers le Soleil. Le soir, le Soleil se coucha à l'Ouest et la Lune se leva à l'Est. Lorsqu'il vit la Lune et les Etoiles qui l'entouraient, il se dit : c'est la Lune qui a créé le Ciel, la Terre et moi-même ; et les Etoiles en sont les ministres et les serviteurs. Il se leva et pria toute la nuit en direction de la Lune. Le matin, la Lune se coucha à l'Ouest et le Soleil brilla à l'Est. Abraham dit : ils n'ont donc aucune puissance et il y a un Maître au dessus d'eux. C'est lui que je prierai et devant lui que je me prosternerai. Il venait de faire la plus grande découverte de  l'histoire de l'humanité: D.ieu est le créateur tout-puissant.

   Devenu plus grand, il a lui-même détruit toutes les idoles du magasin de son père, en épargnant une seule, la plus grande, dans les mains de laquelle il mit une hache. Lorsque son père rentra, Abraham expliqua que c'était l'idole la plus forte qui avait commis les faits. Lorsque son père lui dit que c'était impossible parce que « les idoles ne peuvent rien faire », Abraham lui demanda d'écouter de ses propres oreilles ce qu'il venait lui-même de dire.

  Les histoires sont faites pour exprimer une seule et même idée. Abraham était une figure révolutionnaire qui détruisit (physiquement et métaphoriquement) les idoles de sa génération. Mais la réelle grandeur d'Abraham ne se trouve pas uniquement dans ce qu'il rejette mais dans l'idée avec laquelle il le remplace. Sa grande découverte est le monothéisme.

Dans un monde d'idolâtres, il arriva à la conclusion originale qu'il n'y a qu'un seul D.ieu, invisible et immatériel, qui créa le ciel, la terre et l'univers tout entier.

 

   Abraham prophète en mission.

  L'appel d'Abraham se double d'une mission; il est envoyé auprès des autres hommes pour communiquer le message divin. Le texte limite la communauté humaine qu'Abraham doit affronter  à sa propre famille : Car je l'ai élu afin qu'il prescrive à ses enfants et à sa maison après lui d'observer le chemin de l'Eternel, en pratiquant la charité et la justice, afin que D.ieu accomplisse sur Abraham ce qu'il a déclaré à son égard (Gen.18,19). Cet important verset dévoile la relation existant entre l'élection et la mission. La promesse faite à Abraham ne se réalisera pas parce qu'Abraham a été élu, mais parce qu'il aura transmis aux autres (ici : à sa famille) le message qu'il a reçu de D.ieu. C'est le schéma prophétique : la réalisation de la prophétie ne dépend pas seulement de la révélation faite au prophète, mais de sa communication aux autres hommes et de l'usage que ceux-ci en feront.

   C'est pourquoi, dans le verset Gen. 20,7 qui le désigne comme nabi, c'est-à-dire prophète, Abraham est considéré comme l'intercesseur auprès de D.ieu.

L'homme du dialogue avec Dieu.

  La dominante de l'expérience religieuse d'Abraham, est donc le dialogue permanent avec Dieu. Avec une simplicité et une spontanéité qui semblent naturels, la Bible raconte que Dieu parla à Abraham, qu'Abraham parla à Dieu, qu'il y eut entre les deux un réel échange.  Nous ressentons là l'aspect le plus remarquable et le plus typique de la narration biblique : elle admet comme allant de soi, comme une conséquence naturelle de la structure du monde, le dialogue entre le divin et l'humain. La Parole n'est pas offerte à tous les hommes ; mais elle l'est à quelques-uns,  les prophètes, pour qu'ils servent d'intermédiaires entre D.ieu et les hommes.

   Mais l'intimité avec D.ieu a, chez Abraham, une nuance particulière que l'on ne rencontre que chez les plus éminents parmi les prophètes bibliques. La deuxième partie du chapitre 18 de la Genèse met au jour le récit d'une collaboration entre le divin et l'humain dans la marche du monde. D.ieu a besoin des hommes pour réaliser ses desseins ; pour équilibrer sa création, il demande le concours de sa créature. (Nous retrouverons ce thème avec Moïse.)

   La justice, ou plus exactement l'équité, est justement le fruit d'une coopération entre D.ieu et l'humanité.

[Le prophète qui «se met en route».]

  Enfin, Abraham est le prophète qui se met en route. La première parole adressée par D.ieu à Abraham est une exigence d'arrachement. Le thème de l'altération qui apparaît dans des formes nuancées chez tous les prophètes, se présente ici avec toute la rigueur d'un absolu. Abraham devient prophète en quittant sa famille, son pays - en devenant autre. Sur la route d'Haran, Abraham, sans se  poser de questions, marche seul, vers l'inconnu, vers « le pays que D.ieu lui montrera » (Gen. 12,1). Dieu conclut son alliance avec un nomade. Il lui propose en même temps des réponses à ses questions.

  Le sens du monothéisme découvert par Abraham philosophe est clair. Il n'y a dans le monde aucune force privilégiée. Mieux encore, à la limite, il ne faut même pas parler de force ou de cause. L'observation du déroulement des cycles astronomiques conduit à l'idée d'un ordre unique régissant tous les phénomènes particuliers, ce que la pensée moderne désignera par la notion de déterminisme universel. On peut dire qu'Abraham, est tout naturellement devenu déiste en contemplant le mouvement des astres et les phénomènes naturels.

  Abraham a découvert l'unité de l'ordre naturel. La multiplicité apparente des phénomènes physiques est en fait complètement cohérente et rationnelle dans la mesure où ils s'enchaînent les uns aux autres et où ils sonr parfaitement prévisibles. Le soleil et la lune ne sont pas des forces. Leurs mouvements obéissent à une loi unique qui gouverne tout l'univers. En d'autres termes, Abraham quitte définitivement le monde mythique où sont à l'œuvre des forces particulières qui ont une puissance et une volonté propre et accède à la vision scientifique d'un monde unifié sous une même rationalité. Nos sages vont aller plus loin, mais la découverte d'Abraham constitue déjà un premier niveau du monothéisme juif.

  La « carrière » d'Abraham ne s'arrête pas là. Sur l'ordre divin, Abraham (qui s'appelle encore Abram) va quitter le royaume de Nemrod pour se diriger vers une nouvelle terre : (Genèse 12-1.)

  L'Eternel dit à Abram : « Quitte ta terre, ton lieu de naissance et la maison de ton père [pour aller] vers la terre que je t'indiquerai ; je ferai de toi une grande nation, je te bénirai et je grandirai ta renommée... »

  Dans le récit biblique, la révélation divine se produit brusquement, sans que rien ne la laisse présager. Le texte, dans son sens littéral, présente cette révélation comme un événement sans raison préalable. Abraham aurait été saisi par une sorte de grâce, par une vocation soudaine. Une révélation subite lui aurait imposé une nouvelle destinée débutant avec l'arrachement brutal à toutes ses conditions d'existence. C'est ensuite dans une révélation qu'Abraham trouvera la réponse à ses questionnements.

  La parole divine n'est rien d'autre qu'une injonction : quitter son lieu de naissance pour devenir le premier échelon de l'engendrement du peuple d'Israël, c'est-à-dire d'un peuple dont la première vocation est d'établir une société juste. Tout se passe comme si on assistait au dialogue suivant : Abraham dit à D.ieu: «je ne comprends pas qu'il y ait un tel désordre moral dans la société humaine ; la vie n'a pas de sens». Et D.ieu de lui répondre: «Qu'à cela ne tienne! Pars d'ici et construis une nouvelle société fondée sur la justice».

   Pour se convaincre que tel est le sens de la vocation d'Abraham, il n'est pas nécessaire d'aller bien loin, le récit biblique étant plus qu'explicite à cet égard. Précisant le sens de ce qu'on appelle l'élection d'Abraham, le texte dit (Genèse, 18-19.):

   « Si je l'ai distingué, c'est afin qu'il prescrive à ses fils et à sa maison de garder après lui le chemin de l'Eternel : mettre en oeuvre la justice sociale (tsedaka, que l'on traduit traditionnellement par « charité » mais qui est bien plus que cela) et le droit (michpat). ». Il s'agit donc, « tout simplement », de mettre en place l'ordre d'une loi morale.

   Abraham n'est donc pas seulement le père des croyants. il est également le père de tous ceux qui refusent les mystifications, les superstitions et les idéologies réductrices. Abraham est le père de la pensée rationnelle, il est le père des savants et de la tolérance, et non seulement un fondateur de religion. Et par la fin de sa mission, Abraham est simultanément la première étape de la constitution de l'être d'Israël et le père de tous ceux qui aspirent au droit et à la justice.

 

II] Moïse / Moché

  Un seul des cinq livres de la Bible, le premier, qui recouvre toute la période depuis la Création jusqu'à la mort de Joseph, n'évoque pas le personnage de Moïse. Les quatre autres livres sont entièrement consacrés à la vie de celui-ci, depuis sa naissance jusqu'à sa mort (à 120 ans), indissociablement mêlée  à son rôle dans l'histoire du peuple hébreu et dans l'établissement de la religion juive. Cependant, alors que lors de son alliance avec Abraham, Dieu lui annonce qu'il fera de sa descendance « une grande nation » par qui « seront bénies toutes les familles de la terre » (Gen. 12 :1-13), la famille de Moïse n'est évoquée que de façon elliptique et ce n'est pas l'un des enfants de Moïse qui lui succèdera à la tête du peuple mais Josué.

(Brève biographie)

 

  Plus de 300 ans après Abraham, le peuple hébreu, malgré les bienfaits de Joseph quelques dizaines d'années plus tôt, est durement asservi par le pharaon d'Egypte. Celui-ci, se sentant menacé à la suite d'une prophétie,  projette de faire tuer tous les nouveau-nés mâles hébreux.

  Vous connaissez tous l'histoire : Moïse est placé par sa mère Yocheved dans un panier déposé sur le Nil. Sa sœur Myriam le suit et suggère à Bithya, la fille de Pharaon, qui a recueilli le bébé, que la mère de l'enfant lui serve de nourrice. Moïse est ensuite élevé comme un prince à la cour de Pharaon. Mais un jour, il voit un officier égyptien frapper durement un hébreu et, indigné par ce geste, il le tue. Il s'enfuit alors dans le désert où il rencontre Tsipora, la fille de Jéthro / Yitro, prêtre de Madiane. Il la défend, ainsi que ses sœurs, contre des bergers et l'épouse peu après. Il est devenu berger pour son beau-père lorsque, à 80 ans, Moïse vit une expérience particulière, que la Bible décrit comme une vocation (c'est-à-dire un appel de D.ieu): alors qu'il est parti à la recherche d'une chèvre égarée sur le mont Horeb, Dieu l'appelle de l'intérieur d'un buisson qui brûle sans se consumer. Il lui parle directement et lui ordonne de retourner en Égypte pour délivrer ses frères du joug de l'esclavage.  Après maintes hésitations, Moïse accepte cette mission, mais, comme il a des difficultés d'élocution, il est convenu qu'Aaron, son frère, parlerait en son nom (Exode 4).

Moïse, peu convaincu, se rend devant pharaon. Mais celui-ci refuse catégoriquement de laisser partir les Israélites, le D.ieu des Hébreux ne l'impressionnant pas du tout.

   D.ieu  inflige alors à pharaon et aux égyptiens dix plaies, dont seule la dernière, la plus sévère, la mort des premiers-nés, persuada pharaon de libérer les Hébreux. En fait, neuf des dix plaies furent déclenchées par Moïse et seule la dernière fut exécutée par D.ieu lui-même.

  Après 210 années passées en Egypte, les Hébreux quittèrent à la hâte cette terre d'esclavage, libres. Mais les Egyptiens les poursuivirent bientôt et les rejoignirent alors qu'ils arrivaient à la mer des Joncs (mer Rouge). Moïse leva alors son bâton et la mer, s'ouvrant en deux, laissa passer les enfants d'Israël à pied sec. Mais, lorsque les Egyptiens, menés par pharaon, s'y aventurèrent à leur tour, les eaux se refermèrent sur eux et ils furent engloutis. Chaque année, selon le commandement répété plusieurs fois dans la Bible, une fête très importante et très règlementée  commémore cette libération aussi précipitée que miraculeuse : Pessah ou Pâques.

   Après une errance de courte durée dans le désert du Sinaï au cours de laquelle il est essentiellement nourri par « la manne », nourriture céleste, le peuple hébreu atteignit le mont Sinaï aussi connu sous le nom de « montagne de D.ieu » et que la tradition identifie au mont Horeb.
  Là, D.ieu apparut aux enfants d'Israël et leur énonça les Dix Commandements par l'entremise de Moïse (Exode 20,1-17). En cette circonstance, ils proclament leur engagement total envers l'Eternel par la déclaration : Naassé Vé-Nichma, c'est-à-dire : "Nous ferons et nous comprendrons [après ]". Mais les « Bnéi Israël » ont trop  peur de mourir en écoutant D.ieu et demandent à Moïse de leur servir d'intermédiaire auprès de lui.

    Moïse  monta ensuite au sommet du mont Sinaï, où il resta quarante jours et quarante nuits sans boire ni manger, pour recevoir les tables de l'Alliance (ou tables de la Loi), taillées et gravées par  D.ieu lui-même.

   Alors qu'il était sur la montagne, les Hébreux, inquiets de ne pas le voir revenir, demandèrent à Aaron de leur construire un Veau d'or qui ferait office de divinité. Lorsqu'à son retour Moïse vit l'idole et la débauche à laquelle se livrait son peuple, sa colère fut si grande qu'il brisa les tables de l'Alliance. Jetant le Veau au feu, il le réduisit en poudre, qu'il mêla à de l'eau, qu'il fit ingurgiter à ceux qui avaient péché. Cet épisode ne l'empêcha pas de supplier D. de ne pas détruire son peuple. Cédant à ses supplications, D., lui aussi très fâché contre son peuple, consentit à ne pas l'effacer de la surface de la terre, essentiellement pour respecter l'alliance qu'il avait contractée avec Abraham, Isaac et Jacob.

  Puis, Moïse remonta sur le mont Sinaï, où il demeura à nouveau quarante jours et quarante nuits, pour y recevoir de nouvelles Tables, taillées par lui cette fois-ci, mais également gravées par D.ieu. Selon la tradition, il y reçut également le Pentateuque (loi écrite) où est consignée toute la législation du judaïsme (la Bible), ainsi que la loi orale (Chab 93b), qui vient compléter et commenter la Loi écrite.

  A ce moment-là également, D. lui ordonne à Moïse de faire construire un sanctuaire ( dont Moïse confia l'exécution à Betsalel), en donnant des précisions extrêmes sur chaque détail, ainsi que sur la tenue du Grand Prêtre (Cohen Gadol), dont le premier sera Aaron.

 Lorsqu'il redescendit de la montagne, son visage étincelait et personne ne pouvait le regarder tant il irradiait.  Aussi Moïse se voila-t-il la face pour que les Hébreux puissent encore lui parler.

   Pourtant, peu après, D.ieu punit Moïse parce que, au lieu de parler à un rocher pour en obtenir de l'eau, comme D. le lui avait ordonné, Moïse le frappa. Le châtiment pour cette colère non maîtrisée fut sévère puisque D.ieu lui interdit alors de pénétrer en Terre promise et le condamna à mourir juste avant l'entrée du peuple en Canaan.

   Lorsque, à la tête de son peuple, Moïse atteignit les frontières de la terre d'Israël, il grimpa au sommet du mont Nébo pour y mourir, et de là, D.ieu lui fit voir le pays tout entier.

   Moïse mourut donc à l'âge de cent vingt ans après avoir,  une dernière fois, rassemblé les Hébreux pour leur transmettre les lois de D.ieu, leur faire ses dernières recommandations et bénir chaque tribu. Jusqu'à ce jour, l'emplacement de sa tombe reste inconnu.

  La « Loi de Moïse » :

   Fondateur du judaïsme, le rôle de Moïse repose spirituellement sur l'établissement de la Loi,  l'un des mots les plus importants du judaïsme.                                                         .
Les commandements de base sont bien dix, mais il fallut les développer, les expliciter et les faire progresser pou parvenir à l'ensemble des règles de vie qui régissent le judaïsme.

 Petit retour en arrière : Au début, il n'y a qu'un seul commandement. Le premier homme, Adam, n'a reçu qu'un seul commandement (double d'ailleurs) : « de tous les arbres du jardin tu mangeras, mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas. »

 Après le Déluge, Noé reçoit, lui, sept commandements, qui constituent la base de toute organisation de la société humaine. Les sept lois noakhiques (de Noé) forment un corpus indispensable car, sans justice, aucune société n'est possible. Elles ont vocation à fonctionner pour toute société, ce sont des lois universelles. La dernière est la plus importante : créer une justice. Seul un corpus de lois dans une société permet une vie ensemble.  Enfin, au sommet du Mont Sinaï, Moïse reçoit les tables de la loi avec les Dix Commandements, dont certains reprennent les conditions de l'alliance établie avec Abraham.

[La Torah ; un enseignement]

    Mais  Moïse a également reçu au mont Sinaï la Torah avec toutes les lois et tous ses commentaires : « L'Eternel dit à Moïse ; monte sur la montagne et Je serai là-bas. Et Je te donnerai les Tables de pierres, la Torah et les préceptes  que j'ai écrits pour leur instruction » (Exode, section Michpatim 24-12). Par son intermédiaire est donc transmis à tout le peuple Hébreu la Torah Ché-Biktav, soit la Loi écrite, et la Torah Ché-Béhalpé, soit la Loi orale, soit en fait, deux Torah. Cette expression sous-entend la notion d'enseignement, et d'application de la loi. Le Talmud précise que Dieu parlait et que Moïse écrivait.

  Dans la Bible (= la Loi écrite) et particulièrement dans le Pentateuque, sont écrites 613 « mitzvoth » que l'on peut  traduire par règles, préceptes ou commandements, dont 248 sont négatives et les autres (365) sont positives. Il y a toutes sortes de règles et d'ordres portant sur les relations avec les hommes ou avec la nature, les règles de la « cacherout » ou celles de la pureté, le service de D.ieu… Un certain nombre d'entre eux sont d'ailleurs tout à fait symboliques. ( lavage des mains par exemple )

  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 06-03-2009 à 21h48

 conte biblique : Sarah, suite & fin Génèse 12 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
Cliquer pour agrandir

                Tu me vends ! Tu m'as vendue !

            Je vois les troupeaux qu'ils ont échangé contre moi, les bovins, les moutons, ânes,

            domestiques, ânesses et chameaux.

            Voilà ce que je suis devenue à tes yeux.

            Cent cornes et dix serviteurs pour une femme, la sœur de l'hébreu !

 

Le soir, dans le palais où l'ont entraînée les envoyés de Pharaon, elle se couvre les yeux

pour que nul ne voie couler ses larmes.

Car elle devine le pouvoir des larmes d'une femme sur les hommes.

Elle se sait forte mais ne voudrait pas utiliser les armes des femmes.

C'est trop pour Saraï d'être à la fois belle, femme, sœur, et vendue.

Dans le palais du pharaon, elle finit par s'endormir sur la couche de reine préparée pour elle.

Elle rêve et son rêve l'étonne:

 

             Princesse mon père m'a nommée, princesse je suis.

            regardez tous, je danse devant le dieu Pharaon.

            Il va me choisir, me préférer aux autres.

            Je danse et me vois danser du haut des portiques,

            le long des marches, des chemins d'eau et de fleurs.

            Mon père m'a nommée princesse, Saraï je suis...

 

Soudain le rêve se brise: une servante la réveille brsquement et crie:

 

            - Debout ! Pharaon veut te voir !

 

Elle se lève et titube le long des marches et des couloirs sans fin, glacés sous ses pieds.

Le papillon du rêve se traîne sur le sol.

Elle crie alors du fond de son être, là où nul ne peut l'atteindre, là où nul homme ne pénètre:

 

            - Viens à mon secours, Dieu d'Abram ! Viens !

           

Les bras des femmes la saisissent et elle se retrouve seule dans une pièce blanche.

Sur les murs, des boiseries ajourées ne laissent rien deviner du reste du palais.

Jamais elle n'a été aussi seule.

Un frisson la parcourt quand elle entend des froissements d'étoffes.

A sa gauche brille un instant un éclat d'or puis un rouge profond et un bleu turquoise.

Est-ce Pharaon qui passe et la regarde ?

Qui est Dieu ? Qui la voit ainsi ?

Comment vont s'entendre le dieu Pharaon et le Dieu qu'appelait Abram de sa voix silencieuse ?

La regardent-ils tous les deux ?

 

            Je ne suis que la petite Saraï ! Faites de moi ce qui est bon.

 

Elle ferme les yeux et se fait pierre.

La blanche pâleur de ses traits renforce sa beauté.

Son corps perçoit qu'un homme est entré dans la pièce et la regarde.

Les deux respirations s'accordent et nul bruit ne parvient aux oreilles tendues de Sara.

 

Le corps de Saraï commence à trembler mais son être est serein.

A cet instant, la confiance d'Abram traverse les ruelles, les murs et le palais puis envahit la pièce.

Le cri silencieux d'Abram devant l'autel devient le cri silencieux de Saraï.

 

Quand elle ouvre les yeux, il n'y a plus qu'elle dans la chambre.

le visiteur est reparti, aussi silencieusement qu'il est venu.

Elle s'assied sur les coussins et des servantes lui portent à manger.

La porte s'ouvre sur un frais jardin. Elle sort et, ombre blanche, parcourt les allées.

 

Elle ne doit surtout pas lever les yeux vers les fenêtres du palais.

Si Pharaon est là, leurs regards ne doivent pas se croiser: Regarder un dieu c'est mourir...

Les pensées de Saraï s'éparpillent en elle, elle ne parvient plus à les réunir.

Le contraste est trop fort entre Haran, Canaan, le désert et ce palais.

 

Saraï regagne sa chambre et se retrouve seule. Le visiteur viendra-t-il à nouveau ?

Quand le soleil du matin la réveille, un léger froncement de son nez lui dit qu'il est venu.

Il flotte une légère odeur d'étoffe d'homme et non de femme.

 

La troisième nuit voit augmenter ensemble son trouble et son assurance.

Cette fois ses yeux grand ouverts manifestent sa confiance et chassent la crainte.

La porte s'ouvre et l'homme s'avance à la lumière d'une lampe à huile.

les rayons de la lampe qu'il tient d'une main le font paraître immense.

Saraï garde les yeux ouverts.

 

            - Alors c'est toi, Saraï ? La sœur de l'hébreu Abram?

            - Je suis Saraï, c'est vrai.

            - C'est vrai aussi que tu es belle.

            Voici trois jours que je te regarde.

            Le cœur ne me serre pas comme devant les autres femmes. Qui es-tu donc ?

            - Je ne suis que Saraï, fille de Terah de Haran.

 

Les deux se découvrent longuement des yeux puis ils les ferment pour mieux garder en eux l'image de l'autre.

La lumière de la mèche et de l'huile, comme un œil humain, ne les dévoile qu'en partie et respecte les ombres.

 

            - Saraï ! Tu es belle ! Mais qu'y a-t-il en toi qui échappe à mon esprit ?

            - Je suis Saraï. C'est tout !

            - Non, Saraï, je ne suis pas tout et tu n'es pas tout. Je le sens.

 

Le corps de Pharaon, figé jusque là comme statue, s'anime légèrement.

Son bras droit se tend lentement vers Saraï, main ouverte, puis il se fige à nouveau.

Saraï lève une main, le visage et les yeux et reste ainsi, immobile.

 

            - Puis-je te parler, Pharaon ?

            - Parle, Saraï !

            - Je crains de te décevoir, grand Pharaon.

            - Comment serait-ce possible ? Belle Saraï !

            - Je ne suis pas tout à fait celle que tu crois.

            Je ne veux pas te décevoir, Pharaon. Je ne peux mentir à tes yeux.

            - Une femme comme toi ne peut rien cacher ! Tu m'étonnes !

            Serait-ce que...

           

            - Une femme ne dit pas ces choses là. Elle dit qu'elle l'aime à celui qu'elle aime.

            - Et...Qu'est-e qui t'empêcherait de m'aimer, moi, un dieu sur l'Égypte ?

            - Mon cœur a été touché deux fois, par un homme et par notre Dieu.

            - Alors! Tu n'es pas vierge ?

            - Je n'ai pas d'enfant mais je suis femme.

 

Pharaon se fige comme marbre et dit d'une voix sourde qui monte et envahit la pièce:

 

            - Ton dieu me touche ! Ton Dieu m'atteint.. Ton Dieu m'ébranle !

 

Il se lève, pose sur Saraï un regard aussi admiratif qu'effrayé et sort en claquant violemment la porte. Le palais l'entend crier:

 

            - Qui est ce Dieu qui m'ébranle et me touche ?

 

Le silence envahit le palais jusqu'au matin.

 

Au lever du jour, serviteurs et servantes glissent sans bruit dans les couloirs et les escaliers.

Chez eux, la colère d'un dieu est mortelle. Chacun baisse les yeux et courbe le dos.

 

Saraï est restée seule avec son Dieu et sa confiance en Abram.

Qu'importe ce qui arrivera maintenant !

Ses lèvres bougent lentement mais nul humain n'entend leur dire.

Est-ce cela, prier ?

 

A midi, comme un claquement de fouet, les ordres fusent, tous courent dans le palais et les rues voisines.

Des gardes vont chercher Abram et l'amènent devant le trône de Pharaon.

Des servantes invitent Saraï à les suivre.

Elle découvre Pharaon couvert d'or, entouré de ses conseillers.

 

Un grand silence se fait. Les oiseaux du ciel se posent, une brise légère se lève.

 

Pharaon parle, il crie vers Abram pour dire:

 

            Que m'as-tu donc fait ? Pourquoi ne m'as-tu pas rapporté qu'elle est ta femme ?

            Pourquoi as-tu dit: "c'est ma sœur" !

            Je l'ai prise à moi pour femme.

            Maintenant voici ta femme, prends la !

 

Les ordres fusent, les gardes courent, Pharaon regarde au loin.

Ils encadrent Abram et Sara, les conduisent dehors.

Puis ils les renvoient d'Égypte avec tous leurs biens

 

 

              Jacques Orfila  d'après Génèse 12

 TOUS DROITS RESERVES.

 

  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 20-03-2009 à 06h53

 SaraÏ : suite Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

                        Le silence de l'homme simple que je suis va maintenant les recouvrir, ces mots.

                        Sans doute ne pourrai-je plus retrouver le chemin de la parole pendant des jours              et des nuits. Et encore des jours...

                        Si ma bouche est muette dans les lunaisons qui viennent, regarde mes mains, mes              pieds, mes yeux et l'en avant de mon corps.

                        Penche-toi comme moi sur le bord des puits, écoute et regarde !

                        Ce que tu entendras sera tien, comme ce que j'ai entendu est mien.

                        Viens-tu avec moi ? Saraï ?

           

             S         - Je viens.

 

 

 

Abram regarde Saraï d'un œil étonné, comme s'il était surpris de lui avoir parlé ainsi:

Il n'est pas homme à évoquer des sentiments, surtout à une femme.

Que lui est-il arrivé ? C'est comme si un autre que lui s'était exprimé par sa bouche.

L'affection chez lui est action et gestes.

Cela le rend souvent brusque. C'est un homme de cette époque.

 

Saraï reste interdite de leur dialogue inattendu. Comment un homme peut-il cacher en lui de telles émotions ? Elle se dit:

 

             Qu'est-ce qui nous a rapprochés, Abram et moi-même ?

            Ma beauté l'a touché mais je la crains parfois. Qu'est-ce que la beauté ?

            Que cache-t-elle sous le masque du visage ?

            Je voudrais toujours savoir ce qu'il pense.

            Souffre-t-il de me voir encore stérile ? Il n'en parle pas.

            Peut-on être à la fois aussi proches et aussi étrangers l'un à l'autre ?

 

Comme chez tant de femmes, les pensées de Saraï peuvent se déployer en elle sans interrompre le travail des mains ou du corps.

Il ne doit pas en être de même pour Abram, sinon, pourquoi s'arrêterait-il de si longs instants,

les yeux au loin, les mains en attente ?

 

Elle le voit maintenant qui assemble longuement des pierres choisies.

qui en  fait une table, comme une table de pierres, comme un autel pour les sacrifices.

Mais il ne tue aucun animal.

Il reste là, silencieux.

 

Saraï pense aux sacrifices qui se pratiquaient à Haran, chez leur père.

Mais c'était solennel, avec toute l'assemblée et le sang des bêtes qui coulait.

Pourquoi cet autel ?

Quand on voit un homme et un autel, on pense à un sacrifice, à une divinité...?

Sinon l'autel et l'homme n'auraient pas de sens.

 

Saraï ne dit rien. Elle préfère toujours qu'Abram parle premier.

Il parle:

             

            - Saraï ?

            - Oui, Abram.

            - Nous sommes au pays des cananéens. Te souviens-tu de ce qui est raconté sur ce pays ?

            - Oui, je me souviens, c'est là que Cam, le deuxième fils de Noé est venu habiter.

            Il était puni pour avoir vu la nudité de son père.

            - Ton père t'a bien instruite, Saraï. C'est sans doute pour cela que le nom de cette contrée:

            Canaan, veut dire "humiliation, soumission"

            Comprends-tu pourquoi nous sommes arrivés dans ce pays?

           

Saraï pense à tous ceux qui les ont précédés et à leur histoire difficile.

Pourquoi sont-ils dans un lieu d'humiliation ? Marqué par la faute d'un ancêtre ?

Elle qui est stérile pense à ce fils de Noé, Cam et se prend d'affection pour lui.

Saraï défend toujours les accusés. Elle se souvient que le mot Cam veut dire aussi chaleur, vitalité, élan. Elle dit à Abram:

 

            - Abram ?

            - Oui, Saraï, dis-moi...

            - Si ce lieu porte la malédiction de Cam, ne pouvons-nous lever cette malédiction

            en redécouvrant les qualités de cet ancêtre ?

            - Tu me donnes une idée, Saraï: ce lieu est maintenant marqué par l'autel de pierre

            que tu m'as vu construire. Il est marqué dans notre mémoire par la rencontre mystérieuse             que j'ai faite.

            Nous allons traverser ce pays, passer par dessus son malheur.

            Tu es stérile aujourd'hui, mais j'ai compris qu'une semence sortira de moi.

            Cette semence lèvera l'humiliation que tu ressens et reviendra en ces lieux.

            - Abram ?

            - Oui, Saraï, que veux-tu ?

            - Je veux te dire que tu es mon mari et que je te fais confiance.

            Partons d'ici, traversons ma peine, allons notre route.

 

Ils partent et chacun de leurs pas repousse le passé d'un pied,

se fait élan vers l'inconnu de l'autre.

 

Ils partent vers le sud, vers le levant de Bethel.

Ils n'ont plus besoin de parler maintenant que leur espérance est rassasiée.

il faut trouver des campements, nourrir la caravane.

Ils marchent vers le soleil levant.

Ils montent en direction de Bethel, la maison de Dieu comme on dit ici.

La route est longue, la caravane s'étire aux cris des chameliers.

Est-elle plus longue pour les ânes et leurs petits pas ?

Pourquoi les ânes et les chameaux sont-ils si différents ?

Pourquoi le nom de ces bêtes si fidèles peut-il servir d'injures ?

Chacun pense comme il peut, au long du chemin.

Ou bien ne pense pas et laisse ses pieds le conduire dans l'ombre de l'homme devant.

 

D'une hauteur gravie, ils voient Bethel au couchant et Aï au levant,

Aï paraît en ruines, mais c'est son nom.

Abram est songeur: faudrait il choisir entre la ruine d'un côté et la maison de Dieu de l'autre ?

Ou bien faut-il passer par l'étroit sentier qui les sépare ?

De son bras levé, il indique un petit vallon et la caravane se décharge là de ses fardeaux.

Quelques cris, les animaux sont  parqués ou attachés, des feux s'allument.

Brusquement le soir est là, comme en ces pays.

 

Les jours suivant, Abram dresse à nouveau des pierres, et c'est un autel posé là par un homme.

Pourquoi ? Abram n'a pas les paroles pour le dire et chacun suit ses gestes avec attention.

Comme pour en graver le souvenir dans sa mémoire.

Les pierres, c'est fait pour construire et pour graver,

Pour le souvenir et pour l'avenir.

Un autel est toujours au présent quand on le voit.

Il arrête le temps et le précède et le dépasse.

 

Quand Abram a terminé l'autel, ils le voient se dresser.

Ils voient sa bouche s'ouvrir comme pour crier,

mais nul n'entend le moindre son.

Cet homme est étrange, se disent-ils, ou ne se disent-ils pas.

Saraï voit la bouche sans cri d'Abram

Son cœur comprendrait-il ? Il bat plus fort et la confiance de Saraï grandit.

 

Comme chaque jour demande son pain, ils voient que le ravitaillement s'épuise.

Quelques uns partent en quête de nourriture.

Les bêtes broutent, le bruit de leur mastication, si régulier, les rassure.

Saraï demande à sa servante:

 

            - Crois-tu que les ânes ou les chameaux pensent,

             pendant que broie la meule de leurs dents ?

            - Oh! C'est toi qui penses trop, maîtresse, les bêtes font confiance: regarde les !

           

Entre les bêtes d'un côté et son mari de l'autre, Saraï s'endort.

 

Le matin et les jours suivants, les hommes peinent à trouver de quoi manger.

Ils reviennent chaque fois avec un peu moins.

On parle de famine et Abram décide de repartir vers le sud.

Hier une voix l'ébranlait, aujourd'hui c'est la faim qui le pousse en avant.

Le sud, c'est le Néguev, pays de la sécheresse.

Pourquoi aller vers la sécheresse en temps de famine ?

Ils marchent avec Abram et font confiance à cet homme silencieux.

Le sud, c'est aussi le soleil et la lumière.

 

Ils marchent avec cette obstination humaine et inhumaine des nomades.

Hommes, bêtes et poussière dans le soleil.

Ils marchent sans plus penser et un matin, ils voient de loin les plaines fertiles d'Égypte.

C'est un pays étroit, mais qui possède un grand fleuve.

 

***

 

Abram s'est arrêté et avec lui toute la caravane.

Ils passent la nuit en ce lieu mais Abram ne dort pas, il se retourne sans cesse.

Saraï tourne aussi et s'inquiète.

 

            - Qu'as-tu Abram ?

            - Je suis inquiet Saraï !

            - Et de quoi es-tu inquiet, Abram ?

            - Je vois que tu es belle !

           

Saraï rit pour la première fois et lui dit:

           

            - Tu me dis cela dans le noir! Comme si c'était nouveau pour toi !

            Que vois-tu donc ?

            - Je vois que tu es belle Saraï...

            - Encore ? Que t'arrive-t-il ? Toi qui fais si peu de compliments !

            C'est la première fois que tu me le dis, et tu choisis la nuit, quand on ne voit rien !

            - Saraï...je ne sais comment te le dire, mais... Nous allons entrer dans un  pays étranger.

            - Oui, je le sais Abram !

            - Je crains pour ma vie, Saraï !

            - Ma beauté te menace ? C'est toi qui m'inquiètes, Abram...

            - Je crains qu'en te voyant si belle ils veuillent me tuer puisque je suis ton mari.

            S'ils me tuent, ils feront de toi ce qu'ils voudront.

            Comprends-tu femme ?

            - Oh ! Crois-tu ? Laisse-moi réfléchir...

 

Ils restent en silence sous la tente. Le vent léger abaisse puis soulève doucement les peaux qui la recouvrent. C'est comme la respiration de leur angoisse.

Soudain, Abram dit à Saraï:

 

            - J'ai une idée, Saraï !

            - Dis moi !

            - Nous sommes mari et femme, tu le sais, mais nous sommes aussi frère et sœur puisque     nous avons même père sans avoir même mère.

            Voilà mon idée: Disons leur que nous sommes frère et sœur, ce qui est vrai.

            Ainsi ils ne me tueront pas pour te posséder et je pourrai te protéger.

            - Oh ! Crois-tu, Abram ? Çà ne se voit pas que nous sommes mariés ?

            Comment vais-je faire ?

            C'est moi que tu me mets dans la crainte, Abram !

            Que feront-ils quand ils verront la façon dont je te regarde ?

            - On ne peut que faire du bien à une femme aussi belle que toi !

            - Oh ! Abram !

 

Saraï tourne le dos à Abram et reste silencieuse, puis elle se lève et sort de la tente.

Abram l'appelle en vain puis se lève à son tour pour la chercher.

Elle est dehors, assise sur un rocher, le visage comme pierre.

 

            - Tu n'es qu'un homme, Abram ! Tu ne peux comprendre.

            Je ne veux pas redevenir ta sœur...

            - Saraï ! Si nous n'entrons pas en Égypte, nous mourrons de faim et si je reste ton mari,    ils me tueront. Peut-être est-ce le prix de la beauté ?

            - Abram ! Prie celui que tu appelais en Canaan, près de l'autel.

            Sans lui, nous sommes perdus.

           

Ils rentrent sous la tente et le lendemain, la caravane s'engage en Égypte.

Saraï a mis un vêtement de jeune fille et les jeunes égyptiens qui les voient passer n'en croient pas leurs yeux, ils changent de route et suivent de loin la caravane.

           

            - Avez-vous déjà vu une femme aussi belle !

 

 

***

 

 

 

La lumière s'éteint pour Saraï. Le masque de sa beauté reste seul visible.

Elle découvre soudain la ville, la foule, les palais et toujours ces hommes.

Il suffit qu'ils voient ses yeux pour imaginer sous le voile la femme de leurs rêves.

 

            - Abram, mon frère...Que m'as-tu fait ?

            pourquoi ces yeux qui me transpercent ?

            Abram mon frère...pourquoi as tu peur qu'ils te tuent si je suis ta femme ?

            Je ne te reconnais pas.

            Est-ce un rêve ?

            Pourquoi ces hommes m'entraînent ils vers le palais de Pharaon ?

            Abram, mon mari ! Prie ton dieu qu'il me soutienne.

            Ne suis-je donc que beauté ?

 

  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 20-03-2009 à 15h24


|<< <<<  1   2   3  | 4 |  5   6   7   8   9   10   11   12  >>> >>|


SYNDICATION
 
Fil RSS 2.0
Ajouter à NetVibes
Ajouter à Google
Ajouter à Yahoo
Ajouter à Bloglines
Ajouter à Technorati
http://www.wikio.fr
 

Allzic en direct

Liens Commerciaux
L'information à Lyon
Retrouvez toute l'actu lyonnaise 24/24h 7/7j !


L'information à Annecy
Retrouvez toute l'actu d'Annecy 24/24h 7/7j !


L'information à Grenoble
Retrouvez toute l'actu de Grenoble 24/24h 7/7j !


Application Restaurant
Restaurateurs, demandez un devis pour votre application iPhone


Fete des Lumières
Fête des lumières : vente de luminaires, lampes, ampoules, etc.


Diffuseur
Acheter un diffuseur d'huiles essentielles

Votre publicité ici ?
  Blog créé le 08-12-2008 à 10h25 | Mis à jour le 19-09-2016 à 21h09 | Note : 5.00/10