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 conte biblique: SaraÏ, première partie Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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Chers amis,

 

Le conte que vous allez découvrir est issu d'un long travail collectif sur le chapitre 12 du premier livre de la Bible appelé " Génèse" qui décrit les débuts d'Abraham, celui qu'on appelle "le père des croyants".

 

Une fois le travail sur le texte terminé, ses fruits ont entrepris comme toutes nos pensées un long voyage dans la mémoire et se sont comme perdus.

 

Plusieurs années après, à l'improviste, a surgi, comme sorti d'une source cachée par une pierre qu'on aurait déplacée, un  récit dont l'héroïne est Saraï, qui ne s'appelait pas encore Sarah, épouse d'Abram qui ne s'appelait pas encore Abraham.

 

Aucune parole de Saraï dans ce chapitre 12. Elle est comme muette.

Serait-ce pour celà que sa parole s'est libérée le matin où la source s'est mise à couler ?

Qui le sait ?

 

Voulez-vous écouter ces mots venus d'un autre âge que le nôtre, et pourtant si proche ?

Leur origine est triple: Un très vieux texte aplati dans de très vieux livres. Un travail exécuté par des amoureux du livre, puis quelque chose de tout autre, aussi neuf qu'un fruit inattendu.

 

Son titre est "midrash de Saraï" car les hébreux aimaient se transmettre ce genre d'histoires et les appelaient des "midrash".

 

Je vous laisse avec Saraï.                                                      Jacques Orfila  et Nicole  19.03.09

 

=====================================================================

 

Midrash de Sarah             Génèse 12

 

 

Le conteur invité au village a pris le repas offert en son honneur.

Maintenant que le soleil s'approche des collines, chacun prend place pour l'écouter.

Tous sont impatients: il leur a dit en arrivant qu'il avait du nouveau.

Du nouveau tiré des anciens temps, du temps des nomades.

Du temps des voyages, tout simplement des premiers temps.

 

Les murmures de l'assistance sont aussi intarissables que l'écoulement d'un ruisseau.

Le conteur les laisse parler, se donner les nouvelles, dire ce qu'on ne peut retenir.

Si les femmes sont d'un côté, les hommes sont de l'autre.

C'est la coutume. C'est plus simple. Comme aux premiers temps.

L'homme qui a l'habitude, guette les regards, les appartés.

Des ilots de silence se forment, se réunissent et quand il lève une main

Tous les yeux se fixent sur lui. Petits et grands, chacun bien calé, ils sont tout oreille.

 

C         -  Je vais vous parler de la première femme de notre tradition.

            Les enfants ? Vous la connaissez ?

E         - Je sais…

            - Moi aussi…

C         - Vous connaissez son nom ?

E         - Sarah ! C'est Sarah, j'en suis sûr.

C         - C'est ce qu'on a dit, çà veut dire Princesse.Vous avez raison.

            Mais comment l'appelait son père?

E         -…

E         -…

C         - Il l'appelait Saraï: "Ma princesse"parce qu'il l'aimait beaucoup.

            Ce n'est que plus tard qu'elle s'est appelée Sarah.

            Et, que savez-vous encore d'elle ?

E         - C'était la femme d'Abraham.

C         - Et encore ? Comment était-elle ?

E         -…

C         - Elle était très belle, très belle de sa naissance à sa mort.

            Çà lui a joué des tours.

            Alors, maintenant ! Écoutez bien…

            Ce que je vais vous dire m'a été raconté par une très très vieille grand mère

            Qui l'avait appris d'une autre très très vieille grand mère…

            Jusqu'à plus de mille ans et peut-être davantage

            parce qu'il y a toujours eu des grands mères.

Ass      - Eh ! Conteur, tu annonçais du nouveau. Çà, ce n'est pas nouveau !

 

Le conteur fronce les sourcils, croise les bras et ne dit plus rien.

 

Ass      - Silence! Ce conteur a horreur qu'on l'interrompe, vous l'aviez oublié ?

 

Le conteur reste muet, immobile. Tous cherchent comment le faire repartir.

On lui apporte des dattes, une figue bien juteuse, une galette.

Rien n'y fait, il n'a plus faim et reste buté.

Un des assistants Ruben, a une idée et se lance:

 

R         - Moi aussi je connais Sarah, elle habitait la Mésopotamie.

            Elle n'était pas la cousine d'Abraham, mais la fille de sa tante…

 

Le conteur piqué au vif ne peut se retenir:

 

C         - Pas du tout ! Elle était la sœur d'Abraham par son père

            Mais ils n'avaient pas la même mère.

            C'est ainsi que mon histoire commence, comme je l'ai entendue:

            Vous m'oubliez et je raconte:

 

***

 

C'était à  Haran, en Chaldée. Saraï est la plus belle fille du pays.

Çà pèse très lourd d'être la plus belle.

Le regard des hommes est aussi flatteur que pesant.

Saraï dit même:

 

            Je n'arrive pas à avoir d'amies: dès que des hommes arrivent,

            ils me regardent et ne voient plus mes amies. Alors elles s'en vont et je reste seule.

            Quelquefois je préfèrerais être laide !

 

Son cher papa qui s'appelle Terah essaye de la consoler en l'appelant sa princesse.

Mais Saraï reste de mauvaise humeur.

C'est ainsi que son caractère devient difficile.

Heureusement, un jour, c'est elle qui voit arriver de loin un homme de belle allure.

Quand il s'approche, elle le reconnaît:

c'est un de ses nombreux demi-frères qui a bien grandi. Il s'appelle Abram.

Il la regarde, la reconnaît, son cœur fait trois tours et le voilà pris !

A cette époque, on pouvait épouser une demi-sœur et voilà qu'Abram la prend pour femme !

Les familles étaient tellement nombreuses que çà se faisait.

Vous écoutez tous?

Je vois vos yeux et vos corps dire Oui ! Je continue:

           

Un soir Saraï voit revenir son mari Abram avec un visage différent.

Comme s'il avait fait une grande découverte.

Elle le questionne et il ne peut répondre.

Il lui dit seulement:

 

            A         - Saraï, ma sœur et ma femme ! Nous devons quitter le pays, la famille et partir                            vers l'ouest. Il y a trop d'idoles ici. Çà ne va pas.

            S           - Mais enfin, Abram ! A quoi penses-tu ? Notre père lui-même est fabricant                                  d'idoles !

                       

            A         -  Justement ! Toutes ces idoles me gênent Je ne peux t'expliquer pourquoi. Peut-              être en chemin. Prépare toi pour un long voyage. Nous emportons tout.

                        Lot, mon neveu, vient avec nous.

 

Saraï n'en croit ni ses yeux ni ses oreilles.

Elle se contente d'obéir: à l'époque,la femme accompagne son mari.

Elle est jeune et n'a pas encore appris comment s'y prendre avec un tel homme.

Ils marchent des jours et des jours. Enfin, les habitants de Sichem les voient passer.

Ils s'arrêtent et campent près d'un grand chêne, un maître chêne que les cananéens vénèrent.

Abram se tient longtemps à l'écart et quand il revient, il paraît très troublé, comme ébloui.

Saraï le presse de questions, sans résultat et se dit:

 

            S               - Qu'arrive-t-il à Abram ? Il n'est plus le même. Tantôt il fait comme si je                                 n'existais pas,tantôt il se fait plus affectueux et me parle de nos enfants, de                                    nos petits enfants.

                        Cela m'irrite, car voilà plusieurs lunes que nous sommes mariés et je ne                                       suis toujours pas enceinte. Une malédiction serait-elle sur moi ?

                         Suis-je stérile ?

                        Quand ce voyage finira-t-il ?

                        Abram ! Mon mari ! Répond moi ! Dis moi une parole !

                       

            A         - Je suis heureux, Saraï, comme jamais.

 

Saraï regarde Abram avec les yeux brillants de sa jeune et sauvage beauté. Elle dit:

 

            S          - C'est vrai Abram ? Jamais tu n'as vu une femme comme moi ?

                        C'est ce qui te rend si heureux ?

 

Abram toussotte et paraît gêné, sans regarder Saraï, il ajoute:

 

            A.        - Je voulais te dire. C'est difficile. Je crois que çà ne regarde que les hommes.

 

Le visage de Saraï vire à l'orage, et d'une voix sèche elle commente:

 

            S.         - Je ne crois pas que tu aies pu en trouver une plus belle que moi !

                        Alors c'est quoi ? Elle est comment, cette... concubine ?

 

Abram répond:

 

            A         - C'est une question de confiance et c'est pour toujours.

 

            S          - Ah ! À l'instant tu as dit "comme jamais"

                        et maintenant tu dis "c'est pour toujours!"

                        Qui est-ce ?

 

Abram de plus en plus troublé s'approche de Saraï, s'assied auprès d'elle et lui prend les mains.

 

            A         - Rien de tout ce que tu crains, chère Saraï, ma femme. Il n'y a pas d'autre femme.

                        Seulement un grand vent qui m'est passé sur le cœur, venant d'ailleurs et de nulle                         part. Un grand vent qui m'a parlé de nous deux, de nos enfants et du monde à                          venir.

                        Un grand vent de confiance, aussi vrai que ta beauté, que tes mains dans les                                miennes, que l'amour qui nous unit.

 

            S          - Pourquoi ne m'as-tu rien dit, mon mari ?

                        Mes mains te croient mais mon cœur tremble.

                        Je croyais être seule dans ton cœur. Je pensais le combler.

           

            A         - Mon cœur n'est pas un puits. Si tu le comblais, tu ne serais que de la terre.

                        T'es-tu penchée sur les puits de ce pays ?

 

            S          - Je me suis penchée et j'ai vu.

 

            A         - Qu'as-tu vu ?

 

            S          - Un œil d'eau, ou un œil de ciel, je ne sais... Aussi frais et tremblant que la vie.

 

            A         - Voilà ce que j'ai vu, comme toi. Un œil d'eau comme de ciel, tremblant de vie,

                        qui nous regardait tous deux sans brouiller notre image, sans altérer notre                                   amour. Et qui m'a aussi parlé d'une voix fraîche que j'ai entendue.

                         Que j'ai entendue là bas au pays d'Haran et qui m'a fait quitter les idoles, toutes              les idoles.

                        Avec toi pour la vie à venir et pour la route à tracer,

                         pour la peine qui tantôt te pèse, et tantôt te pousse.

                         Voilà, Saraï. C'est tout.

 

            S          - Oh ! mon mari ! Toi qui parles si peu et je croirais que tu chantes !

                        Pourquoi seulement maintenant, ces paroles de vie ?

 

            A         - Saraï, ma femme. Je n'avais pas les mots. Je les avais reçus mais il fallait tout ce temps pour qu'ils me traversent, que je puisse les parler  et qu'enfin leur dire parvienne jusqu'à toi.  (suite page d'après)

 

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 Passion selon saint MARC Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

Un groupe de lecture "Mer et Bible"  a regardé  LE RECIT DE LA PASSION SELON MARC avec Michèle Buret, bibliste et professeure d'hébreu.

 Chapitre 14

 

14,26-31   Jésus prépare ses disciples

Le dernier repas terminé, pourquoi « sortent-ils vers le mont des oliviers » mentionné déjà par Marc en 11,1 et 13,3 ? Face à Jérusalem, face au temple, à distance, à l'est de la ville. La feuille de l'olivier en Gn 8,11 symbolise la vie qui revient sur terre.

Jésus sort de la ville pour être tranquille avec ses disciples, les préparer à ce qui va se passer.

«  Tous vous serez faits tomber » leur dit-il (v.27) et non «  tous vous succomberez ».

 Il ne s'agit pas de l'annonce d'une faute morale dont ils vont se rendre coupables, mais d'un piège qui les attend et qui va les faire chuter : en effet, scandalon traduit dans la Septante deux mots hébreux des psaumes, « piège », « occasion de tomber » . Le verbe scandalizesthai est passif, les disciples seront le jouet des évènements à venir : « les brebis seront dispersées » , on ne leur demandera pas leur avis.

Jésus leur donne une parole familière, à laquelle ils pourront se raccrocher : une prophétie de Zaccharie 13,7 . « Epée,… frappe le pasteur et que soient dispersées les brebis » , dit le texte hébreu.

Dans le récit de Marc, ce n'est pas l'épée qui reçoit l'ordre de frapper, mais « je frapperai » : quel est ce « je » ? Est-il imaginable que ce soit Dieu qui frappe son propre berger ? Un sens possible est que la fidélité du berger à Dieu , sa proximité avec lui le frappent à mort : être proche de Dieu est dangereux, peut conduire au martyre. Qui frappe le berger ? Qui a tué Jésus ? Est-ce clair ? les sadducéens ? les romains ? nous tous ? un « je » multiple ! Dans quelle mesure ne frappe t-on pas un jour ou l'autre le berger ?

La dispersion des brebis rappelle la dispersion des hommes de la tour de Babel sur toute la surface de la terre.La séparation, due à l'épée dans Zaccharie, n'est-elle pas nécessaire pour éviter le fusionnel, rendre possible une nouvelle vie, rendre responsable de soi-même, rendre libre ? N'est-elle pas une étape du développement ? La loi de 1905 qui a dispersé les congrégations religieuses a été en fait bénéfique.

Quand le chef est arrêté, frappé, qu'en est-il de ses disciples ? Vont-ils abandonner leur chef ? Tuer ceux qui l'arrêtent ? Humainement, ils auraient dû se battre.

Pierre est prêt à mourir : « S'il me faut mourir avec toi, pas de danger que je te nie ; de la même façon, tous disaient »  (v.31).

Comme à la guerre de 14-18, on suivait le chef «à la vie, à la mort ».

Seulement, le chef Jésus ne l'entend pas ainsi, puisqu'il ajoute au v.28 : «mais après avoir été éveillé, je vous ferai avancer vers la Galilée ».

« Eveiller » est l'un des deux verbes de la résurrection. Annonce t-il sa résurrection ? Jésus a l'air éveillé, sûr de lui, il sait qu'il a quelque chose à finir, un passage,… pour arriver plus loin : être éveillé à autre chose ? Il se tourne vers la Galilée, son pays, leur pays, éloignée d'une Jérusalem dangereuse ; une Galilée des nations, point de départ vers les nations. Il va mourir à sa vie active de prédication. Pour la prochaine étape, toutes les nations, n'a t-il pas besoin que ses disciples restent en vie, soient donc dispersés pour le moment ?

Pierre ne réagit qu'au fait de tomber ou pas.  N'a t-il pas entendu la suite des paroles de Jésus ? Ou ne l'a t-il que trop bien entendue ? Mais il ne peut croire, penser que le pasteur est frappé, que leur univers s'écroule. Alors, il parle « d'une façon tout à fait excessive » (v.31), dans son angoisse, pour se rassurer, combler le vide.

« Mais, pas moi » affirme t-il (v.29). Et Jésus insiste singulièrement : « amen, je te dis qu'aujourd'hui, cette nuit, avant que par deux fois, un coq ne chante, par trois fois, tu me nieras ». Pourquoi deux chants du coq, dans ce récit ? Pierre n'entendra pas le premier chant,…Il est dans un attachement trop fusionnel, dans l'enthousiasme de «mourir avec toi». Une coupure, par une triple négation, sera nécessaire pour que Pierre advienne enfin Pierre.

 

14, 32-42  Gethsémani

A Gethsémani, pourquoi dit-il à ses disciples : « asseyez-vous ici jusqu'à ce que je prie » (v.32), et non « pendant que je prie ? »  Jusqu'à ce que j'arrive à prier ? Prier ne serait pas automatique, même pour Jésus. Toute une préparation est décrite ici : il laisse ses disciples ;  il en prend trois auprès de lui, les plus proches, ceux de la Transfiguration, Pierre, Jacques et Jean (9,2-8), censés avoir compris des choses, pour ne pas être seul ; il leur dit sa stupeur, son chagrin , combien il est mort de peur : « mon être est enveloppé de tristesse, jusqu'à la mort »  (v.33)

La « stupeur » est propre à Marc (et un peu à Luc) : il l'a mentionné 7 fois, dont 6 à propos des esprits impurs, ou des disciples effrayés par ce que dit en fait Jésus.

Ici, c'est l'effroi de Jésus lui-même dans son humanité.

Jésus met peu de distance entre lui et les trois : « s'étant avancé un peu, il tombait sur la terre et priait ». Les imparfaits soulignent la durée de cette chute et de cette prière. Jésus tombe ici pour la première fois. On observe en notre monde les grands personnages qui tiennent longtemps, les hommes politiques , les sportifs, le pape, par exemple, et on se demande quand ils vont s'écrouler. Jésus n'est plus debout, ne peut aller plus bas. N'est-il plus en lien avec le ciel ? Ce qui va lui arriver vient de la terre, des hommes : est-ce cela qu'il appelle « l'heure » aux versets 35 et 41 ? Est-ce la dernière heure ? l'heure de vérité ? l'heure de décision ?

Dans les versets suivants, 36 à 42, Jésus en parallèle s'adresse 3 fois à son père, trois fois à ses trois compagnons.

« Abba père, tout est possible pour toi, porte à côté cette coupe loin de moi, mais non pas qu'est ce que moi  je veux, mais qu'est ce que toi » (v.36)

De quelle coupe parle t-il ? S'agit-il de la coupe de vin du dernier repas, la coupe du « sang de l'alliance de moi »  de 14, 23-24, de l'alliance de Jésus avec son père ? Est-ce la coupe que Jacques et Jean fils de Zébédée ne peuvent boire en 10, 38 ? la vie propre à chacun ? Une boisson dure à avaler ? Une coupe non  pas de vin, mais de vinaigre, celle de son alliance avec les hommes,… qui tourne mal puisqu'ils vont le tuer ! La « coupe » peut donc être remplie du vin de la joie de l'alliance avec Dieu, ou du vinaigre de la solidarité avec l'humanité qui apporte la mort. Le meilleur et le pire.

La deuxième partie de la prière de Jésus prend la forme d'une double question : «qu'est-ce que moi, je veux ? »  « qu'est ce que toi » ? Ce n'est pas obligatoirement « qu'est ce que toi tu veux ? », c'est plus ouvert, ce peut être « qu'est ce que toi, tu peux ? » Est-ce soumission ? ou confiance ? assurément alliance avec son père.

A cet endroit du récit, proche de son père, Jésus se fait proche de ses trois disciples, au point que Marc évoque simplement la 2e prière comme semblable à la 1e, et ne mentionne même pas la 3e.

Les trouvant endormis, Jésus s'en étonne d'abord et attend autre chose d'eux ; puis il constate leurs yeux alourdis et leur anéantissement ; enfin, il consent à leur sommeil ; il met du temps à comprendre ce qui leur arrive, ils sont littéralement assommés, dépassés, hors course. Il prend conscience en même temps et pour lui-même et pour eux de la faiblesse de la chair . Il s'adresse à « Simon » parce qu'il n'est pas « Pierre » en ce moment. Après avoir eu besoin de leur soutien au début, ayant établi un lien avec son père, il les laisse être ce qu'ils sont : endormis, épuisés. Dans cette préoccupation des siens, Jésus est pleinement « fils d'homme » (v.41), à la mesure de sa proximité pleine avec son père, dite d'abord par Marc.


 

14,43-52  L'arrestation

C'est une foule non organisée, sans berger, qui « advient auprès » d'eux brusquement.  Grands-prètres et scribes ne se sont pas déplacés, mouillés. Dans ce récit, Jésus ne dit rien à Judas, ni au disciple (anonyme) qui frappe l'oreille du serviteur, ni ne recolle l'oreille. Il semble dire que de tout ceci est responsable la foule agressive qui , avec ses glaives et ses bâtons, provoque la violence.

« Mais afin que soient remplies les écritures » au v.49 fait comprendre de façon codée, donc moins dangereuse, aux disciples que c'est le moment de filer : « et l'ayant laissé aller, ils fuirent tous » pour ne pas être eux aussi arrêtés.

Les versets 51-52 sont propres à Marc : « Et quelque jeune homme faisait route avec lui, enveloppé d'un linceul sur du nu, et ils le saisissent ; lui ayant abandonné le linceul s'enfuit nu ». Que vient faire cet adolescent qualifié deux fois de « nu » dans le récit ? Il est sans défense, symbole de l'innocence….qu'on arrête sans raison : la foule n'en n'est pas à un innocent prés ! Cela confirme que si les autres disciples étaient restés, eux aussi étaient été arrêtés. L'incident est également un autre accomplissement des écritures, de la prophétie d'Amos 2,16 : « Le plus courageux des héros s'enfuira nu en ce jour-là, oracle du Seigneur », conclusion d'une prophétie où au v.6 il est question de « la vente à prix d'argent du juste ». Ce jeune, plus téméraire, ne s'enfuit pas du premier coup. Pour quoi est-il « enveloppé d'un linceul » ? Ce drap de lin, sindon, transcription grecque de l'hébreu sadin, est celui dans lequel le corps de Jésus est enroulé en Mt 27,59, Mc 15,46 et Lc23,53, avant d'être mis au tombeau. Le jeune homme, en abandonnant le linceul, laisse la mort, lui qui était prêt à mourir, lâche prise pour vivre, et le linceul reste dans les mains de ceux qui arrêtent, porteurs de mort !

Un tout petit détail, susceptible d'au moins tous ces sens possibles (4 ? 5 ?)

 

14,53-65  Jésus devant le sanhédrin

Du monde est réuni autour de Jésus ; le grand-prêtre (comme dans Luc non nommé) a besoin d'être soutenu, cherche à compromettre « tous, les grands-prêtres et les anciens et les scribes » (v.53), tout ce que le temple compte de notables. Ils ne pourront pas dire qu'ils n'y étaient pas . Le v.55 reprend « les grands-prêtres et le sanhédrin tout entier ». D'emblée ce prétendu tribunal ne correspond pas à la loi juive , puisqu'il cherche à « faire mourir » l'accusé, et non à déterminer la vérité et à éviter la peine de mort. (Un sanhédrin qui condamne à mort une seule personne en 70 ans est déclaré assassin dans le Talmud !)

Alors que Luc ne parle pas de ce qui se passe chez le grand-prêtre, Marc insiste sur les témoignages, les faux témoignages, qui ne sont pas « égaux », dit-il par 2 fois : n'étaient-ils pas concordants entre eux ? ou n'étaient-ils pas suffisants, ne faisaient-ils pas le poids pour entraîner une peine de mort ?

Deux fois revient le verbe « se lever », un des verbes de la résurrection. Dans ces textes, on peut se dresser pour accuser, faire mourir, ou pour ressusciter.

Jésus se tait, devant ces témoins qui n'aboutissent à rien. Ce n'est pas lui qui a détruit le sanctuaire. Ce n'est pas lui qui donnera de l'importance à ce qui est vide et faux.

Le grand-prêtre « se dresse » à son tour « vers le centre », théâtralement, et finit par poser la seule vraie question : « Toi, es-tu le messie, le fils du béni ? ». Cette fois, Jésus répond. Est-ce parce que le grand-prêtre s'engage personnellement ? ou formule ce que les foules commencent à se demander ? Jésus ne l'a jamais dit à propos de lui-même.

Pour la deuxième dois dans Marc, il dit ego eimi, « moi, je suis ». L'expression, fréquente dans Jean (9 fois), n'apparaît qu'une ou deux fois dans chacun des synoptiques.  Dire « je suis » n'est pas dire « je le suis », mais « j'existe, je parle en tant que moi ». Il ne répond pas à la question posée, il y a déplacement.

« ….et vous verrez le fils de l'homme assis à la droite de la puissance » et « venant avec les nuées du ciel ». Est-ce l'annonce de résurrection à lui tout seul ?  Qu'est-ce que ça changerait alors pour l'humanité ? Est-ce une annonce pour tout « fils de l'homme », pour l'humanité toute entière, dans la mesure où elle se conduit en fils ? Jésus alors serait le frère aîné qui montre le chemin, le premier à avoir construit sa « ressemblance » (non créée en Genèse 1,37) avec Dieu quand, dans sa prière à Gethsémani, sa confiance en Dieu va jusqu'au bout, et quand précisément il ne se prend pas pour Dieu : c'est un lâcher prise énorme, il a fallu qu'il aille jusqu'à mourir pour le montrer. Il se conduit en fils, en fils qui vit la prière du Notre père ( et non « Mon père »)

Pourquoi « assis à la droite de la puissance », allusion au psaume 110,1 « le Seigneur dit à mon Seigneur : assieds-toi à ma droite » ? Jésus ne parle ni de Dieu ni de son père ici mais de « puissance », élan vital, amour ? puissance de Daniel 7,13 conférée au fils d'homme qui vient vers l'ancien des jours ? ou conférée à l'ancien des jours ?

Les nuées du ciel, nuages très lumineux mais non transparents, sont le signe visible de la lumière divine cachée dans la nuée pour ne pas éblouir, le signe de la présence divine qu'on ne peut voir face à face car on ne  la supporterait pas. « Le fils de l'homme …vient avec les nuées » ici, « dans les nuées » en Marc 13,26 (il serait bon d'étudier de près Mc 13, 24-28)

L'humanité accède à la droite de la puissance en la personne de David dans le psaume 110,1 : cet homme est oint roi prés de Dieu, assis pour siéger, habilité à rendre un jugement , jugement attendu par le sage dans le dernier verset de Qohélet 12,14. Maintenant, écrit Marc, c'est avec Jésus que l'humanité y accède, « par lui, avec lui et en lui » l'Eglise Christ , qui est beaucoup plus large que l'Eglise visible, est appelée à cela. Par le baptême, l'être humain est divinisé. Le « et » qui relie « je suis » à « vous verrez le fils de l'homme… » signifie t-il que c'est parce que je suis, donc égal à Dieu, que dorénavant l'humanité a accès à la même égalité avec Dieu ?

Est-ce prendre la place de Dieu ? Beaucoup de gens se prennent pour Dieu, il y a dans ce domaine un risque très grave. Plus on est proche de Dieu, plus la tentation est grande de se prendre pour Dieu, ou de se croire son porte-parole privilégié. D'où l'importance de la demande « ne nous fais pas venir en tentation » du Notre Père.

Pour le grand-pretre, il y a blasphème dans la prétention de l'humanité à être égale  à Dieu. Or, la proximité de Dieu et de l'humanité est grande dans le texte biblique. Au début du livre d'Isaie, le premier mot mis dans la bouche d'Adonai est le mot « fils » : « des fils j'ai fait grandir et élevés ». Le Ps. 82,6 fait dire au même Adonaï : « moi je dis : vous êtes des dieux, des fils du très-haut vous tous ».

Marc met l'accent sur cette raison religieuse dans la condamnation de Jésus : Jésus est bien condamné pour ce qu'il est vraiment, pour l'accès possible de l'être humain à la divinité, et non par de faux témoignages, non plus comme usurpateur de messianité. Blasphème signifie « nuisance » (blapto en grec veut dire « nuire ») à la divinité.

« Alors tous le condamnèrent passible de mort. Et quelques-uns commencèrent à cracher sur lui et à envelopper son visage et à le souffleter et à lui dire : prophétise, et les gardes le reçurent avec des gifles » (v64-65). Si la condamnation est unanime, ce ne sont que quelques grands-prêtres, anciens, scribes, qui crachent, humilient, pour détruire son humanité en le réduisant à néant, comme les nazis ont fait pour le juifs. « Envelopper son visage », est-ce pour ne pas le voir, en faire un anonyme sur lequel on peut taper ? lui enlever sa personnalité ? ne pas être vu par son regard ? Pourquoi lui est-il demandé de prophétiser ? est-ce en écho à la citation du Psaume et de Daniel au v.62, en réponse au « fils de l'homme assis à  la droite de la puissance » ? Dis-nous comment tu vas t'en sortir ?

Marc ne charge pas les gardes, qui « giflent » simplement.


 

14,66-72  Pierre

Marc précise que Pierre est « en bas » : il y a donc un en haut ; est-ce de cet en haut que « vient une des jeunes servantes du grand-prêtre » ?  Elle serait donc au courant de ce qui vient de se passer, qu'ignore Pierre. Elle « regarde en lui » (comme Jésus souvent le fait (Mc 10,21-27, Jean 1,42 ….).Ce n'est pas exactement le dévisager , mais peut-être se rendre compte qu'il ne va pas bien. Pierre se réchauffait « tourné vers la lumière » au v. 54, et non vers le « feu » : cherchant une lumière ? en tout cas ne se cachant pas ! Veut-elle l'avertir du danger ? Le voyant « sortir à l'extérieur vers le vestibule », elle recommence en s'adressant à ceux qui se tenaient à coté, qui vont à leur tour donner un troisième avertissement.

C'est donc une femme qui le voit d'abord, par deux fois . Elle ne le dénonce pas, ni non plus les gardes . Le met-elle en garde, parce qu'elle a vu clair ? Elle lui rend service en l'avertissant du danger par trois fois.

Pierre fait d'abord celui qui ne comprend pas : « je ne sais ni ne suis au courant, toi que dis-tu ? » Est-ce par prudence qu'il va vers la sortie ? Il nie une deuxième fois. Comment expliquer la violence de sa troisième réaction ? « Lui commença à proférer des imprécations et à jurer que je ne sais pas cet être humain que vous dites ». Se met-il en colère contre lui-même parce que son imprudence l'a conduit à être en mauvaise posture ? Il prend conscience du danger, il est coincé, et a sans doute peur. Il n'a pas l'attitude de quelqu'un qui renie (nier n'est pas renier), mais de qui a pris des risques et n'a même pas entendu le premier chant du coq ! le deuxième chant est un message codé pour lui.

« Et ayant/s'étant jeté sur il pleurait ». Sur quoi se jette-t-il ? Jette-t-il un regard sur ce qui vient de ce passer ? Détourne-t-il la tête ? Que veut dire Marc de Plerre ?

 

15,1-5  Jésus devant le sanhédrin

« Et aussitôt le matin ayant préparé un conseil, les grands-prêtres avec les anciens et les scribes et le sanhédrin tout entier, ayant lié Jésus le transportèrent et le livrèrent à Pilate » (v.1). La responsabilité de tous est soulignée une fois de plus par Marc. Ils traitent Jésus comme un objet . Marc est très concis : on apprend par la parole de Pilate le chef d'accusation : « roi des juifs ». Faut-il plutôt entendre « roi des judéens » ? Pilate représente le pouvoir politique romain en Judée et le grand-prêtre établit un rapport de pouvoir entre Jésus et lui. Le procès religieux est transformé à présent en procès politique. Les chefs religieux judéens se moquent –ils du motif religieux, brandi simplement pour convaincre le sanhédrin ? Quel chemin est parcouru entre « toi tu es le messie, le fils du béni ? » (14,61) et « toi tu es le roi des judéens ? » (15,2), sachant que dans la tradition juive, l'onction est données au roi et au grand-prêtre, et que Dieu seul est roi ? Son représentant a à méditer la Tora jour et nuit et à faire respecter les lois divines par le peuple.

Jésus ne dit pas qu'il est roi.Il parle du royaume de Dieu, son père, il s'agit donc du royaume du père. Se dire roi, ne serait-ce pas prendre la place de Dieu. Or Jésus va jusqu'à mourir pour montrer qu'il ne prend pas la place de Dieu. D'autre part, considérer que Jésus est le roi des judéens c'est ramener le royaume dont il parle à une dimension terrestre, ce qui ne fait pas Joseph d'Arimathie qui au v. 43 est dans l'attente du « royaume de Dieu ».

L'expression « roi des judéens » est utilisée 4 fois dans ce texte, 2 fois par Pilate, 1 fois par un soldat et une fois écrite sur la croix ; c'est dire son importance.

Comme il a répondu à la question du grand-prêtre, Jésus répond à Pilate : « toi tu dis » (v.2). Que signifie t-il par là ? Que la question est posée, existe ? que c'est le dire de Pilate, qu'il ne commente pas ? que Pilate répète ce qu'on lui a dit, que ce n'est pas vraiment sa parole ?

Trop d'accusations de la part des chefs  judéens c'est trop et Pilate « admire » le silence de Jésus peut-être plutôt qu'il ne « s'en étonne » : le verbe thaumazein a les deux sens possibles en grec. Fin stratège, il reconnaît en Jésus un des ses pairs : son silence arrête le jeu. Jésus n'est-il pas atteint ? ou tend-il l'autre joue ? ou laisse t-il couler ? Ces accusations sont visiblement pour tout le monde fausses.

 

15,6-15   Jésus devant Pilate / Barabbas

L'étonnement admiratif de Pilate déclenche t-il la suite, le fait que par trois fois, aux v. 9,12,14, Pilate intervienne en faveur de Jésus ?

Le personnage Barabbas est ici, comme dans Matthieu 27,16, curieusement présenté comme « celui qui est dit Barabbas », nom qui signifie en araméen « le fils du père ».  Ce serait donc pour Marc (et Matthieu) un surnom, auquel correspond deux fois dans la bouche de Pilate un autre surnom « le roi des judéens » (v.9.12), attribué par les grands prêtres à Jésus. Or Jésus s'est toujours présenté comme le fils du père ; et la foule, « agitée » par les grands prêtres, réclame la libération précisément du « fils du père » et condamnent  « le roi des judéens ». Est-ce la même foule que celle qui écoutait avant Jésus fils du père ? ou une autre foule ?En tout cas sans le savoir, cette foule là serait dans le juste !

Il est à noter que Jésus n'a jamais revendiqué le titre de roi des judéens, ce sont les grand-prêtres qui projettent sur Jésus leur propre désir : ils ne sont pas rois et souhaiteraient l'être. Pilate le sait : « il connaissait en effet que par jalousie les grands prêtres l'avaient livré » (v.10). Qui la foule veut-elle crucifier ? le roi de judéens ! qui en réalité est ce roi-là ? Jésus ?

Oui, à leurs yeux, mais en fait… les grands-prêtres qui aimeraient bien cette position ! Marc semble dire que la foule a raison de condamner le roi des judéens et de vouloir libérer le fils du père. Hélas elle est trompée sur la véritable identité de Jésus et de Barabbas et fait libérer un « fils du père » criminel : momentanément la violence de l'émeute a payé, triomphé. Jésus lui le véritable « fils du père » a toujours refusé la violence du terrorisme.

Marc est le seul à parler d'émeutiers : en grec stasiastes, un hapax du N.T., sur la racine sta « se tenir debout » qu'on a dans « statue » et aussi stauros, le mot grec pour « croix » et le verbe correspondant « crucifier ». Seuls Marc et Luc parlent de stasis, d'émeute, « d'action de se dresser » littéralement.

D'un côté un groupe d'émeutiers s'est dressé contre le pouvoir romain, a commis un meurtre, a été arrêté et « lié ». D'un autre côté foule et grands-prêtres demandent qu'on « délie » Barabbas apparemment le meneur peut-être le meurtrier, pour Marc… et qu'on « dresse » Jésus sur une croix.

Voici donc que le non-violent, qui ne se dresse pas contre le pouvoir romain, va être dressé  par ceux qui le détestent, être tenu debout sur une croix. Cette condamnation dévalorisante deviendra le symbole d'une nouvelle religion, « l'instauration » (où l'on retrouve les sons de stauros) d'une réalité solide.

Il arrive dans le vie que consciemment on veuille par exemple le bonheur de ses enfants, et qu'en réalité à cause de l'inconscient on aboutisse à leur malheur ou vice-versa. Un décalage entre le dire et le faire.

Comment entendre le v.15 de conclusion de Pilate ?  « Pilate, ayant le dessein de faire pour la foule ce qui et suffisant, libéra pour eux Barabbas et livra Jésus, l'ayant fouetté, pour qu'il soit crucifié ». Judas a livré Jésus aux grands-prêtres, qui l'ont livré à Pilate, qui le livre… à qui ? Ce n'est pas précisé. A un système ?Jésus n'est plus qu'un objet dans un système… sans sujets. Pourquoi est-il question de flagellation ? La double peine est contraire au droit romain. Ce châtiment, non demandé par les responsables religieux judéens, est l'initiative du gouverneur romain, peut-être son jugement à lui : Jésus n'a que perturbé l'ordre et ne mérite pas plus. Pilate signifierait par cette flagellation que ce n'est pas lui qui condamne Jésus à la crucifixion. Comme Abraham autrefois s'est battu pour sauver Sodome et Gomorrhe, Pilate se bat trois fois pour sauver Jésus, sans plus de succès.Il fait donc « ce qui est suffisant » à ses yeux pour eux : libérer Barabbas, fouetter Jésus ; la remise pour la crucifixion lui étant imposée par la pression de la rue.

 

15,16-20   Outrages

Au v.1 le sanhédrin était « tout entier », au v. 16 la cohorte est « toute entière » à son tour, pourquoi ? pourquoi convoquer 600 à 1 000 hommes ? Ce sont les soldats qui convoquent la cohorte et non leur chef Pilate, ce qui semble indiquer que ce dernier leur a remis, avec Jésus, tout pouvoir sur lui. La scène se passe dans le « prétoire », mot latin transcrit en grec, lieu romain donc par excellence. La cohorte est-elle convoquée pour être témoin ? à travers elle, est-ce toute l'humanité païenne, liée au pouvoir tyrannique de Rome, qui est convoquée à une scène la concernant ? De quel grand spectacle s'agit-il ?

« Et ils le vêtent de pourpre et posent autour de lui une couronne d'épines, et ils commencèrent à le saluer : réjouis-toi, roi des judéens, et ils frappaient sa tête d'un roseau et crachaient sur lui et posant les genoux ils s'inclinaient vers lui, et lorsqu'ils eurent joué en lui, ils le dévêtirent de la pourpre et le revêtirent de ses habits. Et ils le font sortir, afin qu'ils le crucifient » (v.16-20)

« Pourpre », « couronne », « roseau » sont les éléments de déguisement d'un roi, et les soldats « jouent ». Ils revêtent Jésus d'une autre personnalité que la sienne. Dans Matthieu, les soldats lui mettent une chlamyde qui les représente, eux, et tournent en dérision leur propre désir d'être roi. Dans Marc on leur livre un homme important réduit à être roi des judéens : est-ce pour eux le pouvoir romain enfin réduit à des apparences extérieures dérisoires de déguisement ? Ils crachent sur lui : combien de fois a-t-on craché sur eux ? Ils se mettent à genoux : combien de fois ont-ils dû le faire ? Ils avilissent le pouvoir qui les a avilis.

Mise en scène et dérision libèrent et aident à exorciser le poids d'années de guerre, en mimant au retour d'Algérie la remise de décorations par le Général de Gaulle.

Jésus laisse faire, comme le serviteur d'Isaïe 42,31 « il ne brisera pas le roseau cassé ».

A cet interlude d'apparence gratuite entre condamnation et crucifixion, la cohorte et à travers elle le monde romain ont été convoqués.En 14,65, les outrages venaient des juifs.La totalité des humains de l'époque se moque de la prétention d'un homme à être prophète ou roi, dans ce récit, de l'image qu'ils ont du pouvoir à la manière de leur monde.

 

15,21-26   Simon de Cyrène

La séquence de Jésus objet aux mains des soldats acteurs (v.16 à 27) se poursuit maintenant hors du lieu romain du prétoire.

« Et ils requierent un passant, un certain Simon de Cyrène, venant d'un champ, le père d'Alexandre et de Rufus, afin qu'il lève sa croix ; et ils le portent sur le lieu Golgotha… »(v.21-22)

Quel est cet homme qui vient d'un champ ? assurément un juif par son nom Shim'on « l'écouteur » ; un autre Pierre ? Non pas un judéen, mais un juif d'Afrique, de Libye.Défini non pas comme « fils de », habituel en milieu juif, mais comme « père de »  deux fils, dont  l'un a un nom grec Alexandre, et l'autre un nom latin Rufus, probablement connus l'un et l'autre dans la communauté chrétienne de Marc. Il représente à lui seul quatre cultures, dont trois étrangères. Le « champ » est un ailleurs hors villes (Jérusalem et Rome ?), hors foule, hors disciples. Il est « requis » : le mot aggareuein ne se trouve que dans le grec du N.T. et vient du persan ; il est requis pour un corvée comme un courrier persan de relais en relais au service du roi… des judéens ici.

Pourquoi est-il écrit que les soldats « portent » Jésus ? Détail propre à Marc. Or Jésus porte leurs crachats, tout ce qu'ils ont déversé sur lui, toute leur misère. Est-ce leur misère qu'ils portent en portant Jésus, et qu'ils vont crucifier avec lui ?

Pourquoi Jésus refuse-t-il leur vin « mêlé de myrrhe » (hapax du N.T.), détail là aussi propre à Marc ? Il ne refuse pas l'éponge de vinaigre au v.36. Est-ce pour repousser toute drogue qui atténuerait la souffrance ? ou est-ce ignorer ce qui n'est pas du vin véritable ?

Marc est très concis, rapide : les soldats font leur métier, la routine habituelle. Jésus ne porte pas sa croix, ne se porte pas lui-même, est chosifié, sans autres communication avec eux que… le fait qu'ils le portent, lui qui porte leur misère.

Trois fois il est question de vêtements qu'on lui met, enlève, remet, puis qu'on partage par tirage au sort.

C'est une troisième heure.

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 lire la Bible avec J.Charles Thomas Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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IMAGE : Au large de Noirmoutier, à l'île du Pilier, des jeunes ouvrent la Bible, après une nuit dans le sémaphore.

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Jean-CharlesThomas, évêque émérite de Versailles, vendéen du bocage,   retiré au bord de la mer, animait le week-end pascal au centre spirituel de Chavagnes en Paillers. Bonne occasion pour faire connaître ou rappeller le site fort documenté qu'il a ouvert:

http://thomasjch.free.fr/plansoleilvie.html

 

 On y trouve notamment des extraits du Message  publié à Rome,  le 24 octobre 2008, à l'issue du synode des évêques sur le thème de la "Parole de Dieu"   

 (…)La parole de Dieu doit courir sur les routes du monde… la communication informatique, télévisée et virtuelle. La Bible doit entrer dans les familles afin que les parents et les enfants la lisent, qu'ils prient avec elle et qu'elle soit pour eux une lampe pour les pas sur la route de l'existence. Les Saintes Écritures doivent également entrer dans les écoles et les milieux culturels ... Leur richesse symbolique, poétique et narrative les rend un étendard de beauté, aussi bien pour la foi que pour la culture même, dans un monde souvent défiguré par la laideur et les horreurs. Mais la Bible nous offre également la respiration de la douleur qui monte de la terre, … cri des opprimés et …lamentations des malheureux. À son sommet, se trouve la croix où le Christ, …vit la tragédie de la souffrance …et de la mort. …Sur les routes du monde, marchent avec nous également les frères et sœurs des autres Églises et communautés chrétiennes … Le long des routes du monde, nous rencontrons souvent des hommes et des femmes des autres religions qui écoutent et pratiquent fidèlement les préceptes de leurs livres sacrés, et qui peuvent édifier avec nous un monde de paix et de lumière parce que Dieu veut que "tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1 Tm2, 4).

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 07-04-2009 à 06h21

 La Bible au rythme de l'hébreu Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

UNE BIBLE EN RYTHME.

A propos de la mort du  linguiste Henri Meschonnic, le 8 avril 2009,  le journal LA CROIX écrit dans son édition du 14 avril

« …C'est (encore) au nom de la poétique que ce fils de parents juifs, venus de Bessarabie jusqu'en France, s'engagea dans une nouvelle traduction de la Bible. « Là où il n'y a ni vers ni prose – ce qui est inconciliable avec nos habitudes intellectuelles, mais un primat généralisé du rythme, à mon écoute. » Un sujet à risque, reconnaissait-il, pour l'un de ses éditeurs, Benoît Chantre (en 2001, dans la revue L'Infini, chez Gallimard). « J'ai découvert, en amateur et très tardivement, et sur un plan qui n'est pas celui du religieux – sans porter aucun jugement de quelque ordre que ce soit sur le religieux –, que ce que je lisais en hébreu n'avait rien à voir avec ce que je lisais en français. » Cette Bible rythmique, prenant en compte les accents, selon la tradition massorétique juive, se proposait de « débondieuser » la traduction de l'Ancien Testament. Traduction à « rebrousse-poil », selon le philosophe Guy Petitdemange.

Cette œuvre était en cours au moment du décès d'Henri Meschonnic. L'entreprise avait commencé avec Les Cinq Rouleaux, suivis de Jona (Gallimard) pour se poursuivre chez Desclée de Brouwer avec une traduction des psaumes, Gloires. Chaque ouvrage, rappelle un autre de ses éditeurs, Marc Leboucher, donnait lieu à de scrupuleuses relectures pour respecter les blancs et les espaces dans le texte publié. En 2008, il venait de publier le livre des Nombres, Dans le désert (292 p., 22 €). L'influence de cette œuvre impressionnante s'est étendue jusqu'au théâtre. Claude Régy a mis en scène, à sa façon minimale, Comme un chant de David, d'après les psaumes traduits par Meschonnic. Henri Meschonnic fut en outre président du Centre national des lettres. » la Croix 14/04/2009

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 19-04-2009 à 13h03

 la Bible en langage des banlieues Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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On peut trouver de fort mauvais goût ou au contraire apprécier cette transposition de textes bibliques en langage argotique comme on le trouve sur :

http://www.francois-sittler.fr/pdf/Documentation/ExtraitBibleArgot.pdf

 

Qu'en pensez-vous?

LE LIVRE DES DARONS SACRES OU LA BIBLE EN ARGOT

(Extrait)

1. La création d'Adam

.... Pour le Vénéré Daron, qui de ses fourchettes éternelles avait déjà modelé la

Terre, ce fut une rigolade que de sculpter le Mironton. Il s'accroupit près d'un talus,

racla un peu de poussière, crachota dessus, y ajouta une pincée de terre glaise,

malaxa le tout en refilant encore un doigt de crachouille, roula sur son cuissot,

ajouta deux noisettes et un oignon, fila un cailloux avec du gazon dans le haut de la

statuette et la coucha sur l'herbette pour mieux y souffler la vie dans le tarin. Il

s'époumona et, se dilatant la temporale comme s'il avait voulu éteindre le moulana,

il joua un tel air de trombone dans le tarbouif au Mironton que le Mironton laissa

échapper une louise tout en lâchant un fil dont la trajectoire dorée se découpait

avec art sur l'azur du ciel……..

- « T'es chez toi. Si t'as les crochets, tu peux becter les fruits de tous les arbres pour

faire polker tes gencives ou pour humecter ta glogotte. Mais malheureux, ne porte

pas tes tabourets sur le fruit de cet arbre qui est au mitan de la plate-bande. C'est

l'arbre du Chouette et du Tarte. Si tu goûtes à son fruit, tu calencheras dans la

plombe même. »

- « Vous pouvez compter sur ma figue, mon Vénéré Daron. Surtout que vous êtes

pas vache pour l'ouvrier, de me balansquiner dans une pépinière aussi olpiche…

Mais au fait, j'allais oublier, Vénéré Daron, quel est mon blaze ? »

- « Adam ! J't'ai filé ce centre-là, bicause que c'est pas duraille à retenir. Ca restera,

j-te l'dis. Et maintenant, j'te plaque, je me ramènerai lundi, car c'est d'main

dimanche et je m'repose. Surtout que toute c'te semaine, j'ai expédié des affaires

courantes assez lourdoques à supporter qui m'ont mité le cigare et labouré les

brandillons. Salut mon petit Adam et ronfle bien ! »

2. La création d'Eve

...Et suivant l'idée qu'il avait dans le cassis, il fit chuter Adam dans la plus profonde

des ronflettes pour qu'il sente que pouic car l'opération s'avérait comme délicate et

plutôt phéno question conséquencemuches.

Alors tout doux avec une légèreté de libellule au bout des didis, le Vénéré débrida le

buffet à Adam, y harpigna une côtelette première, rebrida l'ouverture et se mit à

modeler son nouveau chef-d'oeuvre en cloquant autour de la côtelette deux

mandarines, une gerbe de blé, un chouïa de poussière, deux myosotis, un beau

melon joufflu, quelques boutons d'aubépine, un peu de cresson, une chopotte de

lancequine de la fontaine, une peau de pêche, une once de corail, un coquillage, des

radis et de la mousse.

En se frottant les battoirs, très fier, le Vénéré coucha sa réussite encore endormie

contre le lard d'Adam qui ronflait toujours, puis il se tira sur la pointe des griffes

tout en réveillant tout doucement le Premier Mironton et la Première Ménesse.

3. La rencontre d'Adam et Eve

… Et ce fut Eve qui jacta la première.

Eve – Excusez-mi, Monsieur, j'ai dû me tromper de rue. J'ai pas l'habitude de ronfler

avec des gonzes que je conoble point.

Adam – Z'êtes toute excusée, d'ailleurs vous êtes ici chez moi, c'est-à-dire chez

vous. Ainsi l'a bonni le Vénéré Daron.

Eve – D'ac. Du reste, c'est très pallas, ici, j'm'y plairai. Mais à qui ai-je l'honneur ?

Adam – Adam, pépiniériste, spécialiste en primeurs ! Et vous ?

Eve – Eve, sans profession.

Adam – Mes compliments, vous êtes bien roulée. Vous m'bottez bien.

Eve – Votre poire aussi, j'vous aurais plutôt à la chouette. J'aime beaucoup votre

piège à deux branches qui s'étale sur votre lard de poitrail. Du point de vue

décoratif, j'déteste pas non plus votre petit service trois pièces. Ca fait moderne !

Adam, flatté, se rentra le bichonnet dans le colbac, pendant qu'eve pensait :

- « Tout de même, un homme c'est bêcheur et vaniteux. J'y file des

compliments sur ses breloques, bon mais à son tour, il m'aurait même pas balancé

un vanne aimable sur la fermeté et le galbe de mon pétoulet ! Y a d'l'abus ! »

-

Eve – Dites-donc, mon p'tit homme, j'commence à avoir le gésier dans les nougats.

A quelle heure est la jaffe icigo, et quoi qu'y a pour le casse-graine ?

Adam – Tout ce que tu désires, ma môme, tu peux croquer de tous les fruits, de

toutes les salades et de tous les légumes, sauf du fruit de c'te grand parasol qui se

dresse au mitan de la pelouse. C'est l'arbre du Bath et du Blèche. Le Daron a

défendu d'y goûter si on veut pas être refroidis à la broquille même qui suivra notre

désobéissance.

Eve – Ligodu, on y touchera pas. Ca serait cave de crônir quand on est si bien logés

et défrayés du toutime………..

4. La mission de Noé

… Noé venait à peine d'atteindre ses six cent berges, c'est donc dire qu'il s'trouvait

dans toute la force de l'âge. Très bien roulé, avec une belle bouille éclairée de deux

carreaux lumineux et décorée d'un tarbouif rouquinos et assez long façon francfort

qui surplombait un superbe piège à deux branches bouclé et d'une jolie couleur

bleue-noire. Les souris d'alentour se seraient volontiers adonnées avec sa poire

aux mille divertissements du jeu de la tringlomanie, mais il restait fidèle à Mme Noé

dont il aimait les cuissots de velours et le sadinet de gazon doux. Il aurait peut-être

été un peu porté sur le cruchon, c'était là son moindre défaut. Mais il n'avait pas

encore trouvé le vrai liquide qui peut agréablement lui colorer le baigneur sans

nuire à son gésier délicat.

Noé croquait un jus de pomme avec Madame, lorsque le Vénéré Daron frappa à leur

lourde et enquilla, histoire de déguster le calva du dernier crû.

- Vous permettez, nous avons à causer affaires, que fit le Grand Latronpême à

Madame Noé qui, tout en marrronnant, rentra dans la cuistance pour faire réduire le

lèchefrite…….

- Mon cher neveu, je t'annonce officiellement que je vas carboniser jusqu'à la

dernière génération, cette race dégueulasse des hommes que j'avais créée à mon

image (pauvre bec d'ombrelle que j'étais) pour cultiver les plantes de la terre et pour

semer la graine, bectance du piaf !

- Papa, vous allez faire ça ! Ca serait vraiment trop tarte de mes deux ! fit Noé

en tenant à deux pognes son tarin que les larmes avaient ramolli……

- Esgourde mi. J'ai, à ce sujet, des instructions très précises à te refiler. Tu vas

me rappeler tes trois fistons qui grattent aux Chantiers de la Gironde, et sur tes

plans, vous allez tous les quatre me goupiller l'arche comme suit : 1° La quille et les

cheminées en chêne liège pour emmerder ce cruel démon dégueulbiffe qu'est le

Naufrage. 2° Fermetures éclairs à tous les étages pour éviter le sirop de pébroque

pendant les orages. 3° Une chiée de ponts promenades, avec sens unique, histoire

d'éviter les bagarres en cas de rencontres entre bestioles de races diverses………….

- Et bien entendu, niches à cadors en bois de canne à sucre, aquariums à truites

(car il faut prévoir la jaffe), coquetiers pour gober des mouches plumiers à paons,

couveuses pour autruches, étuis à girafes, filatures pour araignées, bref tout ce que

doit comporter un déluge-boat pour famille nombreuse….

5. Esther

- Alors, m'nocle, testigna pour vot'service.

- J'te demande pas un service pour ma poire. J'te demande un sacrifice que tu

dois à notre trêpe persécuté.

- J'vous vois v'nir avec vos grands nougats. Vous voulez m'offrir à un rombier

qui me débectera. Si ça rambine vos affaires, vous vous en cloquez que je chiale et

que je souffre. S'il faut dire :Gygo, je dirai gygo. Mais j'vous préviens, avant la noille

de mes noces, je me collerai des oursins dans le minou pour carboniser le chinois

de mon conjoint.

- Non Esther, tu es trop régule, trop chouetto pour goupiller ça. Toi seulabre, tu

peux sauver notre trêpe.

Avec le gracieux concours de mon connichon qu'elle pensa puis à son oncle elle fit :

- Bon, alors Tonton que voulez-vous faire de mes treize berges, de ma

vertumuche ? Allez-y puisque vous n'hésiterez pas à faire chialer mes beaux

chasses et à faire battre à la godille mon petit palpitant tout frais.

- Voilà, y répondit Mardochée, le roi Assuérus vient de balancer la reine vu qu'il

trouve qu'il a un peu trop plu sur sa marchandise. Il blaire pas les calendos qui

s'écroulent. Alors il veut se marida avec une jeune pigeonne qui soye choucarde de

bobêche de gironde de taille.

- J'm'en serai gourrée, il veut me fourguer à ce grasdubide ronfleur et loufeur,

qu'elle se fit à part la délicate Esther

- Donc aujourd'hui toutes les plus belles nanas du royaume des Perses doivent

s'amener au Palais où Assuérus en choisira une pour s'entifer de sec avec sa poire.

T'es convoquée aussi. Si jamais c'était sur ta pomme que son choix chuterait, tu

dois rengracier, et le toutime avec le sourire sur ta badigoince. Et jamais tu devras

bonir que t'es ma nièce et du trêpe d'Israël, car il se gourre de nib…….

Il y eut pas besoin de cinq tours de scrutin comme pour l'élection de Miss Perse.

Pourtant, c'était un bouquet de souris, toutes plus bavelles les unes que les autres,

qui s'alignaient dans le jardin du roi, mais dès qu'il gaffa Esther, il faillit s'affaler.

- C'est dans la fouille, se fit Esther.

En effet, Assuérus harpigna un diadème sur un coussin que lui tendait un

officemard et il le cloqua sur le joli citron d'Esther qui, sans que personne le repérât,

en eut des frissons jusque dans la choune pendant que les autres frangines y

allaient de leur larme vu qu'elles étaient jalminces…..

Le cassegraine en l'honneur de la reine dura douze plombes, et quand les époux

rentrèrent dans leur piaule, Assuérus était si chicore qu'il lâchait des croquets et

des louises sonores qui résonnaient sous les voûtes du Palais, mais ça débectait

même pas Esther vu que comaco, elle pensait qu'elle gagnait sur tous les chromos.

C'est d'ailleurs, lorsqu'ils furent au paddock qu'avec beaucoup de gentillesse, elle

débrida son verrou pour offrir à son patron sa charmante gripette, et malgré sa

risette et son chiqué, elle gaffait d'un chasse façon anthracite le roi qui montait à

l'assaut comme un général de hussards braguemardeurs……

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 24-04-2009 à 04h25


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  Blog créé le 08-12-2008 à 10h25 | Mis à jour le 19-09-2016 à 21h09 | Note : 5.00/10