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 LE PLUS CELEBRE NAUFRAGE Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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ACTES DES APOTRES : le plus célèbre naufrage de l'Antiquité gréco-romaine


Le naufrage de Paul et des 276 personnes est une parabole de la mort et de la vie et des risques inhérents à cette traversée de tous les dangers qu'est le parcours de chacun dans son histoire, comme celui de la communauté. Car Dieu ne nous abandonne pas au pouvoir de la mort; "Tous furent sauvés" nous dit le récit à la fin.

Un texte qui nous livre, au premier degré, des informations capitales sur l'art de naviguer au premier siècle et dont l'amiral Nelson disait qu'il avait plus appris en s'y référant que dans les écoles.
C'est aussi le thème de la traversée de nos vies, la vie partagée avec d'autres, les escales, les conséquences d'une décision prise et qu'il faut assumer : ici partir en mer alors que les risques étaient nombreux.

Voir Chantal Reynier dans : "Paul de Tarse en Méditerranée. Recherches autour de la navigation dans l'Antiquité » aux éditions du CERF, 288 p. 2006.
C'est le réalisme le plus objectif qui permet d'accéder au plus fort du symbolisme.




CHAPITRE 27 dans les « Actes des Apôtres »

27 °1 Quand il a été décidé de nous faire prendre le bateau pour l'Italie, on a remis Paul, avec un certain nombre d'autres prisonniers, à un centurion du bataillon impérial qui s'appelait Julius. °2 Nous sommes montés sur un bateau d'Adramyttium qui mettait à la voile pour les côtes d'Asie, et nous avons levé l'ancre. Il y avait avec nous Aristarque, un Macédonien qui est de Thessalonique.

°3 Le lendemain nous arrivions sur Sidon. Julius a montré beaucoup de bienveillance vis-à-vis de Paul. Il lui a permis de visiter ses amis qui ont pu lui rendre quelques services. °4 En repartant de là, nous avons fait voile sur Chypre car nous avions le vent contre nous. °5 Nous avons traversé les mers de Cilicie et de Pamphylie et nous sommes arrivés à Myre en Lycie. °6 Là le centurion a trouvé un bateau d'Alexandrie qui partait pour l'Italie et il nous y a fait monter.

°7 Durant plusieurs jours nous avons navigué très lentement, et nous avons eu du mal à arriver à Cnide ; le vent ne nous a pas permis d'entrer dans le port. Puis nous avons navigué à l'abri de la Crète, passant le cap Salmoné. °8 Nous avons eu du mal à le doubler et nous sommes arrivés à un endroit qui s'appelle Bons-Ports, près de la ville de Lasaïa.

°9 On avait pris bien du retard et la navigation devenait dangereuse : la fête du jeûne était déjà passée. Paul a insisté alors auprès d'eux, °10 il leur a dit : "Mes amis, je vois que la traversée est risquée et nous allons y perdre pas mal, non seulement le chargement du navire, mais même nos vies." °11 Mais le centurion s'est fié davantage au commandant du navire et à l'armateur qu'aux raisons de Paul ; °12 le port n'était pas indiqué pour y passer l'hiver et la plupart ont été d'avis de repartir et d'essayer d'atteindre Phénix, un port de Crète ouvert sur le sud-ouest et le nord-ouest : on y passerait l'hiver.

13 Un vent du sud a alors commencé à souffler, et ils ont pensé qu'ils allaient atteindre leur objectif ; on a levé l'ancre et nous avons longé les côtes de Crète. °14 Mais peu après l'île a été balayée par un vent d'ouragan qu'on appelle le "nord-oriental" ; °15 le bateau a été emporté, incapable de faire face au vent, si bien que nous sommes partis à la dérive.

°16 À un moment notre course nous a fait passer sous une île appelée Cauda : alors nous avons pu, non sans peine, remonter la chaloupe. °17 Après l'avoir remontée, on a passé des câbles de secours pour ceinturer le bateau. Craignant d'échouer sur les sables de la Syrte, on a jeté à la mer une ancre flottante et on s'est laissés aller à la dérive. °18 La tempête était telle que le lendemain ils ont commencé à jeter le chargement par-dessus bord. °19 Le surlendemain, c'étaient les agrès du navire qu'ils jetaient de leurs propres mains. °20 La tempête continuait avec la même violence, les jours passaient et ni le soleil ni les étoiles ne se montraient ; nous avions perdu tout espoir de nous sauver.

°21 Cela faisait déjà longtemps qu'on ne mangeait plus. Alors Paul s'est adressé à tous et il a dit : "Mes amis, il fallait m'écouter et ne pas quitter la Crète, nous aurions évité ces risques et toute cette perte. °22 Mais maintenant je vous invite à reprendre courage : sachez que le navire va se perdre, mais nous n'aurons pas de perte de vies humaines. °23 Car cette nuit un ange du Dieu à qui j'appartiens et que je sers s'est tenu à côté de moi °24 et il m'a dit : Ne crains pas, Paul, tu te présenteras au tribunal de César et Dieu t'accorde tous ceux qui voyagent avec toi. °25 Donc, compagnons, reprenez courage, je fais confiance à Dieu et les choses seront comme il m'a été dit. °26 Il faudra bien que nous arrivions sur une île."

°27 Ce devait être notre quatorzième nuit à la dérive sur l'Adriatique quand, en pleine nuit, les matelots ont eu l'impression qu'ils avaient une terre devant eux. °28 Ils ont jeté la sonde et ils ont trouvé vingt brasses. Un peu plus tard ils en ont trouvé quinze. °29 Comme ils avaient peur d'échouer sur un haut-fond, ils ont lancé quatre ancres de l'avant et on a attendu impatiemment le jour.

°30 Les matelots ont alors cherché à se sauver et ils ont mis la chaloupe à la mer sous prétexte de rallonger les câbles d'ancre à l'avant. °31 Mais Paul a dit au centurion et aux soldats : "Vous ne pourrez pas vous sauver si ces gens-là ne restent pas sur le bateau." °32 Les soldats ont donc tranché les câbles de la chaloupe et l'ont laissée tomber.

°33 En attendant qu'il fasse jour, Paul a invité tout le monde à s'alimenter. Il a dit : "Cela fait aujourd'hui quatorze jours que nous ne prenons rien, nous ne faisons qu'attendre et nous restons à jeun. °34 J'insiste pour que vous preniez de la nourriture, car il y va de votre vie : pour le reste, pas un cheveu de votre tête ne se perdra." °35 Sur ce, il a pris du pain devant tout le monde, il a rendu grâces à Dieu, il l'a partagé et il a commencé à manger. °36 Les autres ont repris courage et eux aussi ont pris de la nourriture : °37 nous étions en tout sur le bateau 276 personnes. °38 Une fois l'estomac plein, on a jeté tout le blé à la mer pour alléger le bateau.

°39 Quand il a fait jour, ils n'ont pas reconnu l'endroit, mais ils ont aperçu une baie avec une plage et ils ont décidé de faire tout pour y aborder. °40 Ils ont donc détaché les ancres et les ont abandonnées à la mer ; ils ont relâché les câbles du gouvernail et, avec une voile hissée à l'avant, ils ont laissé le vent les pousser vers le rivage. °41 Mais on a touché un haut-fond, et le bateau s'est échoué ; l'avant s'est enfoncé et n'a plus bougé pendant que l'arrière se disloquait sous la violence des vagues.

°42 À ce moment les soldats ont voulu tuer les prisonniers de peur qu'il y en ait qui s'échappent à la nage. °43 Mais le centurion voulait sauver Paul et il les en a empêchés ; il a ordonné à ceux d'entre eux qui savaient nager de se jeter les premiers et d'atteindre le rivage, °44 Les autres auraient les planches et les débris du bateau. C'est ainsi que nous sommes tous arrivés à terre sains et saufs.

Traduction de la «  Bible des Peuples » que l'on peut télécharger gratuitement sur internet.


  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 27-07-2009 à 16h20

 La mer toujours recommencée Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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Pour alimenter notre imaginaire:

 

« La mer, toujours recommencée »

 

dans la revue « Etudes » juillet-août 2004, pages 89 & sq.

 

Trois auteurs:

-Bruno Pinchard nous emmène en eau profonde

-Agnès Passot nous plonge dans la mer "en nous tissée"

-Selon Patrick Goujoun l'expérience de Dieu se lit chez Surin dans le travail des quatre éléments de la matière: l'eau, le vent, la terre et le feu

                                                    

  

1.  En eau profonde

        Un éloge des quais et des ports

 

 

BRUNO PINCHARD

 

Je ne ferai pas l'éloge des longues vagues du rivage,  ni de la régularité des rouleaux du large, mais, à la façon d'un promeneur des jetées prolongées loin en mer, des ports en eau profonde. Le quai est le seul rapport à l'eau, au large, au fond que je veux envisager ici.

Au lecteur amoureux des promenades, pieds nus, sur la grève, au marin chaussé qui sent que le plancher du pont se dérobe, j'enseignerai ceci: il existe un pas, un simple pas, qui tout à coup fait passer l'homme de la fermeté du rebord terrestre à l'enfoncement consentant des eaux plastiques, un pas qui décide de tous les mystères: un pas de plus, et tu es passé de la montagne au déluge, du promontoire à l'étendue, du dehors au dedans, et peut‑être de la vie qui surnage à l'engloutissement de la mort.

Les anciens peuples sacrifiaient à la bénédiction des seuils; ont‑ils assez songé à l'adieu des quais? Et pourtant tout départ terrestre suppose une assise tellement unifiée qu'il fait du voyage un étirement et, finalement, un prolongement plutôt qu'une séparation. Quelle différence avec le quai qui transforme le départ en un saut dans l'inconnu, redoublant les adieux dans l'horizontal par la découverte de l'horrible ressort de la profondeur vivante. S'il y a un dieu fixe du seuil, il y a une déesse mouvante des quais.

Ton pied tenait ferme sur un rebord où il était encore loisible de délibérer sur la nécessité du départ, ou même de différer son urgence relative; et voici que la décision prise ne s'empare pas de toi par la seule projection de ton corps en avant, mais impose un changement de milieu qui est bientôt un changement d'état: à l'énigme du mouvement local s'ajoute l'énigme de l'altération, à la sidération du passage s'ajoute la nécessité d'une métamorphose qui transforme tout départ en péril et la séparation en nécessité de renaître.

Pascal proclamait bien fort que nous étions embarqués. C'est vite dit. Encore faut‑il voir la barque dans l'embarquement avant de s'estimer du voyage. Car plus d'un, qui se croyait embarqué, reculera devant le mouvement régulier, et vaguement vivant, d'une proue à l'ancre. Combien se sont crus capitaines qui ne pouvaient même pas, dans l'odeur mêlée du mazout et des algues séchées, regarder les tensions alternées des aussières!

La pensée du port exige un peu plus de modestie de la part des engagés de l'existence et les appelle à considérer de près la planche mal assurée, l'échelle rouillée ou le ponton ironiquement roulant qui les sépare des révélations du large. fen connais aussi qui ne veulent rien sur la terre, pas même leur soupe, et qui ont de singulières enjambées à la seule idée de se délivrer des rôles bornés de la terre: les voici soudain danseurs sur le pont qui s'enfonce, alpinistes remontant la coque prise par la gîte, dévoreurs d'espace à la proue du navire qui veut bien porter leurs pas ailleurs.

Mais avant le large, il y a la passe et avant la passe le bassin où l'amarre retient encore le navire. Monter à bord, pourvu qu'il frémisse, ondule ou penche selon sa capacité, résume cette transition que la nature, dans ses plus grandes fractures, ne figure que d'une façon impure. Au contact de la terre, l'eau marine déferle peut‑être, mais c'est en consentant à un amenuisement servile de sa profondeur; et il faut être peu marin pour appeler mer le bourdonnement répétitif des plages. Ou voici le grand face‑à‑face, dramatique, des falaises et de la mer, où la terre, provisoirement indemne du déluge, toise une mer qui joue l'impuissance en donnant des coups qui n'étonnent que les oreilles. Et quel désastre, à leur pied, de rochers désorientés et de gravats informes qui tentent de déjouer l'assaut des lames en multipliant des éperons déjà minés ou des excavations presque complices!

  Je ne vois rien dans ces désastres insistants qui puisse être comparé

 au passage pur entre l'embarcadère et l'enchantement du navire. Il y manque toujours la rigueur géométrique qui, pour le délice de l'âme attentive, sépare deux fragments disparates de l'étendue. Il n'y a que les Icare suicidaires pour

tenter de rejouer en vain, d'un coup d'aile, du haut des promontoires, cette traversée des apparences que promet le plus modeste bastingage. Le naufrage, qui fait tout perdre des biens de la terre livrés au péril de la mer, n'est que la suite du pacte de profondeur que tout marin scelle avec la mer. Mais l'acte de pactiser lui‑même, c'est au moment de l'embarquement qu'il se décide, quand l'âme s'expose à la discontinuité qu'une marche vaillante sur la passerelle fait bien mine de combler, mais que n'atténuera aucune commune mesure entre la dernière nuit du granit et la première oscillation du flot vert taché de lumière.

Que dire maintenant des ports, où le passant est appelé à changer de nature, subissant, non sans hâte, une solution de continuité qui fera toujours douter s'il est bien le même à terre et à bord? Que dire des ports, où dans le tournoiement des mouettes et la jeunesse d'un air brassé à grande échelle, l'homme s'expose à un si grand changement au prix d'un si léger effort?

Les poètes croient nous rassurer en nous promettant que, dans le grand âge, les hommes approchent enfin du port. Ils achèvent de nous briser et la mort y ressemblera aux cimetières où, dans une vase honteuse, des carcasses achèvent de livrer à un flot rare leurs membrures sans défense. Mais puisqu'il faut mourir, que ce soit en vue du large, dans l'impatience des amarres rompues et dans le vent de la passe! Le port recueille les mourants perpétuels de la terre et, à toute heure, les fait passer à l'immortalité de l'horizon. Il donne à leurs souffrances trop réelles la consolation d'une abstraction qui est la nourriture des esprits généreux.

Ils auront cependant répandu une ombre impardonnable, ces philosophes qui ont plaidé pour qu'on bâtisse des cités idéales loin de la mer! Il n'est pas d'autre tâche, au contraire, pour les initiés des ports, que de continuer jusque dans les plis les plus intérieurs de l'Aride émergée, des rites au goût de mer, des savoirs de pont et de mâture, des credos de roulis. Le savoir s'y noue au souffle et les pensées s'installent dans l'universel. Quand Dieu reviendra dans les hauts soirs de mer et ne craindra pas, pour conduire le monde, d'user du sextant et de la sonde, il aura à ses côtés la foule des marins de l'âme, embarqués ou promeneurs méditatifs du môle, mais toujours inspirés par les lignes de fuite du large.

Avant de consentir encore un peu de temps à ce que tant de bateaux partent pendant que nous restons, reconnaissons que, face aux vieilleries de la terre, seul le port est moderne, seul le port est global, seul le port est terrestre d'une terre enfin ronde! L'heure des ports, oubliés un instant par un siècle qui s'est voué aux vues plongeantes de l'aviation, reviendra avec la conscience que tout sépare, sauf la mer ‑ à condition de placer dans sa vraie lumière cet art de partager que sanctionne le quai et qu'annonce déjà la lente descente des terres vers les jetées loin prolongées, parmi les miroitements et les nuées, dans la rade glorieuse des grands ports.

 

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                                         2.   « La mer, en nous tissée... »

 

 

AGNÈS PASSOT

 

…Mer de Baal, Mer de Mammon, Mer de tout âge et de tout nom; ô Mer d'ailleurs et de toujours; ô Mer promesse du plus long jour, et Celle qui passe toute promesse, étant promesse d'Etrangère; Mer innombrable du récit, ô Mer prolixité sans nom!

Saint‑John Perse a beau avoir chanté les vents, les mers, les oiseaux dans des versets gonflés d'une voix prophétique qui magnifie « le monde entier des choses », ses poèmes ne sont pas tout à fait des odes à la nature. On ne trouve, dans Amers ‑ et peut‑être est‑ce d'abord une déception pour l'amoureux de l'eau des mers toujours en quête de ses reflets poétiques, du vers qui dira mieux son amour maritime ‑, ni les reflets d'argent de la mer qu'on voit danser le long des golfes clairs, ni ses coquillages, ses îles parfumées, ses beaux naufrages et ses saumons fumés... Peu de bleu ou de vert, pas de douce rêverie sous la brise marine. C'est une mer dure, impassible, guerrière. C'est surtout une mer urbaine, « architecture frontalière » de villes intemporelles qui évoquent l'antiquité méditerranéenne, avec des villes hautes et des villes basses, une mer souillée d'offrandes, de vaisseaux, de l'épaisse lie des corps, convoquée par les Grands comme une des leurs, mais honorée et redoutée comme un dieu capricieux, tombeau des hommes et de leurs secrets.

« Ô Mer qui t'enfles dans nos songes comme un dénigrement sans fin et comme une vilenie sacrée, ô toi qui pèses à nos grands murs d'enfance et nos terrasses comme une tumeur obscène et comme un mal divin! »

Mer sans nom, insensée, ni signe, ni miroir, ni symbole, défi lancé au langage de l'homme, à son désir de dire « le monde entier des choses », et de s'y mirer.

Face lavée d'oubli dans l'effacement des signes, pierre affranchie pour nous de son relief et de son grain ? ‑ et de plus haut encore et de plus loin, la Mer plus haute et plus lointaine... inallusive et pure de tout chiffre; la tendre page lumineuse contre la nuit sans tain des choses? ...

Et tous, maîtres d'astre et de navigation, maîtres des nombres et comptables, tragédiennes et patriciennes, filles de prêtres, filles de lessives et de sang, amants, étrangers, comme autant de masques de nous‑mêmes tirés d'une tragédie antique, de monter tour à tour aux terrasses et de s'adresser à la mer comme à une promise qui toujours se refuse et que l'on ne peut nommer. « Mer promesse du plus long jour et Celle qui passe toute promesse... »

 

Le poème tout entier bruit des paroles fracassantes de la « mésintelligence » de l'homme face à la mer, « insomnieuse du vivant », mais l'abîme garde le silence, en attente peut‑être des mots qui l'ouvriront.

La mer, étrange, là, et qui veillait sa veille d'Etrangère ‑inconciliable, et singulière, et à jamais inappariée ‑ la Mer errante prise au piège de son aberration.

Parole d'homme face à la mer est vanité des vanités, dérisoire effort d'âmes affolées par trop de sens, alors que le sens le plus plein affleure dans le mystère. « je t'interroge, plénitude, et c'est un tel mutisme... » Invite à une lecture mystique de la mer! Aussi, qui, mieux que le « Maître du Chant », poète « bilingue, entre toutes choses bisaiguës... ‑ homme assailli du dieu! homme parlant dans l'équivoque... », pourrait « témoigner en faveur de la mer »? Mais, à rebours de nos attentes, de sa traversée en haute poésie, ce « Chanteur du plus beau chant » ne revient pas muni des lois de la mer et du sens de sa beauté comme Moïse portant les Tables de la Loi. Le visage illuminé comme lui, il vient puiser en nous l'intelligence de la mer, reine recluse encore dans le plus grand désir de l' homme, le désir du Tout Autre qui le rendrait à lui‑même.

Et de la Mer elle‑même il ne sera question, mais de son règne au coeur de l'homme

La Mer, en nous tissée, jusqu'à ses ronceraies d'abîme, la Mer, en nous, tissant ses grandes heures de lumière et ses grandes pistes de ténèbres

Et pour que paraisse dans la bouche du poète « la mer à hauteur d'homme », « institutrice de nos lois », l'homme doit gravir les hauteurs difficiles de son propre désir f Tel est le « conseil de force et de violence » que ne cesse de tenir le poète; se dépouiller de soi, de ses savoirs, de ses conquêtes (y compris celle d'un langage univoque), de ses assises. « S'en aller, s'en aller, Parole de Vivant 1 »... Retrouver avec vents et mers « la grâce d'un langage où se transmet le mouvement même de l'être ». Exigence pour notre temps, parole de salut.

« Les revendications de l'âme sur la chair sont extrêmes! Qu'elles nous tiennent en haleine! »

Guidés par la lyre de cet Orphée atlantique, nous entrerons avec lui dans les « eaux profondes du songe », eaux du désir et du plus grand amour, qui submergent les amants, plus proches que tous les autres du mystère de la mer; dans ces eaux troubles mais puissantes qui ouvrent la voie au sacré, un mot qui retrouve dans le langage poétique de Saint‑John Perse un sens primordial.

Belle leçon de poésie et de désir que donne la mer par la voix du poète... Dénigrant nos cartes, nos astrolabes, notre musée intérieur de marines romantiques, nos mots eux‑mêmes, cette grande fierté d'homme, la mer se révèle infiniment prolixe au coeur de l'homme, dont elle connaît le langage. Oh! que fut difficile l'initiation à cette poésie‑là... Saint‑John Perse en classe de 1 ère, étudié en prévision de l'oral du bac, quelle injustice et quelle terreur, alors que d'autres s'en sortaient avec des « poètes faciles » ! Et quel agacement, après les recherches infructueuses dans le dictionnaire de ce cortège de mots impossibles qui émaillent les versets, d'en rester toujours à la « mésintelligence » fustigée par le poète lui‑même! Mais plus profonde alors fut cette « recréation du coeur » qu'est le goût de la poésie, donnée comme une grâce, et pour longtemps, après ce périlleux voyage dans les mers de la poésie.

* ... Je vous  ferai pleurer, c'est trop de grâce parmi nous.

* Pleurer de grâce, non de peine, dit le Chanteur du plus beau chant;

* Et de ce pur émoi du coeur dont j'ignore la source,

* Comme de ce pur instant de mer qui précède la brise... »

 

Parlait ainsi homme de mer, tenant propos d'homme de mer.

Louant ainsi, louant l'amour et le désir de mer

Et vers la mer, de toutes parts, ce ruissellement encore des sources du plaisir.

 

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

.

3. Au secret de la mer

 

PATRICK GOUJON SJ.

 

 

Pourquoi Dieu ne viendrait‑il pas habiter notre imaginaire? S'il vient à l'homme, nulle raison de l'écarter de nos eaux troubles et profondes. C'est dans l'ombre que passe la lumière. Une fois repérés les archétypes de l'imaginaire, sommes‑nous pour autant entrés dans ce que les images nous suggèrent et nous font entendre? A exiger pour la foi un langage débarrassé de ses ambiguïtés, transparent au mystère qu'elle ne révèle plus mais transmet, ne parlons‑nous pas une langue morte qui ne suscite plus l'envie du départ? De quel sel sommes‑nous saturés?

La foi est affaire d'aventures et nul ne peut prédire où elles mènent. Le voyage se tente pour Dieu seul. « Maître, où demeures‑tu? » L'oeuvre de Jean joseph Surin, ce jésuite bordelais né en 1600, fameux pour sa folie et ses possédées, nous fera voir son voyage pour Dieu « sur la mer ».

 

La mer fut pour lui d'abord les tempêtes, les « bourrasques furieuses du désespoir » qui le précipitèrent dans le sentiment d'être damné. A trente six ans, après avoir exorcisé les Ursulines possédées de Loudun, Surin quitta la stabilité de la terre ferme jusqu'à l'âge de cinquante‑cinq ans. Traversée harassante, où il s'affronte à ses démons, à l'image d'un Dieu courroucé. Apaisé enfin par les paroles d'un de ses compagnons jésuites, il découvre une paix nouvelle. Dans son autobiographie, il écrit, après sa guérison: « Toutefois, il arrivait que de temps en temps j'étais comme les gens qui, voguant sur mer, après une longue navigation, à deux brasses de terre, sont repoussés par un vent qui leur fait perdre terre de vue, et entrent dans toutes les frayeurs des naufrages. »

 

La paix pourtant s'installe, comme si un « flot m'eût couvert et englouti ». La mer n'est plus la menace du marin, elle est son élément. « Et m'est avis que, comparant cette paix à une mer versée dans l'âme, elle est comme un océan qui a cent brasses de profondeur en ses eaux; et avec cette profondeur, l'abondance du bien se fait sentir en toute plénitude, et cet écoulement de paix venant de sa part dans le coeur ne peut finir que par une exclamation, sur l'étonnement que l'âme reçoit de la grandeur de ce bien. Et je trouve étrange que cette paix non seulement dit un calme qui n'est interrompu du souffle d'aucun vent, mais qui porte avec soi des abondances comme d'une mer qui viendrait avec majesté inonder la terre et, sans faire bruit, porterait avec soi quantité d'ambre, de corail, de perles et autres choses désirables » (lettre 356, dans la Correspondance publiée par M. de Certeau, 1966, DDB).

 

Le calme ne dit pas l'arrivée au port, l'arrêt du voyage. Surin s'étonne, après vingt ans de désespoir, de découvrir en lui‑même « la mer versée dans l'âme ». En lui, une abondance insoupçonnée. Profondeur et Majesté. Aurait‑il reçu, « avec tous les saints, la force de comprendre ce qu'est la Largeur, la Longueur, la Hauteur et la Profondeur » ? Aurait‑il connu « l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance »? (Ephésiens, 3, 18‑19) L'amour sans mesure de Dieu traverse toute notre expérience et rejoint notre rapport premier au monde.

 

L'expérience de Dieu se lit chez Surin dans le travail des quatre éléments de la matière: l'eau, le vent, la terre et le feu. D'abord l'eau, de la mer et de l'océan. Puis « le souffle d'aucun vent », et la terre inondée, dont seules demeurent sur le rivage, abandonnées mais désirées, ses reliques minérales « d'ambre, de corail et de perles ». La terre est parée pour le Roi. Le coeur s'exclame et va d'un élément dans l'autre. « Outre cette paix, confie‑t‑il toujours à Jeanne des Anges, il semble que notre Seigneur a fait passer l'âme (et ceci, je vous le dis avec spéciale confiance, comme un secret de mon coeur) comme dans un nouvel élément, d'un feu d'amour si doux et si caressant toute l'âme que je n'ai point de termes pour le pouvoir décrire. » Le feu, enfin, mêlé à l'eau. Les éléments fusionnent. « Or ces eaux s'entendaient de l'Esprit qui est aussi feu. C'est un feu, c'est un torrent d'eaux. »

 

Surin s'emporte, mais il reste avisé du jeu des images. « Le Royaume de Dieu, à quoi le comparer? » « La béatitude de cet amour est un bien si ravissant que, si Dieu ne le bornait, il semble qu'il se ferait en nous comme aux grandes marées l'océan vient visiter et inonder la terre. Encore bien est‑il que Dieu lui ait donné des bornes. Car si cette eau allait selon l'impétuosité qui la porte, il semble que l'âme serait perdue dans l'abondance ou dans l'opulence du don supernaturel de Dieu. » Dieu a dessiné les horizons: même l'Océan, Dieu le contient. Le plus ouvert n'est pas menaçant. L'oeil entraperçoit « infiniment au delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir » (Ephésiens 3, 20). Dieu se livre en se mesurant à notre âme: il la déborde à notre mesure. S'il nous emporte, c'est pour nous découvrir que nous sommes établis en Lui. Dans cet excès de Dieu, l'homme apprend qui il est.

 

« J'aurais encore bien des choses à vous dire. je me contente de vous prier de rendre de jour en jour votre âme plus forte en Dieu par l'éloignement intérieur de tout ce qui peut vous attacher à la terre... je considère tout l'état présent comme un moment ou comme une goutte d'eau abîmée dans l'océan. Tel est le cours des siècles au regard de l'éternité que nous attendons. La vraie sagesse est de ne recevoir de teinture ni d'impression que de l'éternité et des objets qu'elle nous présente, qui ont une stabilité invariable. Etablissons en esprit, dès à présent, notre demeure dans l'éternité » (lettre 204). L'éloignement ne serait que fuite si Surin n'avait pris soin d'hommes et de femmes de son temps par sa correspondance. A s'entretenir avec eux du voyage, il manifeste que le temps présent n'a valeur que pour autant que nous soyons enracinés dans l'amour.

 

Image de la jouissance, du repos, la mer abondante et profonde n'est pas pour Surin ce qui le fait partir. S'il est voyageur, ce n'est pas par goût de la mer, mais pour Dieu. « Et quoique l'abondance soit si grande que, quand l'âme entreprend de la décrire, elle se perd, néanmoins elle préfère l'exécution de la volonté de Dieu à cette jouissance, car enfin c'est en lui seul qu'elle se délecte. » Suivre le Christ qui marche sur la mer n'est pas un rêve. Faire la  volonté de Dieu, en découvrant qu'il nous tire des flots qui nous engloutissent, est un combat. Loin de perdre Surin, cet attachement à Dieu seul a libéré son désir de vivre et de chanter ce voyage:

 

"Je ne prétends avoir d'autre conquête,

 En m'exposant à la rage des flots,

 Que de pouvoir, nonobstant la tempête,

Prendre en Amour un paisible repos.

 Ce m'est tout un, que je vive ou que je meure,

Il me suffit que l'Amour me demeure

.

Allons, Amour, au plus fort de l'orage,

Que l'Océan renverse tout sur moi:

J'aime bien mieux me perdre avec courage

En te suivant, que me sauver sans toi.

Ce m'est tout un, que je vive ou que je meure,

Il me suffit que lAmour me demeure."

 

Cantiques Spirituels, V

 

 

Dieu gît au secret de la mer.

 

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  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 03-08-2009 à 14h15

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Comment ne pas faire écho à cet édito du quotidien "Ouest-France dans son édition du samedi 18 juillet 2009?

Notre avenir dépend de la mer : 

« Comment avons-nous pu oublier que notre pays est le deuxième territoire maritime mondial derrière les États-Unis ? » s'est exclamé Nicolas Sarkozy, au Havre, lors de son discours sur la politique maritime de la France.

Enfin la France, sous son aspect de puissance maritime, est prise en considération par un président de la République. Pourtant, ce n'est pas d'aujourd'hui que notre pays dispose de 11 millions de km2 de la surface de la mer et du sol qu'elle recouvre. Qu'en avons-nous fait ? Pas grand-chose jusqu'à présent. Pourtant, au moment où nous constatons l'exiguïté de notre planète et de ses terres émergées, la mer représente une immense espérance, des possibilités de développement qui pourront s'avérer considérables. Pour cela, il faut se donner de la peine, avoir l'imagination et les moyens nécessaires.

D'abord, cessons de la défigurer, c'est-à-dire de la polluer comme nous continuons à le faire. Rappelons-nous ce que des plongeurs ont constaté au fond de la Méditerranée. Dans certaines zones, c'est une véritable décharge d'ordures, de ferraille de toute nature, de monceaux de plastiques imputrescibles, etc. Cela est visible, mais, de plus, les analyses révèlent de nombreux produits chimiques plus ou moins dilués. Souvenons-nous qu'il n'y a pas si longtemps, nous immergions certains déchets nucléaires ou chimiques dans des fosses marines, par exemple au large du Cotentin.

Et combien d'armes et de munitions les armées des États y ont-elles jeté sans scrupule ? Aujourd'hui, ces pratiques sont refrénées, mais nous constatons encore combien de marées noires, de dégazages et de ruissellements qui, après avoir lessivé les terres, se jettent à profusion dans l'océan, modifiant l'écosystème. On le voit avec ces marées vertes qui envahissent nos plages. Pourtant, la mer n'est pas une poubelle. Elle est vivante. Respectons-la, elle nous le rendra. C'est tout le sens du discours du Havre : « Notre avenir dépend de la mer. »

« Bien commun de l'humanité »

Il y a urgence : « Nous sommes la dernière génération qui ait la capacité d'agir avant qu'il ne soit trop tard », a déclaré le Président. Et n'oublions pas que, d'ici à 2020, 70 % de la population mondiale vivra dans une bande de 100 km le long des rivages. Si nous ne réfléchissons pas globalement sur la protection de ces zones côtières, nous pourrions nous trouver, demain, dans une catastrophe majeure. Tout doit donc être pris en compte.

Ainsi, il faut une pêche responsable : ne pas se résigner à la disparition des pêcheurs, améliorer la gestion de la ressource et la reconstituer, former et aider les jeunes marins, reconnaître et promouvoir « les valeurs de ces hommes qui inspirent le respect ».

Avec Ifremer, il faut créer une plateforme technologique où seront concentrés les moyens de recherche publics et privés ; concevoir et construire les navires du futur plus sûrs, plus économes, renforcer l'action de l'État en mer et créer une fonction garde-côte, faire la chasse aux « voyous des mers ». Transformer la Méditerranée en mer la plus propre de la planète.

Le programme est ambitieux, mais il est nécessaire de le mettre en oeuvre. Nous devrons donc y consacrer les efforts nécessaires, y compris financiers. Car, répétons, avec le président de la République, que « notre avenir dépend de la mer en tant que ressource, qu'écosystème, que lieu d'échanges. Et l'avenir, sur notre planète, dépend aussi de l'attitude de la France » qui doit être « désormais à la hauteur de ses responsabilités et de ses opportunités de très grande puissance maritime. Les océans sont l'exemple même d'un bien commun à l'humanité ».
François Régis Hutin

  Lire les 4 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 16-08-2009 à 05h34

 LA LOI DE LA MER Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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 Le Père Yves MESNARD (1909-1987),  dominicain, dont toute la vie a été consacrée à l'apostolat maritime est le fondateur de l'Association "Cap Vrai".

http://www.capvrai.com/

Aumônier de JOC, fondateur de "Jeunesse et Marine", écrivait:
" L'homme s'épanouit-il dans ce loisir, au coeur de l'environnement merveilleux que Dieu lui offre ?"

 
Nous lui devons la chartre que voici:


LA LOI DE LA MER

La Mer est ton choix. Elle te convie, comme tous les gens de mer, à recevoir sa Loi.

On ne trompe pas la Mer. Chez elle s'imposent toujours la franchise et la loyauté.

La Mer est un lieu de courage. Tu dois toujours être disponible pour l'effort qu'elle peut soudain exiger.

La Mer est un lieu de solidarité. C'est ensemble qu'on l'affronte. La fraternité de la Mer se vit par l'entraide, le respect mutuel, la tolérance.

La Mer impose le soin. L'ordre doit régner sur le bord. Du désordre viendrait la panique.

Les gens de Mer sont tes maîtres. Leur expérience n'a pas de prix pour toi.

La Mer est un lieu de beauté. Que sa pollution te soit intolérable. Savoure l'harmonie et la splendeur toujours changeantes du Ciel et de la Mer. Tu habites le plus beau domaine.

La Mer dispose pour toi un large espace de silence. Si tu es croyant, que ta méditation affirme tes convictions et ouvre ton coeur. L'étoile de la Mer au-dessus de l'horizon t'invite à te dépasser.

Souviens-toi : la Mer est toujours la plus forte.

Yves Mesnard
Pentecôte 1983

  Lire les 7 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 21-08-2009 à 23h59

 prier & naviguer Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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PRIER & NAVIGUER

 

Prier et naviguer,  c'est ce que propose le centre spirituel de Penboc'h, au bord du Golfe du Morbihan.

 

"Pendant 5 jours, un temps pour prier et découvrir la spiritualité ignatienne.

Une prise de distance par rapport à nos habitudes pour relire ce qui nous habite, avec des temps de navigation sur le Golfe..."

21 - 27 septembre 2009

7  - 13 mars 2010

10 - 16 mai 2010

20 - 26 septembre 2010

Une partie des places de cette retraite est réservée aux jeunes (18 - 35 ans)

www.penboch.fr

 

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Voile et prière,  c'est aussi l'expérience que relate le quotidien "La Croix"  dans son édition du 24/08/09: 

 

Les 18-30 ans approfondissent leur foi au fil de l'eau

SOPHIE LEBRUN

CONCARNEAU (Finistère) De notre envoyée spéciale  Pendant cinq jours, quarante jeunes ont navigué le long des côtes bretonnes pour une retraite spirituelle alliant voile et prière

Sur le ponton du port de plaisance de Concarneau, une croix, confectionnée avec deux pagaies, et un autel, simple table de bateau recouverte d'une nappe. Devant, assis par terre, une quarantaine de jeunes de 18 à 30 ans. En cet après-midi ensoleillé, le P. Étienne Lock, d'origine camerounaise et actuellement en paroisse à Lille où il finit sa thèse de théologie, préside la messe en plein air, sous le regard étonné des plaisanciers qui rentrent au port.

Venus de toute la France, ces jeunes en polos d'équipage rouge, bleu, rose, vert et orange ont participé pendant cinq jours à une retraite « Sillages » – du nom de l'association créée en 1999 par François de Foucauld, prêtre du diocèse de Versailles et marin dans l'âme. Partis le 15 août, les cinq voiliers de la flotte ont vogué de la Trinité-sur-Mer à Concarneau, en passant par l'île de Groix et Belle-Île, pour une retraite alliant plaisir de la navigation et temps de prière.

« C'est dans la tempête que je me suis révélé et, pour faire partager ma passion de la voile, j'ai lancé ces retraites alors que j'étais séminariste », explique le P. de Foucauld. Pour lui, la mer amplifie, « comme une caisse de résonance », ce que l'on peut vivre à terre. La cohabitation en équipage, la météo à laquelle il faut se soumettre… Autant de défis que l'on doit assumer, sans pouvoir les contrôler. « On reçoit la mer, on ne la dompte pas ! » résume le jeune prêtre.

« Je découvre à bord une ambiance d'amitié et une qualité de recueillement. »

Sur chaque bateau, un accompagnateur spirituel guide les temps de réflexion des huit membres de l'équipage, alors qu'un skippeur tient la barre. Pour Anne-Gaëlle, 26 ans, notaire à Paris, c'est une formule « 2 en 1 » qui rentabilise sa seule semaine de vacances de l'été. « On vit chaque instant à fond, souligne-t-elle. Il faut être attentif aux manœuvres en entrant et en sortant d'un port, de même que pendant les discussions autour d'un texte biblique qui se continuent jusqu'à la célébration le soir, dans une chapelle de bord de mer. »

Téléphones portables étant oubliés dans les cabines, une impression d'être « coupé du monde » règne sur le pont, permettant à Bruno, 23 ans, qui a « du mal à prier dans la vie de tous les jours », de reprendre goût à la spiritualité : « Dans nos partages, je trouve des manières de pratiquer qui m'enrichissent. » Frédérique, 31 ans, avait ressenti la même chose il y a trois ans : « Ce fut comme un tremplin qui m'a relancée dans mon engagement de catholique. » Après avoir fait le point, cette ingénieur a, depuis, fait plusieurs sessions d'approfondissement intérieur et est « second » à bord. « Je souhaitais revoir les lieux où j'ai pris conscience de l'importance de ma foi. Finalement, je reviens dire merci en me mettant au service de ceux qui vivent cela pour la première fois. »

Si le cheminement est personnel, le quotidien se vit dans un esprit communautaire festif. Le soir, après la messe, les jeunes passent d'un bateau à l'autre pour partager un plat de pâtes ou un clafoutis aux pêches. Au large, ils profitent des bonnes conditions de météo pour se baigner. « Hier, des dauphins sont venus nager près des coques ! » s'exclame Marie, 21 ans, professeur des écoles. Le P. Étienne Lock, qui n'avait jamais fait de « croisière » – selon son expression ! –, avoue que, voyant la taille des voiliers, il n'était pas sûr que tous y rentreraient. « Pour moi, un bateau était forcément un grand bâtiment de fer… Mais je découvre à bord une telle ambiance d'amitié et une telle qualité de recueillement que mes appréhensions sur la vie en mer se sont envolées. »

 http://web.la-croix.com/newsletter

 

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 25-08-2009 à 07h26


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  Blog créé le 08-12-2008 à 10h25 | Mis à jour le 19-09-2016 à 21h09 | Note : 5.00/10