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Pour mieux entrer dans les textes, un document incontournable:

Interprétation de la Bible dans l’Eglise

Ce document, issu de la Commission Biblique Pontificale a été présenté au pape Jean-Paul II par le cardinal Joseph Ratzinger au cours de l’audience du vendredi 23 avril 1993, à l’occasion de la commémoration du centenaire de l’Encyclique de Léon XIII « Providentissimus Deus » et du cinquantenaire de l’Encyclique de Pie XII « Divino afflante Spiritu ».

Introduction

L’interprétation des textes bibliques continue à susciter de nos jours un vif intérêt et elle provoque d’importantes discussions. Celles-ci ont même pris ces dernières années des dimensions nouvelles. Étant donné l’importance fondamentale de la Bible pour la foi chrétienne, pour la vie de l’église et pour les rapports des chrétiens avec les fidèles des autres religions, la Commission Biblique Pontificale a été sollicitée de s’exprimer à ce sujet.

A. Problématique actuelle

Le problème de l’interprétation de la Bible n’est pas une invention moderne, comme on voudrait parfois le faire croire. La Bible elle-même atteste que son interprétation présente des difficultés. A côté de textes limpides, elle comporte des passages obscurs. En lisant certains oracles de Jérémie, Daniel s’interrogeait longuement sur leur sens (Dn 9,2). Selon les Actes des Apôtres, un Éthiopien du premier siècle se trouvait dans la même situation à propos d’un passage du livre d’Isaïe (Is 53,7-8) et reconnaissait avoir besoin d’un interprète (Ac 8,30-35). La 2e lettre de Pierre déclare « qu’aucune prophétie de l’Écriture n’est affaire d’interprétation privée » (2 P 1,20) et elle observe, d’autre part, que les lettres de l’apôtre Paul contiennent « des passages difficiles, dont les gens ignares et sans formation tordent le sens comme ils le font aussi des autres écritures, pour leur perdition » (2 P 3,16).

Le problème est donc ancien, mais il s’est accentué avec l’écoulement du temps : désormais, pour rejoindre les faits et dires dont parle la Bible, les lecteurs doivent se reporter presque vingt ou trente siècles en arrière, ce qui ne manque pas de soulever des difficultés. D’autre part, les questions d’interprétation sont devenues plus complexes dans les temps modernes, du fait des progrès accomplis par les sciences humaines. Des méthodes scientifiques ont été mises au point pour l’étude des textes de l’antiquité. Dans quelle mesure ces méthodes peuvent-elles être considérées comme appropriées à l’interprétation de l’Écriture Sainte ? À cette question, la prudence pastorale de l’Église a longtemps répondu de façon très réticente, car souvent les méthodes, malgré leurs éléments positifs, se trouvaient liées à des options opposées à la foi chrétienne. Mais une évolution positive s’est produite, marquée par toute une série de documents pontificaux, depuis l’encyclique Providentissimus de Léon XII (18 nov. 1893) jusqu’à l’encyclique Divino Afflante Spiritu de Pie XII (30 sept. 1943), et elle a été confirmée par la déclaration Sancta Mater Ecclesia (21 avr. 1964) de la Commission Biblique Pontificale et surtout par la Constitution Dogmatique Dei Verbum du Concile Vatican II (18 nov. 1965).

La fécondité de cette attitude constructive s’est manifestée d’une manière indéniable. Les études bibliques ont pris un essor remarquable dans l’Église catholique et leur valeur scientifique a été reconnue de plus en plus dans le monde des savants et parmi les fidèles. Le dialogue œcuménique en a été considérablement facilité. L’influence de la Bible sur la théologie s’est approfondie et a contribué au renouveau théologique. L’intérêt pour la Bible a augmenté parmi les catholiques et a favorisé le progrès de la vie chrétienne. Tous ceux qui ont acquis une formation sérieuse en ce domaine estiment désormais impossible de retourner à un stade d’interprétation précritique, qu’ils jugent, non sans raison, nettement insuffisant.

Mais au moment même où la méthode scientifique la plus répandue, - la méthode « historico-critique », - est pratiquée couramment en exégèse, y compris dans l’exégèse catholique, cette méthode se trouve remise en question : d’une part, dans le monde scientifique lui-même, par l’apparition d’autres méthodes et approches, et, d’autre part, par les critiques de nombreux chrétiens, qui la jugent déficiente du point de vue de la foi. Particulièrement attentive, comme son nom l’indique, à l’évolution historique des textes ou des traditions à travers le temps — ou diachronie —, la méthode historico-critique se trouve actuellement concurrencée, dans certains milieux , par des méthodes qui insistent sur une compréhension synchronique des textes, qu’il s’agisse de leur langue, de leur composition, de leur trame narrative ou de leur effort de persuasion. Par ailleurs, au souci qu’ont les méthodes diachroniques de reconstituer le passé se substitue chez beaucoup une tendance à interroger les textes en les plaçant dans des perspectives du temps présent, d’ordre philosophique, psychanalytique, sociologique, politique, etc. Ce pluralisme de méthodes et d’approches est apprécié par les uns comme un indice de richesse, mais à d’autres donne l’impression d’une grande confusion.

Réelle ou apparente, cette confusion apporte de nouveaux arguments aux adversaires de l’exégèse scientifique. Le conflit des interprétations manifeste, selon eux, qu’on ne gagne rien à soumettre les textes bibliques aux exigences des méthodes scientifiques, mais qu’au contraire, on y perd beaucoup. Ils soulignent que l’exégèse scientifique a pour résultat de provoquer la perplexité et le doute sur d’innombrables points qui, jusqu’alors, étaient admis paisiblement ; qu’elle pousse certains exégètes à prendre des positions contraires à la foi de l’Église sur des questions de grande importance, comme la conception virginale de Jésus et ses miracles, et même sa résurrection et sa divinité.

Même lorsqu’elle n’aboutit pas à de telles négations, l’exégèse scientifique se caractérise, selon eux, par sa stérilité en ce qui concerne le progrès de la vie chrétienne. Au lieu de permettre un accès plus facile et plus sûr aux sources vives de la Parole de Dieu, elle fait de la Bible un livre fermé, dont l’interprétation toujours problématique requiert des raffinements de technicité , qui en font un domaine réservé à quelques spécialistes. A ceux-ci, certains appliquent la phrase de l’Évangile : « Vous avez pris la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés et ceux qui entraient, vous les en avez empêchés » (Lc 11,52 ; cf Mt 23,13).

En conséquence, au patient labeur de l’exégèse scientifique on estime nécessaire de substituer des approches plus simples, comme telle ou telle des pratiques de lecture synchronique, que l’on considère comme suffisante, ou même, renonçant à toute étude, on préconise une lecture de la Bible dite « spirituelle », entendant par là une lecture uniquement guidée par l’inspiration personnelle subjective et destinée à nourrir cette inspiration. Certains cherchent surtout dans la Bible le Christ de leur vision personnelle et la satisfaction de leur religiosité spontanée. D’autres prétendent y trouver des réponses directes à toutes sortes de questions, personnelles ou collectives. Nombreuses sont les sectes qui proposent comme seule vraie une interprétation dont elles affirment avoir eu la révélation.

B. Le but de ce document

Il y a donc lieu de considérer sérieusement les divers aspects de la situation actuelle en matière d’interprétation biblique, d’être attentif aux critiques, aux plaintes et aux aspirations qui s’expriment à ce propos, d’apprécier les possibilités ouvertes par les nouvelles méthodes et approches et de chercher enfin à préciser l’orientation qui correspond le mieux à la mission de l’exégèse dans l’Église catholique.

Tel est le but de ce document. La Commission Biblique Pontificale désire indiquer les chemins qu’il convient de prendre pour arriver à une interprétation de la Bible qui soit aussi fidèle que possible à son caractère à la fois humain et divin. Elle ne prétend pas prendre ici position sur toutes les questions qui se posent à propos de la Bible, comme, par exemple, la théologie de l’inspiration. Ce qu’elle veut, c’est examiner les méthodes susceptibles de contribuer efficacement à mettre en valeur toutes les richesses contenues dans les textes bibliques, afin que la Parole de Dieu puisse devenir toujours davantage la nourriture spirituelle des membres de son peuple, la source, pour eux, d’une vie de foi, d’espérance et d’amour, ainsi qu’une lumière pour toute l’humanité (cf Dei Verbum, 21).

Pour atteindre ce but, le présent document :

1.     fera une brève description des diverses méthodes et approches [1] en indiquant leurs possibilités et leurs limites ;

2.     examinera quelques questions d’herméneutique ;

3.     proposera une réflexion sur les dimensions caractéristiques de l’interprétation catholique de la Bible et sur ses rapports avec les autres disciplines théologiques ;

4.     considèrera enfin la place que tient l’interprétation de la Bible dans la vie de l’Église.

1. Méthodes et approches pour l’interprétation

1.A. Méthode historico-critique

La méthode historico-critique est la méthode indispensable pour l’étude scientifique du sens des textes anciens. Puisque l’écriture Sainte, en tant que « Parole de Dieu en langage d’homme », a été composée par des auteurs humains en toutes ses parties et toutes ses sources, sa juste compréhension non seulement admet comme légitime, mais requiert l’utilisation de cette méthode.

1.A.1. Histoire de la méthode

Pour apprécier correctement cette méthode dans son état actuel, à convient de jeter un regard sur son histoire. Certains éléments de cette méthode d’interprétation sont très anciens. Ils ont été utilisés dans l’antiquité par des commentateurs grecs de la littérature classique et, plus tard, au cours de la période patristique, par des auteurs comme Origène, Jérôme et Augustin. La méthode était alors moins élaborée. Ses formes modernes sont le résultat de perfectionnements, apportés surtout depuis les humanistes de la Renaissance et leur recursus ad fontes. Alors que la critique textuelle du Nouveau Testament n’a pu se développer comme discipline scientifique qu’à partir de 1800, après qu’on se fut détaché du Textus receptus, les débuts de la critique littéraire remontent au 17e siècle, avec l’œuvre de Richard Simon, qui attira l’attention sur les doublets, les divergences dans le contenu et les différences de style observables dans le Pentateuque, constatations difficilement conciliables avec l’attribution de tout le texte à un auteur unique, Moïse. Au 18e siècle, Jean Astruc se contenta encore de donner comme explication que Moïse s’était servi de plusieurs sources (surtout de deux sources principales) pour composer le Livre de la Genèse, mais, par la suite, la critique contesta de plus en plus résolument l’attribution à Moïse même de la composition du Pentateuque. La critique littéraire s’identifia longtemps avec un effort pour discerner dans les textes diverses sources. C’est ainsi que se développa, au 19e siècle, l’hypothèse des « documents » qui cherche à rendre compte de la rédaction du Pentateuque. Quatre documents, en partie parallèles entre eux, mais provenant d’époques différentes, auraient été fusionnés : le yahviste (J), l’élohiste (E), le deutéronomiste (D) et le sacerdotal (P : document des Prêtres) ; c’est de ce dernier que le rédacteur final se serait servi pour structurer l’ensemble. De manière analogue, pour expliquer à la fois les convergences et les divergences constatées entre les trois évangiles synoptiques, on eut recours à l’hypothèse des « deux sources » selon laquelle les évangiles de Matthieu et de Luc auraient été composés à partir de deux sources principales : l’évangile de Marc, d’une part, et, d’autre part, un recueil de paroles de Jésus (nommé Q, de l’allemand « Quelle », « source »). Pour l’essentiel, ces deux hypothèses ont encore cours actuellement dans l’exégèse scientifique, mais elles y font l’objet de contestations.

Dans le désir d’établir la chronologie des textes bibliques, ce genre de critique littéraire se limitait à un travail de découpage et de décomposition pour distinguer les diverses sources et n’accordait pas une attention suffisante à la structure finale du texte biblique et au message qu’il exprime dans son état actuel (on montrait peu d’estime pour l’œuvre des rédacteurs). De ce fait, l’exégèse historico-critique pouvait apparaître comme dissolvante et destructrice, d’autant plus que certains exégètes, sous l’influence de l’histoire comparée des religions, telle qu’elle se pratiquait alors, ou en partant de conceptions philosophiques, émettaient contre la Bible des jugements négatifs.

Hermann Gunkel fit sortir la méthode du ghetto de la critique littéraire comprise de cette façon. Bien qu’il continuât à considérer les livres du Pentateuque comme des compilations, il appliqua son attention à la texture particulière des différents morceaux. Il chercha à définir le genre de chacun (par ex. « légende » ou « hymne ») et leur milieu d’origine ou « Sitz im Leben » (par ex. situation juridique, liturgie, etc.). A cette recherche des genres littéraires s’apparente l’étude critique des formes (« Formgeschichte ») inaugurée dans l’exégèse des synoptiques par Martin Dibelius et Rudolf Bultmann. Ce dernier mêla aux études de « Formgeschichte » une herméneutique biblique inspirée de la philosophie existentialiste de Martin Heidegger. Il s’ensuivit que la Formgeschichte a souvent suscité de sérieuses réserves. Mais cette méthode, en elle-même, a eu comme résultat de manifester plus clairement que la tradition néotestamentaire a eu son origine et a pris sa forme dans la communauté chrétienne, ou Église primitive, passant de la prédication de jésus lui-même à la prédication qui proclame que Jésus est le Christ. À la « Formgeschichte » s’est ajoutée la « Redaktionsgeschichte », « étude critique de la rédaction ». Celle-ci cherche à mettre en lumière la contribution personnelle de chaque évangéliste et les orientations théologiques qui ont guidé son travail de rédaction. Avec l’utilisation de cette dernière méthode la série des différentes étapes de la méthode historico-critique est devenue plus complète : de la critique textuelle on passe à une critique littéraire qui décompose (recherche des sources), puis à une étude critique des formes, enfin à une analyse de la rédaction, qui est attentive au texte dans sa composition. C’est ainsi qu’est devenue possible une compréhension plus nette de l’intention des auteurs et rédacteurs de la Bible, ainsi que du message qu’ils ont adressé aux premiers destinataires. La méthode historico-critique a acquis par là une importance de premier plan.

1.A.2. Principes

Les principes fondamentaux de la méthode historico-critique dans sa forme classique sont les suivants :

C’est une méthode historique, non seulement parce qu’elle s’applique à des textes anciens, — en l’occurrence ceux de la Bible, — et en étudie la portée historique, mais aussi et surtout parce qu’elle cherche à élucider les processus historiques de production des textes bibliques, processus diachroniques parfois compliqués et de longue durée. Aux différentes étapes de leur production, les textes de la Bible s’adressent à diverses catégories d’auditeurs ou de lecteurs, qui se trouvaient en des situations spatio-temporelles différentes.

C’est une méthode critique, parce qu’elle opère à l’aide de critères scientifiques aussi objectifs que possible en chacune de ses démarches (de la critique textuelle à l’étude critique de la rédaction), de façon à rendre accessible au lecteur moderne le sens des textes bibliques, souvent difficile à saisir.

Méthode analytique, elle étudie le texte biblique de la même façon que tout autre texte de l’antiquité et le commente en tant que langage humain. Cependant, elle permet à l’exégète, surtout dans l’étude critique de la rédaction des textes, de mieux saisir le contenu de la révélation divine.

1.A.3. Description

Au stade actuel de son développement, la méthode historico-critique parcourt les étapes suivantes :

La critique textuelle, pratiquée depuis plus longtemps, ouvre la série des opérations scientifiques. Se basant sur le témoignage des manuscrits les plus anciens et les meilleurs, ainsi que sur ceux des papyrus, des traductions anciennes et de la patristique, elle cherche, selon des règles déterminées, à établir un texte biblique qui soit aussi proche que possible du texte original.

Le texte est ensuite soumis à une analyse linguistique (morphologie et syntaxe) et sémantique, qui utilise les connaissances obtenues grâce aux études de philologie historique. La critique littéraire s’efforce alors de discerner le début et la fin des unités textuelles, grandes et petites, et de vérifier la cohérence interne des textes.

L’existence de doublets, de divergences inconciliables et d’autres indices manifeste le caractère composite de certains textes, qu’on divise alors en petites unités, dont on étudie l’appartenance possible à diverses sources. La critique des genres cherche à déterminer les genres littéraires, leur milieu d’origine, leurs traits spécifiques et leur évolution. La critique des traditions situe les textes dans les courants de tradition, dont elle cherche à préciser l’évolution au cours de l’histoire. Enfin, la critique de la rédaction étudie les modifications que les textes ont subies avant d’être fixés dans leur état final ; elle analyse cet état final, en s’efforçant de discerner les orientations qui lui sont propres. Alors que les étapes précédentes ont cherché à expliquer le texte par sa genèse, dans une perspective diachronique, cette dernière étape se termine par une étude synchronique : on y explique le texte en lui-même, grâce aux relations mutuelles de ses divers éléments et en le considérant sous son aspect de message communiqué par l’auteur à ses contemporains. La fonction pragmatique du texte peut alors être prise en considération.

Lorsque les textes étudiés appartiennent à un genre littéraire historique ou sont en rapport avec des évènements de l’histoire, la critique historique complète la critique littéraire, pour préciser leur portée historique, au sens moderne de l’expression.

C’est de cette façon que sont mises en lumière les différentes étapes du déroulement concret de la révélation biblique.

1.A.4. Évaluation

Quelle valeur accorder à la méthode historico-critique, en particulier au stade actuel de son évolution ?

C’est une méthode qui, utilisée de façon objective, n’implique de soi aucun a priori. Si son usage s’accompagne de tels a priori, cela n’est pas dû à la méthode elle-même, mais à des options herméneutiques qui orientent l’interprétation et peuvent être tendancieuses.

Orientée, à ses débuts, dans le sens de la critique des sources et de l’histoire des religions, la méthode a eu comme résultat d’ouvrir un nouvel accès à la Bible, en montrant qu’elle est une collection d’écrits qui, le plus souvent, surtout pour l’Ancien Testament, ne sont pas la création d’un auteur unique, mais ont eu une longue préhistoire, inextricablement fiée à l’histoire d’Israël ou à celle de l’Église primitive. Auparavant, l’interprétation juive ou chrétienne de la Bible n’avait pas une conscience claire des conditions historiques concrètes et diverses dans lesquelles la Parole de Dieu s’est enracinée. Elle en avait une connaissance globale et lointaine. La confrontation de l’exégèse traditionnelle avec une approche scientifique qui, dans ses débuts, faisait consciemment abstraction de la foi et parfois même s’y opposait, fut assurément douloureuse ; elle se révéla cependant, par après, salutaire : une fois que la méthode eut été libérée des préjugés extrinsèques, elle conduisit à une compréhension plus exacte de la vérité de l’écriture Sainte (cf. Dei Verbum, 12). Selon Divino Afflante Spiritu, la recherche du sens littéral de l’Écriture est une tâche essentielle de l’exégèse et, pour remplir cette tâche, il est nécessaire de déterminer le genre littéraire des textes (cf Ench. Bibl. 560), ce qui s’effectue à l’aide de la méthode historico-critique.

Assurément, l’usage classique de la méthode historico-critique manifeste des limites, car il se restreint à la recherche du sens du texte biblique dans les circonstances historiques de sa production et ne s’intéresse pas aux autres potentialités de sens qui se sont manifestées au cours des époques postérieures de la révélation biblique et de l’histoire de l’église. Toutefois, cette méthode a contribué à la production d’ouvrages d’exégèse et de théologie biblique de grande valeur.

On a renoncé depuis longtemps à un amalgame de la méthode avec un système philosophique. Récemment, une tendance exégétique a infléchi la méthode dans le sens d’une insistance prédominante sur la forme du texte avec moindre attention à son contenu, mais cette tendance a été corrigée grâce à l’apport d’une sémantique différenciée (sémantique des mots, des phrases, du texte) et à l’étude de l’aspect pragmatique des textes.

Au sujet de l’inclusion, dans la méthode, d’une analyse synchronique des textes, on doit reconnaître qu’il s’agit d’une opération légitime, car c’est le texte dans son état final, et non pas une rédaction antérieure, qui est expression de la Parole de Dieu. Mais l’étude diachronique demeure indispensable pour faire saisir le dynamisme historique qui anime l’écriture Sainte et pour manifester sa riche complexité : par exemple, le code de l’Alliance (Ex 21-23) reflète un état politique, social et religieux de la société israélite différent de celui que reflètent les autres législations conservées dans le Deutéronome (Dt 12-26) et le Lévitique (code de sainteté, Lv 17-26). A la tendance historicisante qu’on a pu reprocher à l’ancienne exégèse historico-critique, il ne faudrait pas que succède l’excès inverse, celui d’un oubli de l’histoire, de la part d’une exégèse exclusivement synchronique.

En définitive, le but de la méthode historico-critique est de mettre en lumière, de façon surtout diachronique, le sens exprimé par les auteurs et rédacteurs. Avec l’aide d’autres méthodes et approches, elle ouvre au lecteur moderne l’accès à la signification du texte de la Bible, tel que nous l’avons.

1.B. Nouvelles méthodes d’analyse littéraire

Aucune méthode scientifique pour l’étude de la Bible n’est en mesure de correspondre à toute la richesse des textes bibliques. Quelle que soit sa validité, la méthode historico-critique ne peut prétendre suffire à tout. Elle laisse forcément dans l’ombre de nombreux aspects des écrits qu’elle étudie. On ne s’étonnera donc pas de constater qu’actuellement, d’autres méthodes et approches sont proposées, pour approfondir tel ou tel aspect digne d’attention.

Dans ce paragraphe B, nous présenterons quelques méthodes d’analyse littéraire qui se sont développées récemment. Dans les paragraphes suivants (C, D, E), nous examinerons brièvement diverses approches, dont les unes sont en rapport avec l’étude de la tradition, d’autres, avec des « sciences humaines », d’autres encore avec des situations contemporaines particulières. Nous considèrerons enfin (F) la lecture fondamentaliste de la Bible, qui refuse tout effort méthodique d’interprétation.

Mettant à profit les progrès réalisés à notre époque par les études linguistiques et littéraires, l’exégèse biblique en plus des méthodes nouvelles d’analyse littéraire utilise de plus en particulier l’analyse rhétorique, l’analyse narrative et l’analyse sémiotique.

1.B.1. Analyse rhétorique

A vrai dire, l’analyse rhétorique n’est pas en elle-même une méthode nouvelle. Ce qui est nouveau, c’est, d’une part, son utilisation systématique pour l’interprétation de la Bible et, d’autre part, la naissance et le développement d’une « nouvelle rhétorique ».

La rhétorique est l’art de composer des discours persuasifs. Du fait que tous les textes bibliques sont à quelque degré des textes persuasifs, une certaine connaissance de la rhétorique fait partie de l’équipement normal des exégètes. L’analyse rhétorique doit être menée de façon critique, car l’exégèse scientifique est une entreprise qui se soumet nécessairement aux exigences de l’esprit critique.

Beaucoup d’études bibliques récentes ont accordé grande attention à la présence de la rhétorique dans l’écriture. On peut distinguer trois approches différentes. La première se base sur la rhétorique classique gréco-latine ; la deuxième est attentive aux procédés sémitiques de composition ; la troisième s’inspire des recherches modernes qu’on appelle « nouvelle rhétorique ».

Toute situation de discours comporte la présence de trois éléments : l’orateur (ou l’auteur), le discours (ou le texte) et l’auditoire (ou les destinataires). La rhétorique classique distingue, en conséquence, trois facteurs de persuasion qui contribuent à la qualité d’un discours : l’autorité de l’orateur, l’argumentation du discours et les émotions qu’il suscite dans l’auditoire. La diversité des situations et des auditoires influe grandement sur la façon de parler. La rhétorique classique, depuis Aristote, admet la distinction de trois genres d’éloquence : le genre judiciaire (devant les tribunaux), le délibératif (dans les assemblées politiques), le démonstratif (dans les célébrations).

Constatant l’énorme influence de la rhétorique dans la culture hellénistique, un nombre croissant d’exégètes utilise les traités de rhétorique classique pour mieux analyser certains aspects des écrits bibliques, surtout de ceux du Nouveau Testament.

D’autres exégètes concentrent leur attention sur les traits spécifiques de la tradition littéraire biblique. Enracinée dans la culture sémitique, celle-ci manifeste un goût prononcé pour les compositions symétriques, grâce auxquelles des rapports sont établis entre les divers éléments du texte. L’étude des multiples formes de parallélisme et d’autres procédés sémitiques de composition doit permettre de mieux discerner la structure littéraire des textes et d’aboutir ainsi à une meilleure compréhension de leur message.

Prenant un point de vue plus général, la « nouvelle rhétorique » veut être autre chose qu’un inventaire des figures de style, des artifices oratoires et des espèces de discours. Elle recherche pourquoi tel usage spécifique du langage est efficace et arrive à communiquer une conviction. Elle se veut « réaliste », refusant de se limiter à la simple analyse formelle. Elle donne à la situation du débat l’attention qui lui est due. Elle étudie le style et la composition en tant que moyens d’exercer une action sur l’auditoire. À cette fin, elle met à profit les apports récents de disciplines comme la linguistique, la sémiotique, l’anthropologie et la sociologie.

Appliquée à la Bible la « nouvelle rhétorique » veut pénétrer au cœur du langage de la révélation en tant que langage religieux persuasif et mesurer son impact dans le contexte social de la communication.

Parce qu’elles apportent un enrichissement à l’étude critique des textes, les analyses rhétoriques méritent beaucoup d’estime, surtout dans leurs approfondissements récents. Elle réparent une négligence qui a duré longtemps et font découvrir ou mettent en meilleure lumière des perspectives originales.

La « nouvelle rhétorique » a raison d’attirer l’attention sur la capacité persuasive et convaincante du langage. La Bible n’est pas simplement énonciation de vérités. C’est un message doté d’une fonction de communication dans un certain contexte, un message qui comporte un dynamisme d’argumentation et une stratégie rhétorique.

Les analyses rhétoriques ont cependant leurs limites. Lorsqu’elles se contentent d’être descriptives leurs résultats n’ont souvent qu’un intérêt stylistique. Fondamentalement synchroniques, elles ne peuvent prétendre constituer une méthode indépendante qui se suffirait à elle-même. Leur application aux textes bibliques soulève plus d’une question : les auteurs de ces textes appartenaient-ils aux milieux les plus cultivés ? Jusqu’à quel point ont-ils suivi les règles de la rhétorique pour composer leurs écrits ? Quelle rhétorique est plus pertinente pour l’analyse de tel écrit déterminé : la gréco-latine ou la sémitique ? Ne risque-t-on pas d’attribuer à certains textes bibliques une structure rhétorique trop élaborée ? Ces questions — et d’autres — pas ne doivent pas dissuader d’employer ce genre d’analyse ; elles invitent seulement à ne pas y recourir sans discernement.

1.B.2. Analyse narrative

L’exégèse narrative propose une méthode de compréhension et de communication du message biblique forme de récit et de témoignages, modalité fondamentale de la communication entre personnes humaines, caractéristique aussi de l’Écriture Sainte. L’Ancien Testament, en effet, présente une histoire du salut dont le récit efficace devient substance de la profession de foi, de la liturgie et de la catéchèse (cf. Ps 78,3-4 ; Ex 12,24-27 ; Dt 6,20-25 ;26,5-10). De son côté, la proclamation du kérygme chrétien comprend la séquence narrative de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, évènements dont les évangiles nous offrent le récit détaillé. La catéchèse se présente, elle aussi, sous forme narrative (cf. 1 Co 11,23-25).

Au sujet de l’approche narrative, il convient de distinguer méthodes d’analyse et réflexion théologique.

De nombreuses méthodes d’analyse sont actuellement proposées. Certaines partent de l’étude des modèles narratifs anciens. D’autres se basent sur telle ou telle « narratologie » actuelle, qui peut avoir des points communs avec la sémiotique. Particulièrement attentive aux éléments du texte qui concernent l’intrigue, les personnages et le point de vue pris par le narrateur, l’analyse narrative étudie la façon dont une histoire est racontée de manière à engager le lecteur dans « le monde du récit » et son système de valeurs.

Plusieurs méthodes introduisent une distinction entre « auteur réel » et « auteur implicite » , « lecteur réel » et « lecteur implicite ». L’« auteur réel » est la personne qui a composé le récit. Par « auteur implicite » on désigne l’image d’auteur que le texte engendre progressivement au cours de la lecture (avec sa culture, son tempérament, ses tendances, sa foi, etc.). On appelle « lecteur réel » toute personne qui a accès au texte, depuis les premiers destinataires qui l’ont lu ou entendu lire jusqu’aux lecteurs ou auditeurs d’aujourd’hui. Par « lecteur implicite » on entend celui que le texte présuppose et produit, celui qui est capable d’effectuer les opérations mentales et affectives requises pour entrer dans le monde du récit et y répondre de la façon visée par l’auteur réel à travers l’auteur implicite.

Un texte continue à exercer son influence dans la mesure où les lecteurs réels (par exemple, nous-mêmes à la fin du XXe siècle) peuvent s’identifier au lecteur implicite. Une des tâches majeures de l’exégèse est de faciliter cette identification.

A l’analyse narrative se rattache une façon nouvelle d’apprécier la portée des textes. Alors que la méthode historico-critique considère plutôt le texte comme une « fenêtre », qui permet de se livrer à des observations sur telle ou telle époque (non seulement sur les faits racontés, mais aussi sur la situation de la communauté pour laquelle ils ont été racontés), on souligne que le texte fonctionne également comme un « miroir », en ce sens qu’il met en place une certaine image de monde — le « monde du récit », — qui exerce son influence sur les façons de voir du lecteur et porte celui-ci à adopter certaines valeurs plutôt que d’autres.

À ce genre d’étude, typiquement littéraire, la réflexion théologique s’est associée, en considérant les conséquences que comporte, pour l’adhésion de foi, la nature du récit — et donc de témoignage — de l’Écriture Sainte et en déduisant de là une herméneutique de type pratique et pastoral. On réagit de cette manière contre la réduction du texte inspiré à une série de thèses théologiques, formulées souvent selon des catégories et un langage non-scripturaires. On demande à l’exégèse narrative de réhabiliter, en des contextes historiques nouveaux, les modes de communication et de signification propres au récit biblique, afin de mieux ouvrir la voie à son efficacité pour le salut. On insiste sur la nécessité de « raconter le salut » (aspect « informatif » du récit) et de « raconter en vue du salut » (aspect « performatif »). Le récit biblique, en effet, contient, — explicitement ou implicitement selon les cas —, un appel existentiel adressé au lecteur.

Pour l’exégèse de la Bible, l’analyse narrative présente une utilité évidente car elle correspond à la nature narrative d’un très grand nombre de textes bibliques. Elle peut contribuer à faciliter le passage, souvent malaisé, entre le sens du texte dans son contexte historique, — tel que la méthode historico-critique cherche à le définir, — et la portée du texte pour le lecteur d’aujourd’hui. En contrepartie, la distinction entre « auteur réel » et « auteur implicite » augmente la complexité des problèmes d’interprétation.

En s’appliquant aux textes de la Bible, l’analyse narrative ne peut se contenter de plaquer sur ceux-ci des modèles préétablis. Elle doit bien plutôt s’efforcer de correspondre à leur spécificité. Son approche synchronique des textes demande à être complétée par des études diachroniques. Elle doit, d’autre part, se garder d’une possible tendance à exclure toute élaboration doctrinale des données que contiennent les récits de la Bible. Elle se trouverait alors en désaccord avec la tradition biblique elle-même, qui pratique ce genre d’élaboration, et avec la tradition ecclésiale, qui a continué dans cette voie. Il convient enfin de noter qu’on ne peut pas considérer l’efficacité existentielle subjective de la Parole de Dieu transmise narrativement comme un critère suffisant de la vérité de sa compréhension.

1.B.3. Analyse sémiotique

Parmi les méthodes dites synchroniques, c’est-à-dire qui se concentrent sur l’étude du texte biblique tel qu’il se donne à lire dans son état final, se place l’analyse sémiotique, qui, depuis une vingtaine d’années, s’est grandement développée dans certains milieux. D’abord appelée du terme général de « structuralisme », cette méthode peut réclamer comme ancêtre le linguiste suisse Ferdinand de Saussure qui, au début de ce siècle, a élaboré la théorie selon laquelle toute langue est un système de relations qui obéit à des règles déterminées. Plusieurs linguistes et littéraires ont eu une influence marquante dans l’évolution de la méthode. La plupart des biblistes qui utilisent la sémiotique pour l’étude de la Bible se réclament de Algirdas J. Greimas et de l’École de Paris dont il est le fondateur. Des approches ou méthodes analogues, fondées sur la linguistique moderne, se développent ailleurs. C’est la méthode de Greimas que nous allons présenter et analyser brièvement.

La sémiotique repose sur trois principes ou présupposés principaux :

*       Principe d’immanence : chaque texte forme un tout de signification ; l’analyse considère tout le texte, mais seulement le texte ; elle ne fait pas appel à des données « extérieures » , tels que l’auteur, les destinataires, les évènements racontés, l’histoire de la rédaction.

*       Principe de structure du sens : il n’y a de sens que par et dans la relation, spécialement la relation de différence ; l’analyse d’un texte consiste donc à établir le réseau de relations (d’opposition, d’homologation… ) entre les éléments, à partir duquel le sens du texte se construit.

*       Principe de la grammaire du texte : chaque texte respecte une grammaire, c’est-à-dire un certain nombre de règles ou structures ; dans un ensemble de phrases appelé discours, il y a différents niveaux ayant chacun leur grammaire.

Le contenu global d’un texte peut être analysé sur trois niveaux différents :

*       Le niveau narratif : On étudie, dans le récit, les transformations qui font passer de l’état initial à l’état terminal. A l’intérieur d’un parcours narratif, l’analyse cherche à retracer les diverses phases, logiquement fiées entre elles, qui marquent la transformation d’un état en un autre. Dans chacune de ces phases, on précise les rapports entre les « rôles » remplis par des « actants » qui déterminent les états et produisent les transformations.

*       Le niveau discursif : L’analyse consiste en trois opérations : (a) le repérage et le classement des figures, c’est-à-dire des éléments de signification d’un texte (acteurs, temps et lieux) ; (b) l’établissement des parcours de chaque figure dans un texte pour déterminer la manière dont ce texte l’utilise (c) la recherche des valeurs thématiques des figures. Cette dernière opération consiste à cerner « au nom de quoi » (= valeur) les figures suivent, dans ce texte déterminé, tel parcours.

*       Le niveau logico-sémantique : C’est le niveau dit profond. Il est aussi le plus abstrait. Il procède du postulat que des formes logiques et signifiantes sont sous-jacentes aux organisations narratives et discursives de tout discours. L’analyse à ce niveau consiste à préciser la logique qui gère les articulations fondamentales des parcours narratifs et figuratifs d’un texte. Pour ce faire, un instrument est souvent employé, appelé le « carré sémiotique », figure utilisant les rapports entre deux termes « contraires » et deux termes « contradictoires » (par ex. blanc et noir ; blanc et non-blanc, noir et non-noir).

Les théoriciens de la méthode sémiotique ne cessent d’y apporter des développements nouveaux. Les recherches présentes portent notamment sur l’énonciation et sur l’intertextualité. Appliquée d’abord aux textes narratifs de l’écriture, qui s’y prêtent plus facilement, la méthode est de plus en plus utilisée pour d’autres types de discours bibliques.

La description donnée de la sémiotique et surtout l’énoncé de ses présupposés laissent déjà percevoir les apports et les limites de cette méthode. En rendant plus attentif au fait que chaque texte biblique est un tout cohérent, qui obéit à des mécanismes linguistiques précis, la sémiotique contribue à notre compréhension de la Bible, Parole de Dieu exprimée en langage humain.

La sémiotique ne peut être utilisée pour l’étude de la Bible que si on sépare cette méthode d’analyse de certains présupposés développés dans la philosophie structuraliste, c’est-à-dire la négation des sujets et de la référence extra-textuelle. La Bible est une Parole sur le réel, que Dieu a prononcée dans une histoire, et qu’il nous adresse aujourd’hui par l’intermédiaire d’auteurs humains. L’approche sémiotique doit être ouverte à l’histoire : celle des acteurs des textes d’abord ; celle de leurs auteur et de leurs lecteurs ensuite. Le risque est grand, chez les utilisateurs de l’analyse sémiotique, d’en rester à une étude formelle du contenu et de ne pas dégager le message des textes.

Si elle ne se perd pas dans les arcanes d’un langage compliqué et est enseignée en termes simples dans ses éléments principaux, l’analyse sémiotique peut donner aux chrétiens le goût d’étudier le texte biblique et de découvrir certaines de ses dimensions de sens sans posséder toutes les connaissances historiques se rapportant à la production du texte et à son monde socioculturel. Elle peut ainsi s’avérer utile dans la pastorale elle-même, pour une certaine appropriation de l’Écriture en des milieux non-spécialisés.

1.C. Approches basées sur la Tradition

Bien qu’elles se différencient de la méthode historico-critique par une plus grande attention à l’unité interne des textes étudiés, les méthodes littéraires que nous venons de présenter demeurent insuffisantes Pour l’interprétation de la Bible, car elles considèrent chaque écrit isolément. Or la Bible ne se présente pas comme un assemblage de textes dépourvus de relations entre eux, mais comme un ensemble de témoignages d’une même grande Tradition. Pour correspondre pleinement à l’objet de son étude, l’exégèse biblique doit tenir compte de ce fait. Telle est la perspective adoptée par plusieurs approches qui développent actuellement.

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 Fan de Bible Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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Nous sommes heureux d'attirer l'attention  de nos lecteurs sur ce message de http://www.croire.com/" :

 

Fan de Bible
Mercredi 23 septembre 2009

 

 

Bonjour,
La Bible est le livre le plus édité au monde et pourtant chaque année de nombreuses publications parlent de la Bible comme d'une nouveauté ! A croire.com les vidéos de la
bibliste Marie-Noëlle Thabut ( cliquer pour voir) sont aussi les plus plébiscitées. Vous ête-vous déjà demandé pourquoi la Bible avait un tel impact ? N'est -ce pas simplement parce qu'elle raconte l'histoire des hommes avec leurs qualités et leurs défauts? Miroir de nos doutes, errements, joies et espérances, la Bible nous appelle à dialoguer avec ce que nous avons de plus intime... Mais sommes-nous prêts à laisser travailler en nous la Parole de Dieu ? Beaucoup désirent se lancer mais ne savent pas comment faire. Pour nous guider, le témoignage du franciscain Michel Hubaut, (cliquer pour lire) qui "rumine" la Bible depuis plus de 40 ans !

Evelyne Montigny, rédactrice à croire.com

Je me lance !

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 Bible & Mer avec la Mission de France Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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Lire la Bible face à la mer :

 

Dans le quotidien « LaCroix »  31/08/2009, par Sophie Lebrun

 

Session Bible et Mer avec  la « Mission de France »

 

Sur les tables  de la salle de classe de la maison rurale d'Arradon dans le Morbihan, une Bible est posée devant chacune des 30 personnes présentes. Parfois ce sont deux ou trois traductions différentes qui s'empilent. Les participants à la session « Bible et Mer de la Mission de France, organisée par Philippe et Brigitte Monnot, vont  « cortiquer »  des textes bibliques tout en profitant des côtes bretonnes pendant 5 jours.

« Cette formule vise ceux qui ne veulent pas d'une retraite intense en 4 murs »  explique Philippe Monnot.  Si les discussions n'ont lieu que le matin, les passages choisis autour du thème : « Hommes et femmes dans la Bible »  interpellent à première vue et même « dérangent pour mieux faire effet tout au long de la journée ». «  nous nous basons sur l'hyupothèse que les textes bibliques ne sont pas là pour nous délivrer un message mais servent à nous travailler, à nous transformer en profondeur »  précise t il.  Dans les petits groupes de 6 participants, un accompagnateur aide à : «  faire accoucher les autres de se qui se passe dans la lecture », indique Pierre Chamand-Bois, qui collabore au projet depuis sa création, il y a trois ans.  Bérengère s'est laissé entraîner par son mari. Habitués eux à se pencher sur des écrits agnostiques, la Grenobloise, âgée de 65 ans, avoue n'avoir jamais vraiment « lu la Bible » :  je découvre un texte qui me touche, et cette manière de l'appréhender, en le dissécant, me stimule. .»  C'est ce qui a poussé Thérèse, 51 ans, a revenir, après une première expérience, l'an dernier. Aux yeux de cette Rennaise, « les apports des sciences sociales et de la psychanalyse ne sont pas laissés à la porte, mais sont autant de pistes  qui nous permettent de ne pas être coupés de la réalité. »  Jean-François, parisien de 64 ans, ressentait le besoin de faire une retraite spirituelle depuis quelques années. « j'ai été surpris parce que cela faisait longtemps que je n'avais pas ouvert la Bible, » confie- t il. j'ai l'impression de saisir des aspects que je n'aurais pas décelé autrement. »

Pour la première fois,  le P. Dominique Fontaine, vicaire général de la Mission de France s'est mélé aux participants.

« L'ambiance récréative s'est fait ressentir du matin au soir,  raconte t il  je vis d'ailleurs cette session comme une mise en jambe avant la rentrée,  un mélange de détente et de réflexion. » Visite de la côte sauvage de Quiberon, baignades sur les côtes du Morbihan et pique-niques en plein air laissent le temps «  aux textes de se décanter »  comme le précise Edouard, 44 ans,  venue de Lyon,  habitué de cette technique de lecture biblique : «  une phrase entendue le matin fera écho le soir, pendant une ballade sur la plage, ou longtemps après la fin de la retraite. »

  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 28-09-2009 à 11h47

 livres Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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Dans le bulletin mensuel des Librairies Siloé :

www.siloe-librairies.com

on trouve parmi les ouvrages cités pour octobre 2009 :

L'histoire d'Israël entre mémoire et relecture

Philippe Abadie, Cerf, 240 p, 19 €

Tout lecteur avisé de la Bible s'est posé un jour la question : quelle est la nature du récit biblique et son rapport à la vérité? Historiens, archéologues et biblistes se sont bien sûr posés cette question et ont cherché à donner des réponses.

Philippe Abadie entre dans ce débat en étudiant un certain nombre de points d'histoire en discussion aujourd'hui : les origines du peuple d'Israël, la conquête du territoire ou l'existence d'un grand royaume unifié par David et Salomon… Ce  faisant, il cherche à établir un juste rapport à l'archéologie et à élargir ce qu'on entend généralement par « vérité historique». (Daniela C.)

 

La Bible des philosophes L'Ancien Testament

Magazine Philosophie – Hors-Série, 7,90 €

La création, le déluge, la tour de Babel…Adam et Eve, Caïn et Abel, Abraham, Moïse…des récits et des personnages bibliques   que, de façon plus ou moins importante, beaucoup portent inscrits dans leur mémoire. Ce numéro hors série du   Magazine « Philosophie » invite tout lecteur à découvrir, à travers plusieurs textes de philosophes anciens et contemporains,   comment ceux-ci se sont plongés dans les récits bibliques et continuent encore aujourd'hui leurs explorations. Leur approche   qui diffère souvent du commentaire biblique ou d'une lecture spirituelle, témoigne de la richesse de sens, toujours  à découvrir ou à redécouvrir, des textes bibliques. D'une manière ou d'une autre, tous y ont trouvé des mots qui leur parlent.

(Daniela C.)

 

Raconte moi la Bible

Martine Laffon, Simon Kroug, Jacques Gamblin, Bayard Jeunesse, 176 p, 22,90 €

«Ecoute, écoute ces paroles très anciennes qui parlent du monde, des hommes, de toi, de moi, de Dieu…» Avec une voix très chaleureuse, Jacques Gamblin raconte 22 épisodes de la Bible. Dans un langage simple - mais pas simpliste- ces récits permettent aux plus petits d'intérioriser ces histoires bibliques et d'en comprendre le message : la longue aventure

des hommes avec Dieu. Un album tout en tendresse, à partir de 4 ans. (Agnès O.)

 

La symbolique du repas dans les communautés :

Jean-Claude Sagne, Cerf, 310 p, 27 €

 

Peut-on aujourd'hui redécouvrir la symbolique du repas alors que le temps de se pauser pour cet acte vital semble impossible,  voir inutile ?

Jean-Claude Sagne conduit son lecteur sur un chemin d'approfondissement de ce geste humain en  partant de la symbolique des aliments pour rejoindre la réalité quotidienne.

La finesse et la précision d'analyse font découvrir  les rites forgés au cours des âges dans divers milieux culturels, religieux et leur signification pour apprendre un art

de vivre ensemble. Cet essai sur la symbolique du repas traverse diverses approches culturelles, passant de l'expérience  des moines à la lecture de tableaux de grands peintres pour rejoindre L'Eucharistie et l'Alliance. (Denise B.)

 

  Lire les 2 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 06-10-2009 à 07h14

 Dictionnaire amoureux de la Bible Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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Dans son édition du 8/10/2009 le quotidien « LA CROIX » nous donne envie de plonger plus avant dans la Bible. Ceux et celles qui ont pu entendre  sur les bancs de la Catho, le professeur Jacques Briend et  bénéficier de son immense érudition apprécieront l'hommage qui lui est rendu à  travers « L'identité dans l'Ecriture. »

BIBLE

DICTIONNAIRE AMOUREUX DE LA BIBLE de Didier Decoin Plon, 664 p., 24 €

La collection « Dictionnaires amoureux », déjà riche de 34 titres, se reconnaît à trois traits : un auteur célèbre, un thème qui lui est familier et une liberté de l'écrivain tempérant la rigueur du genre « dictionnaire ». Dans cette série, le Dictionnaire amoureux de la Bible est une réussite. Didier Decoin, auteur prolifique, connaît bien la vaste forêt biblique. Il s'y promène avec passion, manifestant une familiarité surprenante avec les questions critiques de l'exégèse et la postérité littéraire et artistique du livre le plus étudié et le plus lu dans l'histoire. Rien d'exhaustif, un choix éclectique de 118 termes, où « Amish » est suivi par « Ange », où « Jazz » précède « Jerimadeth » de Ruth (inventé par Victor Hugo pour une rime). Ce livre, plus centré sur l'Ancien Testament que sur le Nouveau, est très personnel, illustré avec goût, agréable à parcourir… en ayant à portée de main un autre dictionnaire, plus rigoureux.   (A.M.°

 

ESSAI

M. N.

L'Évangile serait-il impraticable ? Gaston Pietri, prêtre à Ajaccio et chroniqueur à La Croix, ne cherche pas à en rabaisser les exigences. Mais il est convaincu qu'il n'est pas réservé aux athlètes spirituels. « Mon expérience de la rencontre, non seulement de croyants, mais d'un très grand nombre d'hommes et de femmes que la vie a éloignés de la foi chrétienne, me pousse à relire cet Évangile avec des yeux très humains. » Quelques titres suffisent à donner le ton : accepter l'inachevé ; héberger Dieu et le monde ; la chrétienté, un rêve dépassé ; le compromis n'est pas un malheur, etc. Des propos éclairants et percutants sur l'Église, la société, la politique, le Christ, ou encore l'incognito de Dieu. L'Évangile est une « voie offerte à tous». «Dieu n'a pas en horreur nos limites » ! Un livre tonifiant.

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Saint Paul, juif et apôtre des Nations (Parole et Silence, 153 p., 15 €) : les conférences du Carême 2009 à Notre-Dame de Paris.

 

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Bible et identité                                  ALAIN MARCHADOUR

L'IDENTITÉ DANS L'ÉCRITURE Hommage au professeur Jacques Briend  

 Sous la direction d'Olivier Artus et Joëlle Ferry Cerf, coll. « Lectio divina », 404 p., 42 €

Un ensemble de contributions sur un thème très présent dans les Écritures, et non sans actualité aujourd'hui

En hommage au P. Jacques Briend, qui s'est fait connaître par ses études sur le Pentateuque et par de nombreuses autres publications, ses collègues – particulièrement ceux de l'Institut catholique de Paris – proposent ici diverses contributions sur le thème de l'identité dans la Bible. L'Ancien Testament occupe une place royale, avec quelques ouvertures sur le Nouveau Testament et Qumrân. Le concept d'identité est moderne, et les usages du terme identitaires aujourd'hui sont souvent péjoratifs. Comme on peut s'y attendre, l'éclairage biblique est décalé, très varié en fonction des livres et de leur situation historique.

Rappelons, dans le prolongement des recherches de Jacques Briend, que la Bible s'ouvre à des langages et des interprétations très diverses : « Le Dieu qui parle et aussi celui qui se tait. L'homme qui fait l'expérience de Dieu entend la parole, mais il est également confronté au silence de Dieu, si troublant et pourtant si nécessaire au cheminement spirituel. » Selon la formule de Römer, valable pour l'ensemble des écritures, la Bible est « une littérature en crise ».

C'est vrai en particulier du Pentateuque, qui fait cohabiter une idéologie clanique appuyée sur les généalogies, et une identité historique fondée sur l'Exode. Le même ensemble est tendu vers l'entrée dans la Terre promise, tout en faisant de la saga de Joseph en Égypte une apologie inattendue d'un exil réussi. Dans cette même voie, la lettre de Jérémie aux exilés (Jr 29) se propose de donner des repères lisibles tant aux exilés qu'aux habitants de Jérusalem : là où ils sont, ils doivent mener une vie sociale normale, rechercher la paix et écouter la Parole.

La plupart des textes étudiés dans cet ensemble se situent en des périodes de crise : destruction de Jérusalem, expérience de l'Exil, cohabitation avec le monde non juif, possibilité de partager les banquets grecs, conflits avec le mouvement de Jésus, etc.

Par-delà le côté technique de ces études historiques et textuelles, on pressent leur actualité.

Même s'il est bref, l'apport sur le Nouveau Testament rejoint cette même problématique. En situation de rupture avec le judaïsme officiel, la communauté de Qumrân structure son identité en revendiquant, par ses propres écrits et par ses commentaires des Écritures, d'être l'Israël authentique. Les Actes des Apôtres cherchent à légitimer le christianisme, en rupture avec le judaïsme, à travers l'interprétation des Écritures.

Par-delà le côté technique de ces études historiques et textuelles, on pressent leur actualité. La Bible est en même temps un livre canonique achevé et un document précieux, où les spécialistes repèrent les traces de relectures et d'interprétations faites par des communautés en quête de repères identitaires.

L'éclairage sur Jérusalem est à cet égard particulièrement édifiant : la cité historique concrète renvoie à une Jérusalem mystérieuse, « tout en souffle et en lumière ». Ce pourrait être une relecture symbolique idéale, mais les avatars de l'histoire y ont mis en concurrence trois communautés, juive, chrétienne et musulmane : chacune isolément risque de s'approprier les racines de la Ville sainte. La référence identitaire peut alors devenir un espace clos, cessant du même coup d'être un symbole vivant ouvert aux autres lectures.  (Alain Marchadour)

 

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 09-10-2009 à 07h12


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  Blog créé le 08-12-2008 à 10h25 | Mis à jour le 19-09-2016 à 21h09 | Note : 5.00/10